Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

« La loi de tous les espoirs »

Six mois après la publication au Journal officiel ( c’était le 8 juin 2000) de la loi sur les droits des personnes handicapées, on s’impatiente et on dénonce les retards. Dans l’absolu, un grand pas vient d’être franchi mais les lenteurs et les complexités de la machine administrative lassent les éducateurs. Pedro Ghannam, Laure Doumit et un comité de bénévoles suivent le sujet de très près. Me Ghannam est juriste et président de la Société libanaise des non-voyants et des malentendants. Entretien. Question : Entre la nécessité de respecter la dignité des personnes handicapées et celle de leur donner les moyens de vivre décemment, l’équilibre est difficile à trouver et les mentalités sont lentes à évoluer. Quelles réactions rencontre-t-on aujourd’hui dans les entreprises privées et les administrations publiques ? Réponse : «Le Liban va devoir se plier aux exigences de la loi qui adopte le principe de non-discrimination. Cette loi est claire : selon l’article 73, les handicapés bénéficieront d’au moins 3% des postes du secteur public, et l’article 74 oblige les entreprises privées qui emploient de 30 à 60 salariés à engager une personne handicapée. Si, bien entendu, elle possède les qualifications requises. Mieux : dans certains cas, ces entreprises peuvent bénéficier d’une réduction de l’impôt sur le revenu». Question : Encore faut-il que les personnes handicapées aient le profil adéquat au poste. Réponse : «L’école de Sibnay n’a malheureusement pas les moyens de son ambition. Le déficit budgétaire est chronique. Mais nous avons réussi à susciter des échos favorables auprès des responsables. L’idée serait de développer certaines aptitudes qui répondent à la demande du marché. D’un côté, le ministère de la Santé s’engage à couvrir les frais médicaux et hospitaliers et à coopérer avec le ministère des Affaires sociales pour assurer des programmes de formation et de réhabilitation. De l’autre côté, l’article 61 stipule que les ministères de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports et celui de l’Enseignement technique couvrent tous les frais de scolarité dans les institutions privées homologuées par l’État. Pour être pris en charge, il suffira bientôt à la personne concernée de présenter sa carte de handicapé». Question : Cette nouvelle loi réussira-t-elle à corriger les “erreurs génétiques” pour que handicap et citoyenneté se retrouvent ? Réponse : «Notre objectif prioritaire a toujours été d’aider les handicapés à acquérir leur autonomie, donc le respect de soi et d’autrui. Maintenant, il s’agit de rattraper les retards. Les délais sont limités. Je reste confiant malgré toutes les surprises que peut nous réserver l’avenir. La dynamique de l’Association nationale des droits des handicapés a déjà porté ses fruits. À nous de savoir les cueillir».
Six mois après la publication au Journal officiel ( c’était le 8 juin 2000) de la loi sur les droits des personnes handicapées, on s’impatiente et on dénonce les retards. Dans l’absolu, un grand pas vient d’être franchi mais les lenteurs et les complexités de la machine administrative lassent les éducateurs. Pedro Ghannam, Laure Doumit et un comité de bénévoles suivent le sujet de très près. Me Ghannam est juriste et président de la Société libanaise des non-voyants et des malentendants. Entretien. Question : Entre la nécessité de respecter la dignité des personnes handicapées et celle de leur donner les moyens de vivre décemment, l’équilibre est difficile à trouver et les mentalités sont lentes à évoluer. Quelles réactions rencontre-t-on aujourd’hui dans les entreprises privées et les...