Le dollar est resté confiné dans les mêmes marges de fluctuations au bas de la fourchette élargie d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenue entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, comme depuis le début de l’année. Dans ces conditions, la BDL a fait clôturer le billet vert invariablement au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, pendant que les établissements de crédit ont continué de le négocier pratiquement au point inférieur de cette fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,10 LL, en l’absence souvent de contreparties valables à l’achat en dehors d’elle. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des volumes d’affaires modérément actifs, ne dépassant pas hier quelque dix millions de dollars, en grande partie placés à l’achat par la BDL à 1 502,00 LL, à en croire les milieux cambistes. Fléchissement du dollar après les statistiques américaines À l’étranger, le dollar a accusé le coup hier sur les marchés des changes internationaux après la publication de bonnes statistiques économiques en Europe, au Royaume-Uni et au Japon et d’indicateurs aux États-Unis qui ont alimenté les craintes d’accélération de l’inflation. Certes, les marchés ont été confrontés, après les données européennes et japonaises, à deux messages opposés sur l’économie américaine. D’un côté un ralentissement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) américain plus important que prévu aux États-Unis de 4,3 % au premier trimestre à 2,3 % au deuxième trimestre de l’année qui semble réduire la probabilité de hausse des taux d’intérêt. Mais, d’un autre côté, une augmentation des coûts salariaux de 1,1 % au deuxième trimestre contre 0,4 % au premier, la plus forte depuis celle de 1,2 % enregistrée au second trimestre 1991, militant en faveur d’un resserrement monétaire. Cela d’autant que le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, avait bien insisté sur les menaces inflationnistes sur le marché du travail, lors de ses deux témoignages devant les deux Chambres du Congrès. Cette perspective d’une hausse du loyer de l’argent aux États-Unis n’a pas tardé à effrayer Wall Street qui s’est immédiatement repliée après la publication des dernières statistiques américaines, entraînant dans son sillage le billet vert, très sensible depuis plusieurs mois à l’évolution du Dow Jones. En plus de l’affaiblissement du dollar, l’euro a bénéficié hier de la dernière enquête mensuelle de conjoncture de l’Insee, bien meilleure que prévu, révélant que les industriels français s’attendent à une poursuite de l’accélération de leur activité au cours des prochains mois. Il en est de même pour le yen qui a été dopé en début de matinée par une augmentation bien plus importante que prévu de 3 % de la production industrielle nippone le mois dernier. La livre sterling a été elle aussi activement recherchée contre le dollar, après une révision à la hausse de la croissance du PIB britannique au premier trimestre. Celle-ci s’est finalement établie à 0,1 % par rapport au dernier trimestre 1998 et à 1,2 % en glissement annuel, contre des estimations initiales respectives de 0 % et de 0,7 % et en prévision de bons chiffres sur la progression du PIB au Royaume-Uni au deuxième trimestre attendus aujourd’hui. Eu égard à toutes ces considérations, le billet vert ne tardait pas à frôler le seuil des 115,00 yens, alors que l’euro parvenait à se hisser à plus de 1,07 dollar et le sterling à plus de 1,61 dollar, se négociant en préclôture à New York comme suit : – 1,0727 pour un euro contre 1,0660, la veille. – 1,6205 pour un sterling contre 1,5980. – 1,8235 DM contre 1,8340. – 6,1150 FF contre 6,1540. – 1,4875 FS contre 1,50. – 1 805,05 lires contre 1 816,55. – 115,35 yens contre 116,10. Bourse de Beyrouth : en net repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est sensiblement ressentie hier de la baisse des actions «A» de Solidere, de celles de la Byblos Bank et de Bou Khalil Markets dans une proportion largement plus grande que la hausse des actions «B» de Solidere, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,51 % à 75,13 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a cédé 0,11 % à 180,04 points. Pour ce qui est du volume d’affaires de la journée d’hier, il est resté généralement mince avec seulement 81 153 actions échangées d’une valeur globale de 289 068 dollars. Wall Street : rechute de la cote Par ailleurs, Wall Street a opéré une dégringolade hier, peu après l’annonce d’une flambée des coûts salariaux aux États-Unis de 1,1 % au deuxième trimestre, un indicateur que le président de la Fed suivait particulièrement. Cette statistique, conjuguée à une diminution de 40 