Khalil Mustapha aime les mots. Qu’il étudie et examine dans des thèses sur leurs origines, ou cisèle et aligne dans des vers libres d’une belle limpidité. Poète et docteur en linguistique, Khalil Mustapha a, grâce à ses travaux, contribué à faire connaître et aimer un peu plus son pays en France, et plus particulièrement à Besançon, où il était établi depuis 1985, en lui consacrant nombre de soirées poétiques. Rentré au pays il y a quelques mois, cet ex-boursier de la Fondation Hariri, veut mettre ses études poussées en linguistique (maîtrise de lexicologie et doctorat en lettres modernes) au service de sa terre natale. Ce Liban, qu’il n’a jamais cessé de célébrer dans ses poèmes, dont certains ont été publiés dans la presse locale, reste sa principale source d’inspiration. De son premier recueil Les larmes du cœur (édition La Pensée Universelle) paru en 1990, à celui qu’il se prépare à éditer (Rosées de roses) à Beyrouth, en passant par Parfums d’Orient (1993) et Fleurs intimes (1995). Khalil Mustapha ne se lasse pas d’évoquer avec une sensibilité frémissante les images de guerre, mais aussi ses sentiments de révolte, de tristesse, de nostalgie ou d’espérance. La liberté et l’enfance sont également des sujets qui le touchent particulièrement. C’est pour ces derniers qu’il écrit des vers… la nuit. Le jour, il se consacre à ses recherches sur l’étymologie des mots. «J’aime analyser et retrouver l’origine des mots», dit-il. Il vient de boucler une étude sur quelques six mille mots français d’origine arabe, comme «hasard» qui viendrait du «al-zahr» (le dé), assassin, que les Croisés auraient pris de «hachachin» (drogués et par extension tueurs) ou encore «sirop», qui serait initialement «charab», avant d’avoir été déformé par l’accent espagnol puis introduit dans le vocabulaire français. «J’ai compulsé uniquement les mots qui sont dans le dictionnaire de la langue française. Sans aborder les expressions actuelles, tirées du dialecte beur, comme “chouaia”, qui est désormais très utilisé dans le vocabulaire argotique», souligne-t-il. Il a aussi travaillé, plus de deux ans, sur l’œuvre de Victor Hugo. «J’ai cherché le vocabulaire de la monstruosité dans trois titres d’Hugo : “L’homme qui rit”, “Notre-Dame de Paris”, “Les Misérables”». Le résultat de cette recherche a donné un lexique spécifique à l’auteur le plus prolifique du XIXe siècle. Pourquoi Victor Hugo ? «Parce que c’est l’homme qui a su toujours dire non. L’homme qui a toujours cherché la vérité. Le révolutionnaire dans ses idées et ses prises de positions. L’humaniste». Des notions qui interpellent Khalil Mustapha. Ce n’est pas un hasard si son texte favori Les oiseaux de l’agonie est sous-titré : Les enfants du Liban. Il y écrit : «Nous sommes beaux comme les fleurs de la liberté, nous aimerions vivre avec l’amour embaumé des rêves de la jeunesse, le bruit du mal tient l’extase de notre beauté et les lèvres de la mort embrassent notre tendresse…»
Khalil Mustapha aime les mots. Qu’il étudie et examine dans des thèses sur leurs origines, ou cisèle et aligne dans des vers libres d’une belle limpidité. Poète et docteur en linguistique, Khalil Mustapha a, grâce à ses travaux, contribué à faire connaître et aimer un peu plus son pays en France, et plus particulièrement à Besançon, où il était établi depuis 1985, en lui consacrant nombre de soirées poétiques. Rentré au pays il y a quelques mois, cet ex-boursier de la Fondation Hariri, veut mettre ses études poussées en linguistique (maîtrise de lexicologie et doctorat en lettres modernes) au service de sa terre natale. Ce Liban, qu’il n’a jamais cessé de célébrer dans ses poèmes, dont certains ont été publiés dans la presse locale, reste sa principale source d’inspiration. De son premier recueil...
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