Plus de 100 pays et organismes internationaux sont représentés aujourd’hui à Bruxelles pour la première conférence des donateurs pour le Kosovo qui discutera des besoins financiers urgents dans la province, en particulier pour les programmes d’aide humanitaire. La conférence, coprésidée par la Commission européenne et la Banque mondiale, débattra aussi du cadre général d’un futur programme de reconstruction et de développement du Kosovo. Près de 730 000 réfugiés kosovars sont désormais rentrés au Kosovo, placé sous l’administration intérimaire des Nations unies (Minuk), mais ils sont confrontés à de très nombreux problèmes, dont le plus immédiat est celui du logement. Plus de la moitié des habitations sont sérieusement endommagées et 40 % sont détruites, selon les estimations du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). L’objectif de l’aide d’urgence est de permettre à un maximum de réfugiés de réparer leurs maisons et de se réinstaller avant l’hiver. Une équipe de la Commission européenne chargée d’une évaluation des dégâts matériels est sur place depuis le 23 juin et présentera ses premiers résultats lors de la conférence. La Commission a installé un groupe de travail à Pristina, qui pilote la mission d’évaluation et supervise l’aide de l’Union européenne pour la reconstruction. Une agence pour la reconstruction devrait prendre la suite de ce groupe de travail au 3e trimestre. Selon des chiffres publiés hier à Pristina, la Commission a estimé à 1,116 milliard d’euros les besoins du Kosovo en matière d’habitat. Une reconstruction partielle des maisons détruites ou endommagées, permettant provisoirement une réinstallation, représenterait environ 65 % de cette somme. Elle a d’autre part chiffré à 20,2 millions d’euros les besoins pour la réparation des écoles, 6,7 millions pour les centres de soins, 9,6 millions pour une remise en état du réseau électrique et 4,9 millions d’euros pour le réseau d’eau potable (décontamination des puits, réparation des conduites). La remise en route du système éducatif, et notamment la réouverture des écoles à la rentrée, constituera un grand défi, a souligné pour sa part la Banque mondiale, qui mène également une mission d’évaluation des besoins économiques du Kosovo, dont les résultats seront connus en septembre ou octobre. Au-delà de l’urgence humanitaire, la Banque mondiale insiste sur l’importance de doter le Kosovo d’une économie active, en aidant les entreprises et l’industrie. Selon son représentant spécial pour le sud-est de l’Europe, Rory O’Sullivan, sur la durée, les dépenses d’investissements et de développement économique seront supérieures au coût de la reconstruction. L’Union européenne a prévu une ligne budgétaire de 137 millions d’euros pour le Kosovo en 1999, dont 45 millions ont déjà été mobilisés. Pour l’année 2000, un montant de 500 millions d’euros est en attente d’approbation budgétaire. D’autre part, l’UE a déjà fourni une aide humanitaire d’un montant de 378 millions d’euros pour l’ensemble de la région, y compris le Kosovo, par l’intermédiaire de l’office humanitaire européen Echo.
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