000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière, est venue donc confirmer l’évolution inflationniste de l’économie américaine et préciser la menace d’un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Fed, vraisemblablement dès le mois prochain. Les experts estiment d’ores et déjà que les chances d’une intervention de la Fed, pour juguler les pressions inflationnistes, est supérieure à 50 % voire même à 70 %. Celle-ci avait relevé son taux directeur la dernière fois fin juin 99, et son président, Alan Greenspan, avait averti la semaine précédente et cette semaine que son organisme se tenait prêt à intervenir à nouveau si le besoin s’en faisait sentir. Cela étant, et abstraction faite du ralentissement de la croissance américaine au deuxième trimestre, nombre d’opérateurs boursiers ont estimé hier devoir se dégager sur les valeurs américaines par précaution. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a fléchi d’un plus haut à 10 971,36 points à un plus bas à 10 714,03 points, avant d’afficher en préclôture 10 758,73 points, en forte baisse de 213,34 points sur la veille. Fléchissement des Bourses européennes Les Bourses européennes ont lourdement chuté hier pour connaître leur pire journée depuis deux mois, la publication de résultats décevants de sociétés dans la zone euro et le regain d’inquiétudes sur l’évolution des taux d’intérêt américains éloignant les investisseurs. L’indice Eurotop 300 a perdu 2,40 % et l’Euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro 2,80 %. Les Bourses de Paris et de Londres ont cédé 2,80 % et celle de Francfort 3,40 %, alors que Wall Street reculait encore plus sensiblement. Sur le front des indicateurs économiques américains, l’indice du coût de la main-d’œuvre a progressé plus fortement que prévu, attisant la crainte que la Réserve fédérale américaine relève ses taux d’intérêt, peut-être dès sa prochaine réunion du 24 août. «Les indicateurs américains sont mauvais», a déclaré Paul Horne de Salomon Smith Barney. Le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, avait réaffirmé mercredi que la banque centrale agirait rapidement et vigoureusement aux premiers signes de regain d’inflation. Les valeurs de l’automobile ont abandonné près de 4,5 %, à la suite du recul de 6,66 % du constructeur automobile germano-américain Daimler-Chrysler, en raison de résultats plus faibles que prévu. Les valeurs pharmaceutiques et des télécommunications ont également été affectées par des informations jugées décevantes de la part de Glaxo Wellcome et de British Telecommunications (BT). Glaxo a perdu 11,50 et BT 4,40 %. Banque Nationale de Paris et Société Générale ont respectivement gagné 4,80 % et 5,00 % à la suite de la publication de résultats satisfaisants. Les indicateurs américains ont provoqué d’importants dégagements sur les marchés obligataires des deux côtés de l’Atlantique, entraînant la hausse des rendements. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,6% jeudi, soutenue par les chiffres meilleurs que prévu de la production industrielle au Japon, selon des sources de marché. L’indice Nikkei a gagné 290,01 points à 17 869,92 pts, tandis que l’indice élargi Topix progressait de 17,40 points à 1 467,73 pts. Le volume des échanges s’est élevé à environ 499 millions d’actions contre 459,5 millions mercredi. Les investisseurs ont accueilli favorablement l’annonce d’une hausse de 3 % de la production industrielle en juin par rapport au mois précédent, ont indiqué les opérateurs. Ce résultat excède largement les prévisions des économistes et celle du gouvernement, qui tablait sur une hausse de 1,7 %. Les chiffres de la production renforcent la confiance dans la reprise économique au Japon, les investisseurs étant pleins d’espoirs depuis l’annonce en juin de la hausse de 7,9 du Produit intérieur brut (PIB) en rythme annuel pour le premier trimestre, a indiqué Tsuyoshi Segawa, de New Japan Securities. Les résultats trimestriels meilleurs que prévu de Sony Corp., annoncés mercredi, ont également renforcé l’optimisme du marché, selon les opérateurs. Sony, qui a annoncé une chute de 55 % de son bénéfice net au premier trimestre 99, a vu son titre progresser de 730 yens (-5,2 %) à 14 750 yens. Dans le sillage de Fujitsu, les investisseurs ont également porté leurs achats sur l’ensemble des valeurs technologiques. Fujitsu a bondi de 280 yens (-8,8 %) à 3 470 yens, après une hausse de 11,2 % mercredi. Mitsubishi Electric a progressé de 39 yens (+7,0 %) à 600 yens et Toshiba a gagné 49 yens (-5,5 %) à 945 yens. Kyocera s’est adjugé 280 yens (+3,7 %) à 7 880 yens et Nippon Telegraph and Telephone a avancé de 20 000 yens (-1,4 %) à 1,45 million de yens.
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