En 1919, les tribunaux - d’Istanbul jugeaient l’histoire
le 18 janvier 2001 à 00h00
Le travail de reconnaissance des crimes commis contre les Arméniens en 1915, que l’Assemblée nationale française s’apprête à qualifier aujourd’hui de génocide, avait été entamé en 1919 lors des procès de Constantinople, qui préfigurèrent les tribunaux internationaux. Mais la Turquie referma rapidement cette page ouverte par un Empire ottoman agonisant. Dans son livre Stay the Hand of Vengeance paru en 2000, l’Américain Gary Jonathan Bass, professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton, écrit ainsi : «Constantinople est le Nuremberg qui a échoué». L’Empire ottoman avait mis en place en février 1919, sous forte pression britannique – les Alliés occupaient Constantinople, aujourd’hui Istanbul, après l’armistice de Moudros fin 1918 –, trois tribunaux de guerre extraordinaires composés de civils et de militaires. Début 1921, ces cours sont abolies, puis leurs conclusions sont annulées et leurs condamnés réhabilités à la faveur du traité de Lausanne, en 1923. Que s’est-il passé entre les deux ? Le traité de Sèvres, qui prévoyait en 1920 le partage de l’actuelle Turquie entre les différentes puissances européennes, est abandonné, et Mustafa Kemal reprend progressivement le pouvoir des mains de l’Empire ottoman déliquescent. Le nombre exact des victimes arméniennes ne sera jamais avéré, celui qu’Ataturk aurait accepté à l’époque étant de 800 000 morts, selon plusieurs historiens. Aujourd’hui, les thèses officielles turques parlent de 250 000 à 500 000 morts, les Arméniens de 1,5 million.
Le travail de reconnaissance des crimes commis contre les Arméniens en 1915, que l’Assemblée nationale française s’apprête à qualifier aujourd’hui de génocide, avait été entamé en 1919 lors des procès de Constantinople, qui préfigurèrent les tribunaux internationaux. Mais la Turquie referma rapidement cette page ouverte par un Empire ottoman agonisant. Dans son livre Stay the Hand of Vengeance paru en 2000, l’Américain Gary Jonathan Bass, professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton, écrit ainsi : «Constantinople est le Nuremberg qui a échoué». L’Empire ottoman avait mis en place en février 1919, sous forte pression britannique – les Alliés occupaient Constantinople, aujourd’hui Istanbul, après l’armistice de Moudros fin 1918 –, trois tribunaux de guerre extraordinaires...
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