Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Allemagne - La crise de la vache folle fait tomber deux ministres

La crise de la vache folle qui secoue l’Allemagne a fait tomber mardi les ministres de la Santé et de l’Agriculture, Andrea Fischer et Karl-Heinz Funke, premiers membres d’un gouvernement en Europe à démissionner en raison de l’épizootie. Six semaines à peine se sont écoulées depuis la découverte du premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans le cheptel allemand, le 24 novembre, et le choc qui avait ébranlé un pays naïvement persuadé d’échapper à la malédiction de la vache folle. La tension n’a fait que croître entre Mme Fischer, l’écologiste vite surnommée la «Jeanne d’Arc des consommateurs», et M. Funke, le petit exploitant social-démocrate taxé de faire le lit de l’agro-industrie. Tout de suite, le ministre de la Santé avait voulu imposer une interdiction généralisée des farines carnées dans l’alimentation des animaux d’élevage. Ce qui fut chose faite le 2 décembre, après l’intervention du chancelier qui avait tranché contre M. Funke. Suivront des tests obligatoires pour tous les bovins de boucherie âgés de 30 mois ou plus. Mais la bouillante Mme Fischer s’est laissé emporter par son élan et a rapidement cafouillé entre initiatives précipitées et révélations tardives de documents alarmants. Placide, le ministre de l’Agriculture s’est contenté de la regarder faire et de renvoyer sur elle la responsabilité de certains égarements, comme lorsque la presse a révélé que l’Union européenne avait averti bien avant novembre les ministères compétents du danger d’irruption de l’ESB en Allemagne. Mardi, la ministre écologiste a réussi à emporter son adversaire dans sa chute. Elle partie, même ce très proche du chancelier, interlocuteur difficilement remplaçable auprès d’un milieu traditionnellement conservateur, ne pouvait plus résister à la pression. En fin d’après-midi, le ministère de l’Agriculture rejetait encore comme entièrement infondées les rumeurs de démission de M. Funke. Dix minutes après l’annonce de Mme Fischer, en début de soirée, un porte-parole du gouvernement confirmait son départ. Lors d’une conférence de presse impromptue, Mme Fischer a laissé percer son amertume. «Ceux qui pensent que la crise de la vache folle est seulement due à un manque de coordination entre ministères font un raccourci», a-t-elle lancé. La crise vient de la «priorité donnée aux intérêts de l’industrie agricole sur ceux de la protection du consommateur». «Certaines personnes m’ont mis des bâtons dans les roues et le veulent aujourd’hui encore», a-t-elle ajouté. Et de souhaiter : «J’espère que nous allons tirer une leçon de la crise de la vache folle, et que cela contribuera à un tournant dans l’agriculture», dans l’intérêt du consommateur. Dans une brève réaction, M. Funke n’a pu que constater que, sa position étant devenue «minoritaire», il avait choisi «de laisser la voie libre pour un nouveau départ, si cela est estimé nécessaire». Le chancelier a accepté «avec respect» la démission de ses deux ministres. Pour la deuxième fois depuis le brusque départ du ministre des Finances Oskar Lafontaine, le 11 mars 1999, il doit changer son équipe pour des raisons politiques. L’enjeu, cette fois, est une réforme de fond de l’agriculture. Jeudi dernier, le secrétaire d’État à l’Agriculture, Martin Wille, évoqué comme possible successeur de M. Funke, présentait un plan en sept points pour une approche «radicalement nouvelle» du secteur, prévoyant d’investir 250 millions d’euros (237 millions de dollars) de 2002 à 2005 dans la production biologique. La volonté de réforme émane du chancelier en personne, qui avait affirmé fin novembre que la crise de la vache folle montrait la nécessité de «repenser l’agriculture» et d’«en finir avec les industries agraires» en Europe.
La crise de la vache folle qui secoue l’Allemagne a fait tomber mardi les ministres de la Santé et de l’Agriculture, Andrea Fischer et Karl-Heinz Funke, premiers membres d’un gouvernement en Europe à démissionner en raison de l’épizootie. Six semaines à peine se sont écoulées depuis la découverte du premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans le cheptel allemand, le 24 novembre, et le choc qui avait ébranlé un pays naïvement persuadé d’échapper à la malédiction de la vache folle. La tension n’a fait que croître entre Mme Fischer, l’écologiste vite surnommée la «Jeanne d’Arc des consommateurs», et M. Funke, le petit exploitant social-démocrate taxé de faire le lit de l’agro-industrie. Tout de suite, le ministre de la Santé avait voulu imposer une interdiction généralisée des...