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Actualités - Reportages

Prévoir l’accident vasculaire cérébral

Cause d’infirmités importantes et de mortalité, l’accident vasculaire cérébral a été la hantise de plusieurs générations. La prévention et les progrès médicaux ont certes réduit sa fatalité, mais il continue d’être une cause de mortalité fréquente ainsi que d’infirmités irréversibles. Or, selon un spécialiste, le neurologue France Woimont (Hôpital Hariboisière, Paris), ce genre d’accidents est précédé de certains signes avant-coureurs qui devraient alarmer autant le malade que l’entourage. Les connaître, donc, peut contribuer à une prise en charge médicale précoce, évitant des évolutions tragiques, puisqu’on évalue à 10 % les décès et à 55 % les victimes atteintes de séquelles neuropsychologiques graves. Dans le langage médical, ces signes précurseurs d’une attaque cérébrale sont désignés comme des «Accidents ischémiques transitoires» (AIT). Soudains et très brefs, ils sont la manifestation d’une interruption ou d’une diminution de la circulation sanguine dans un vaisseau du cerveau. N’étant pas douloureux, régressant spontanément et ne laissant pas de séquelles, ils passent dans 80 % des cas inaperçus. La majorité des sujets atteints ne s’inquiétant nullement, omettant même de les signaler au médecin. Pourtant, en consultant rapidement le spécialiste, le futur accident vasculaire cérébral pourrait parfaitement être annulé. Ce qui se traduit par un décès dans dix pour cent des cas et des séquelles neurologiques (paralysies) ou psychologiques sévères pour 55 % des cas. Les statistiques démontrent, dans les pays à surveillance organisée, que 35 % des personnes ayant eu un Accident ischémique transitoire (AIT) avant-coureur pris en charge convenablement ont pu par la suite reprendre une vie autonome normale. Savoir donc détecter ces signes annonciateurs et consulter dans les plus brefs délais un médecin sont des préventions d’importance primordiale pour l’avenir du malade. Baisse brutale de la vision Après un interrogatoire clinique, le médecin prescrit, s’il existe un soupçon d’Accident ischémique transitoire, un scanner cérébral, une analyse de sang et un dopler (bilan ultrasonore cérébral) ainsi qu’une exploration cardiaque (électrocardiogramme). Ces examens servent, le plus souvent, à retrouver l’origine de l’accident et permettre ainsi de décider du choix pertinent des interventions empêchant la survenue d’un accident plus ou moins imminent. Généralement, le trouble AIT le plus fréquent est la baisse brutale de la vision. Il n’atteint qu’un seul œil et aboutit à une cécité totale en moins de trente secondes. L’état dure moins de cinq minutes, puis s’améliore progressivement et la cécité disparaît totalement en quelques minutes sans laisser de trace. Une autre manifestation de ce même trouble est l’atteinte simultanée des deux yeux, manifestée par la perte soudaine de cinquante pour cent du champ visuel droit ou gauche. Ce trouble aussi régresse au bout de quelques minutes puis, comme dans le cas précédent, disparaît complètement sans laisser de séquelles. Troubles moteurs (AIT) La gamme ici est large : elle va d’une simple lourdeur de la main à la paralysie complète d’un membre (bras ou jambe) de l’un ou des deux côtés du corps. Le visage, aussi, peut être touché de la même manière. Le syndrome n’étant pas douloureux et ne durant que quelques minutes (parfois, cependant, quelques heures), sans séquelle immédiate, l’incident est très souvent négligé. Or il s’agit d’une véritable alerte. Troubles du langage (AIT) Transitoires eux aussi, ils s’étalent de la suspension totale et brutale du langage au simple manque de mots. Mais ils peuvent aussi se traduire par l’émission soudaine de mots totalement incompréhensibles ou dépourvus de sens. Des perturbations de la compréhension, de l’écriture, de la lecture ou bien du calcul peuvent être simultanément ou séparément présentes. Troubles de la sensibilité Ces troubles se manifestent par un engourdissement, des picotements ou des fourmillements du membre supérieur et en particulier de la main. On les attribue à une mauvaise position, ce qui les rend difficiles à cerner sauf quand ils gagnent presque simultanément le visage et le pied, ce qui arrive fréquemment, permettant de diagnostiquer correctement le mal. Troubles de l’équilibre Lorsque les vertiges sont associés à une vision dédoublée et (ou) à des troubles du langage, on peut craindre qu’ils soient un signe précurseur d’AVC. Ce qui n’est nullement le cas pour les vertiges pris isolément. C’est dans la mesure où ils s’accompagnent d’un ou de deux troubles précités (vision dédoublée, trouble de l’élocution) que les vertiges peuvent être considérés comme des signes d’alerte d’AVC nécessitant une intervention médicale adéquate et rapide.
Cause d’infirmités importantes et de mortalité, l’accident vasculaire cérébral a été la hantise de plusieurs générations. La prévention et les progrès médicaux ont certes réduit sa fatalité, mais il continue d’être une cause de mortalité fréquente ainsi que d’infirmités irréversibles. Or, selon un spécialiste, le neurologue France Woimont (Hôpital Hariboisière, Paris), ce genre d’accidents est précédé de certains signes avant-coureurs qui devraient alarmer autant le malade que l’entourage. Les connaître, donc, peut contribuer à une prise en charge médicale précoce, évitant des évolutions tragiques, puisqu’on évalue à 10 % les décès et à 55 % les victimes atteintes de séquelles neuropsychologiques graves. Dans le langage médical, ces signes précurseurs d’une attaque cérébrale sont...