L’offre du dollar continuait à l’emporter sur la demande à Beyrouth, dans un marché dépourvu de nouvelles initiatives à l’égard de cette monnaie ainsi que vis-à-vis de la livre libanaise. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, on a relevé une certaine tendance à le négocier à des cours légèrement inférieurs au taux moyen indicatif qui lui a été fixé par la BDL à 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. En effet, les établissements de crédit ont été amenés à traiter le dollar dans les derniers échanges interbancaires entre 1 505,50 et 1 506,50 LL, après un départ entre 1 506,00 et 1 508,00 LL, ont indiqué les cambistes. Toutefois, en raison de la nette réticence des opérateurs à l’achat de cette monnaie, une grande partie des opérations de change, qui n’auraient d’ailleurs pas dépassé au total hier quelque six millions de dollars, devait être effectuée indirectement pour le compte de la BDL au sein du circuit bancaire à en croire ces mêmes milieux cambistes. Coup d’arrêt à la hausse de l’euro À l’étranger, l’euro n’a pas pu se maintenir au-dessus du seuil de 0,94 dollar sous le poids des ventes bénéficiaires. De fait, après la publication de statistiques françaises sur la consommation des ménages, le marché paraissait peu motivé pour pousser l’euro à la hausse, ne tardant pas à subir un mouvement de consolidation. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la baisse des dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés de 0,3 % le mois dernier contre une hausse de 0,6 % en novembre, selon les données corrigées des variations saisonnières publiées hier par l’INSEE, laissant craindre un ralentissement de la deuxième économie européenne à un rythme ne justifiant pas une appréciation de l’euro. Pourtant ce mouvement ne devait pas prendre beaucoup d’ampleur car certains opérateurs continuaient à croire qu’il est plus sûr pour le moment de placer son argent en euro qu’en dollars. Cela d’autant que nombre d’observateurs parient d’ores et déjà sur une prochaine réduction d’un demi-point en pourcentage des taux d’intérêt aux États-Unis lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) à la fin de ce mois. À cela se sont ajoutées aussi les déclarations faites hier par le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, au quotidien Boersen-Zeitung, selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) n’est pas obligée de suivre la Fed et de baisser ses taux, même si l’inflation recule dans la zone euro. De ce fait, le différentiel de taux devrait jouer au profit de l’euro au cas de baisse des taux américains. À cet effet, le marché risque de se réveiller dès demain lors du passage d’Alan Greenspan, président de la Fed, devant la commission du budget au Sénat. Selon les professionnels, les investisseurs seront à l’affût de toutes indications sur un ralentissement de l’économie américaine pour justifier un nouvel assouplissement monétaire aux États-Unis. Quoi qu’il en soit, la plupart des opérateurs sont désormais persuadés que la Fed baissera ses taux d’intérêt lors de son prochain comité de politique monétaire le 31 janvier. Ils s’interrogent en revanche sur l’amplitude de la baisse, mais les paris penchent de plus en plus vers une nouvelle réduction d’un demi-point en pourcentage à 5,50 %, rappelant que la Fed avait pris le marché par surprise le 3 janvier dernier en abaissant d’un demi-point en pourcentage son taux directeur à 6 % et faisait craindre que le ralentissement de la croissance ne soit plus brutal qu’escompté. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar n’est pas parvenu à se reprendre sensiblement hier face aux autres grandes monnaies, surtout le yen qui a souffert de confusion politique au Japon, se négociant à New York sur un ton hésitant comme suit : – 0,9387 pour un euro contre 0,9385, la veille – 1,4700 pour un sterling contre 1,4655 – 2,0835 DM contre 2,0840 – 6,9880 FF contre 6,9895 – 1,6320 FS contre 1,6315 – 2 062,70 lires contre 2 063,15 – 117,00 yens contre 116,30. