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Actualités - Chronologies

Hariri insiste sur la solidité de ses liens avec Lahoud

Le président Rafic Hariri ne cesse de répéter ces temps-ci qu’il est au mieux avec le président Émile Lahoud. Il dénonce avec force les rumeurs concernant des relations conflictuelles, bruits qui constituent à ses yeux des tentatives d’exploitation de divergences de vues aussi normales qu’anodines entre le Sérail et Baabda. Ainsi, lors d’une récente apparition télévisée, le chef du gouvernement a qualifié de «piégée» une question sur l’attribution du dossier politique ou diplomatique au chef de l’État. M. Hariri a soutenu qu’il existe une parfaite entente entre lui et le président de la République, ajoutant que quiconque pense manifester par de tels ragots son appui au régime dessert en réalité l’intérêt bien compris du pays. Il a répété qu’une telle répartition des rôles n’est pas vraie, «car j’exerce une activité politique et diplomatique quotidienne. Je reçois les ambassadeurs, j’entre en contact avec les dirigeants étrangers. Durant les deux derniers mois, j’ai visité plusieurs pays et mes entretiens, qui ne se sont pas limités au seul volet économique, ont porté sur tous les aspects du dossier régional». Prié d’expliquer pourquoi, à son avis, le président Lahoud ne s’absente d’aucune séance du Conseil des ministres, alors que cela lui arrivait sous le précédent gouvernement, M. Hariri a répondu en remarquant qu’une telle question devait être plutôt adressée au chef de l’État. Il a toutefois rappelé que selon les termes de la Constitution, le président de la République préside à son gré le Conseil quand il le souhaite. À l’insinuation que la lune de miel tirerait à sa fin, M. Hariri a répondu : «C’est sans doute le souhait de ceux qui écrivent dans ce sens et qui voudraient bien avoir un rôle à jouer. Mais ces assertions ne sont pas exactes car la relation avec Baabda est mieux qu’excellente». Il reste que de nombreux professionnels, qui veulent bien croire qu’un épisode comme le litige sur le traitement de la question des disparus n’a pas grande importance, se demandent quand même «si le discours officiel de cohésion va tenir longtemps la route. Il est évident que les circonstances délicates que traversent la région et le pays imposent une telle unité de ton. Même si elle camoufle, à bien y regarder, certains empiètements de prérogatives, de part ou d’autre. L’heure n’est pas aux disputes et il est heureux que les dirigeants en aient conscience. Les Libanais vivent dans la crainte de développements régionaux négatifs. Et ils continuent à pâtir sévèrement de la récession économique. Il ne faudrait donc pas que l’accumulation de sourdes vexations mutuelle, portant sur des questions de forme ou de préséance bien plus que sur des problèmes de fond, finisse par provoquer une querelle ouverte entre les responsables». Pour ces politiciens, «la méthode de conduite la plus sage consisterait donc, au niveau des piliers du pouvoir, à s’entendre pour enterrer toute hache potentielle de guerre. C’est-à-dire à mettre de côté tout sujet pouvant provoquer des litiges entre eux». Le hic, dans ce cas de figure, c’est que cela équivaudrait en pratique à ne plus traiter que les affaires courantes. Les mêmes personnalités se hâtent d’ailleurs de souligner que «c’est une pure hérésie de soutenir que le Cabinet ne doit s’occuper que des questions socio-économiques, le traitement du domaine politique revenant au chef de l’État. Car le chef du gouvernement, qui est aussi président du Conseil des ministres, a pour mission, aux termes de l’article 64 de la Constitution, de gérer tous les dossiers publics sans exception. Il représente le gouvernement, parle en son nom et il est considéré comme responsable de l’exécution de la politique générale établie par le Conseil des ministres». Énumérant ensuite les prérogatives de base du chef du gouvernement, ces sources rappellent qu’aux termes de la Constitution, il préside le Conseil des ministres et se trouve automatiquement vice-président du conseil supérieur de la défense ; il expose la politique générale du gouvernement devant la Chambre ; il signe les décrets de convocation d’une session parlementaire extraordinaire ou de promulgation des lois ; il convoque le Conseil des ministres et en établit l’ordre du jour dont il tient préalablement le chef de l’État informé ; il suit les travaux des ministères, en coordonne l’action et leur donne des directives, etc. Alors que, concluent ces sources, le chef de l’État ne peut pour sa part convoquer le Conseil des ministres qu’à titre exceptionnel et en accord avec le chef du gouvernement (article 53 de la Constitution, alinéa 12).
Le président Rafic Hariri ne cesse de répéter ces temps-ci qu’il est au mieux avec le président Émile Lahoud. Il dénonce avec force les rumeurs concernant des relations conflictuelles, bruits qui constituent à ses yeux des tentatives d’exploitation de divergences de vues aussi normales qu’anodines entre le Sérail et Baabda. Ainsi, lors d’une récente apparition télévisée, le chef du gouvernement a qualifié de «piégée» une question sur l’attribution du dossier politique ou diplomatique au chef de l’État. M. Hariri a soutenu qu’il existe une parfaite entente entre lui et le président de la République, ajoutant que quiconque pense manifester par de tels ragots son appui au régime dessert en réalité l’intérêt bien compris du pays. Il a répété qu’une telle répartition des rôles n’est pas vraie,...