Alors que Michel Desjoyeaux (PRB), en tête du Vendée Globe, se demande comment il va négocier l’anticyclone de Sainte-Hélène, sa poursuivante immédiate Ellen McArhtur sur Kingfisher tente une option à l’ouest. Le navigateur breton, qui possède toujours une avance de plus de 600 milles sur la jeune Britannique, s’apprête à quitter les 40es rugissants. Le leader de ce tour du monde à la voile en solitaire sans escale ni assistance est toutefois d’avantage préoccupé par la situation météo que par ce passage symbolique. Le fameux anticyclone de Sainte-Hélène se dresse devant lui comme un obstacle virtuel. Il va falloir le traverser sans rester engluer dans ses eaux calmes trop longtemps. «La situation météo n’est pas facile devant, mais on va voir», s’est contenté de constater Michel Desjoyeaux. Alors que le skipper de PRB a privilégié une route à l’est, Ellen McArthur, derrière lui, a opté pour une route plus directe à l’ouest des Malouines et bénéficie pour l’instant de conditions plus régulières que celles rencontrées par son adversaire. «Je vais contourner les Malouines par l’ouest. C’est décidé. La décision a été très difficile à prendre», a avoué la jeune navigatrice britannique. Marc Thiercelin sur Active Wear, troisième à 166 milles d’Ellen McArhtur, a choisi la même route que Michel Desjoyeaux. «Je vais mener une contre-attaque par rapport à Ellen dans un premier temps. Michel a quand même une grosse avance et je n’ai pas très bon espoir de le rattraper. En revanche, Ellen est dans mes cordes. Son bateau est plus typé pour le près (ndlr : vent de face) que le mien, mais je vais me battre jusqu’au bout», a expliqué Marc Thiercelin. Si l’option d’Ellen McArhtur s’avère bonne, elle pourrait en tirer profit dans les prochaines vingt-quatre heures. Des soucis pour Konyukhov Le retour dans l’Atlantique est loin d’être de tout repos pour les navigateurs qui doivent affronter des vents de face et une mer très courte dans laquelle les bateaux tapent beaucoup. «J’enfonce le clou», a ironisé Marc Thiercelin. «Je suis au près dans un vent assez fort depuis cette nuit. Il y a des pointes à 40 nœuds, ça cogne vachement, ce n’est pas agréable. Cela me rappelle de mauvais souvenirs. Je ne peux rien faire d’autre que de subir. J’espère que mon gréement va tenir», a ajouté le skipper d’Active Wear dont le bateau avait démâté dans ce coin-là lors d’Around Alone, tour du monde en solitaire avec escale. Le Suisse Dominique Wavre sur Union Bancaire Privée, sixième, qui a franchi le Cap Horn lundi à 11h40 (heure locale), a rencontré les conditions les plus difficiles depuis le début de la course. «Je me suis retrouvé au centre d’une dépression avec le vent qui soufflait dans tous les sens et une très mauvaise visibilité. J’ai passé 24 heures à manœuvre et j’ai à peine aperçu le Cap Horn», a raconté le navigateur genevois qui franchissait le rocher mythique pour la cinquième fois. Catherine Chabaud sur Whirpool, qui devrait le franchir mercredi, a aussi connu 24 heures de navigation très difficile. «Je me suis essuyé 40 nœuds au près (ndlr : de face). Progressivement c’est la marmite, ça se gonfle. C’étaient les 48 heures les plus dures de la course depuis le départ», a avoué la navigatrice française. «Quand je manœuvrais dans le cockpit j’ai failli tomber. Dans le bateau je faisais des bonds. Impossible de taper sur le clavier de l’ordinateur. Le seul endroit où j’étais bien c’était dans ma bannette», a-t-elle ajouté. Une fois n’est pas coutume, le Russe Fedor Konyukhov sur Modern University for the Humanities, qui ferme la marche de ce Vendée Globe, a donné de ses nouvelles. «Mon générateur est en panne, et je ne peux plus le redémarrer. Le bateau dérive vers le nord. Je tente d’évaluer les dommages subis. J’ai une forte douleur aux reins. Si la douleur augmente, je me dérouterai vers l’Australie», a écrit le navigateur russe.
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