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier, la baisse des actions A de Solidere de 6 5/8 à 6 1/2 dollars ayant été compensée par la hausse dans une même proportion des actions B de la même société de 7 1/8 à 7 1/4 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 64,32 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 141,72 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des volumes d’affaires modérés avec au total 31 143 actions négociées ayant une valeur de 203 756 dollars. Hésitation à la hausse des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières avaient tendance à se raffermir hier après une incertitude initiale. Mais les opérateurs restaient toujours prudents alors qu’ils analysaient avec circonspection les derniers résultats financiers de sociétés au quatrième trimestre, et notamment ceux de Texas Instruments, Merrill Lynch, Merck et Johnson & Johnson. Le titre Texas Instruments était en net recul après avoir déçu avec des bénéfices inférieurs aux attentes des analystes au quatrième trimestre 2000 et les prévisions d’une baisse de 10 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2001 en raison d’un ralentissement des ventes. Cela d’autant que ce titre a été rayé de la liste des valeurs conseillées par la maison de courtage UBS Warburg. Le secteur de la pharmacie a reculé, en dépit de l’annonce de résultats correspondants ou supérieurs aux prévisions au quatrième trimestre. Johnson & Johnson, avec un bénéfice net par action en légère hausse, cédait du terrain ainsi que Merck dont le bénéfice par action était conforme aux prévisions. Pourtant les financières, comme Lehman Brothers, Morgan Stanley Dean Witter et American Express, ont été portées par Merrill Lynch, après l’annonce par celle-ci d’un bénéfice par action supérieur aux prévisions des analystes. Les fournisseurs californiens d’électricité ont été pour leur part en hausse dans la perspective d’une solution à la crise de l’énergie qui touche cet État. Au contraire, les distributeurs d’énergie, au bord de la faillite dans cet État à la suite de la dérégulation du marché californien en 1996, étaient en recul. Cela étant, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq s’est légèrement repris au-dessus des 2 800 points, de même que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui est remonté d’un plus bas à 10 553,64 points à un plus haut à 10 673,40 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 649,41 points, en hausse de 71,17 points sur la veille. Replis des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé en repli modéré mardi, les résultats décevants de Deutsche Telekom et un abaissement de recommandation sur Nokia étant venus rappeler, si cela était nécessaire, que les compartiments des technologiques, des médias et des télécoms (TMT) ne sont pas encore tirés d’affaire. Évoquant la petite reprise de ces compartiments la semaine dernière, après la chute brutale de l’an dernier, l’analyste Robert Kerr, de la Bank of America à Londres, a déclaré : «Ceux qui pensaient avoir manqué le coche la semaine dernière sur les TMT se trompaient». «C’était peut-être faire preuve de trop d’optimisme que de croire que l’on aurait une reprise en V», a noté pour sa part Lex Werkheim, gérant de portefeuille chez Eureffect Asset Management. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen Eurotop 300 a cédé 0,15 %, à 1 520,50, tandis que le Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, se repliait de 0,16 %, à 4 735,94. Tokyo : prises de bénéfices Les valeurs japonaises ont terminé en légère baisse mardi en raison de prises de bénéfices, notamment sur les valeurs technologiques, après sept séances consécutives de progression de l’indice Nikkei. L’indice Nikkei, qui s’était apprécié de plus de 6 % à l’occasion de cette reprise, a terminé en repli de 0,34 % ou 47,76 points à 13 984,66. L’indice TOPIX, qui regroupe toutes les valeurs de la première section, a cédé 4,92 points, soit 0,37 %, à 1 308,09, mais les progressions l’ont emporté sur les replis par 631 à 606. «Il est naturel pour le marché de faire preuve de prudence après une telle avancée, a commenté Hideki Kamiya, gérant de fonds chez Asahi Tokyo Investment Trust Management. Le Nikkei a cassé sa moyenne mobile à 25 jours ; aussi n’ai-je pas été surpris de constater quelques prises de bénéfices». Le groupe de technologie NEC Corp, qui avait repris près de 17 % pendant le «rally», a perdu 5,63 % mardi pour revenir à 2 430 yens. Les valeurs de l’informatique ont été affectées par la mise en garde sur ses résultats lancée par la société américaine Dell Computer Corp, ainsi que par la publication par Texas Instruments Inc, le plus gros fabricant mondial de puces pour les téléphones mobiles, de résultats décevants au quatrième trimestre. TI a également annoncé une diminution de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2001.
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