Le Sénégal, où un référendum constitutionnel est prévu le 7 janvier, continue de vivre une période de transition, plus de neuf mois après une alternance au sommet de l’État qui n’a pas encore tenu ses promesses électorales. Le pays vit toujours dans l’attente des élections, notamment les législatives anticipées prévues en mars, qui devraient entraîner une recomposition du paysage politique. Abdoulaye Wade a été élu président le 19 mars 2000, mais le Parlement reste pour l’instant dominé par le Parti socialiste, anciennement au pouvoir. Cette situation se reflète dans le bilan en demi-teinte du gouvernement de coalition, composé pour l’essentiel de dirigeants de partis de l’ex-opposition qui avaient permis la victoire du libéral Wade aux dépens du socialiste Abdou Diouf. Depuis cette alternance historique, les nouveaux dirigeants, peu préparés à prendre le relais de quarante années de régime socialiste, cherchent leurs marques, tout en se livrant ouvertement ou à fleuret moucheté à une bataille de positionnement en vue des législatives. Le nouveau style de gouvernement et le franc-parler du président continuent d’enchanter une bonne partie de la population, mais les changements promis lors de la campagne électorale tardent à se concrétiser. Depuis plusieurs mois, les politiciens étaient lancés dans des débats politico-juridiques sans fin sur la nature du régime à instaurer au Sénégal (parlementaire ou présidentiel), objet du référendum de dimanche. Or, les Sénégalais attendent une amélioration de leurs conditions de vie, du travail, un système de santé, de transports et d’éducation plus performant. Ils s’intéressent donc très peu à ces débats de politiciens et au référendum lui-même, dont la tenue constitue à ce jour la plus grande décision politique du nouveau pouvoir. Le projet de Constitution institue un régime «parlementaire rationalisé», accordant plus de pouvoirs au Premier ministre. Il introduit plusieurs réformes, qui vont conduire notamment à la dissolution de l’Assemblée nationale, à la suppression du Sénat et à la réduction de sept à cinq ans du mandat du président de la République, renouvelable une seule fois. Le président Wade tente par ailleurs de régler le conflit en Casamance, qui dure depuis 18 ans. Le contact a été renoué avec la rébellion indépendantiste, mais les négociations de paix n’ont pas encore commencé et la région méridionale sénégalaise est toujours l’objet d’incidents sporadiques et d’actes de banditisme. Sur le plan économique, le nouveau régime, qui s’est lancé dans un état des lieux laissés par les socialistes, a tiré bénéfice cette année de la bonne tenue de l’agriculture, avec une production record d’arachide (un million de tonnes), grâce à une bonne pluviométrie. Le gouvernement a annoncé pour 2000 une croissance de 6 %, malgré les effets de la hausse du prix du pétrole, du dollar et les pannes d’électricité qui ont conduit l’État à rompre son contrat avec le consortium franco-canadien Hydro Québec-Elyo, partenaire stratégique dans la privatisation de la société nationale d’électricité, SENELEC. Au chapitre des réalisations du nouveau pouvoir, le président Wade a pu lancer une nouvelle société de transport public pour la région dakaroise, qui a démarré le 1er janvier, avec des autobus d’occasion importés de France.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Sénégal, où un référendum constitutionnel est prévu le 7 janvier, continue de vivre une période de transition, plus de neuf mois après une alternance au sommet de l’État qui n’a pas encore tenu ses promesses électorales. Le pays vit toujours dans l’attente des élections, notamment les législatives anticipées prévues en mars, qui devraient entraîner une recomposition du paysage politique. Abdoulaye Wade a été élu président le 19 mars 2000, mais le Parlement reste pour l’instant dominé par le Parti socialiste, anciennement au pouvoir. Cette situation se reflète dans le bilan en demi-teinte du gouvernement de coalition, composé pour l’essentiel de dirigeants de partis de l’ex-opposition qui avaient permis la victoire du libéral Wade aux dépens du socialiste Abdou Diouf. Depuis cette alternance...