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Actualités - Chronologie

FOOTBALL - Championnat de France de D1 `Bastia retrouve son mentor

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Après une saison délicate sans son entraîneur Frédéric Antonetti, parti tenter sa chance au Japon, Bastia retrouve son mentor et des ambitions. Sur le plan sportif, la saison 1998-99 a tourné au calvaire pour les Corses qui ont usé trois entraîneurs sans grands résultats. Henri Kasperczak, Laurent Fournier et José Pasqualetti ne sont jamais parvenus à combler le vide laissé par Antonetti, ce Bastiais pure souche qui a mené le SCB de la division 3 jusqu’à la coupe de l’UEFA. Car, voyageur dans l’âme, le technicien avait abandonné il y a un an sa Corse natale pour une autre expérience, prendre les rênes du club de Gamba Osaka. Mais si lui n’a pas éprouvé de difficultés à s’habituer à cet autre continent, sa famille n’est jamais parvenue à s’y acclimater. Conséquence : un retour prématuré au pays du sorcier de Furiani qui rassure le président bastiais, François Nicolaï. Seule évolution, mais elle est de taille, Antonetti n’a pas retrouvé le club en l’état dans lequel il se trouvait lors de son départ. Il estime même que «le Sporting repart de zéro, qu’il n’a pas réussi à amorcer le bon tournant qui lui aurait permis, l’an passé, de s’installer durablement dans le clan des sept ou huit meilleures équipes françaises». Et n’hésite pas à dire que «la reconstruction s’annonce très dure». Il prévient : «On attend beaucoup de moi. Peut-être un peu trop. Mais c’est un véritable plaisir, un privilège de revenir ici». La barre n’est pas fixée à une hauteur insurmontable. «Je veux simplement que l’on se maintienne tranquillement et que l’on propose à chaque sortie un spectacle de qualité au public corse», demande François Nicolaï. Les spectateurs, dans une position d’attente, ne s’enthousiasment pas. Le nombre d’abonnés, aux alentours de 1 200, est équivalent à celui de la saison dernière. Côté effectif, Bastia compte avant tout sur son nouvel attaquant, Dan Petersen. Après avoir fait les beaux jours de l’Ajax d’Amsterdam, le Danois a déçu tant à Monaco qu’à Anderlecht (Belgique). «Je viens ici pour retrouver un second souffle, pour retrouver ma véritable valeur et, si ça marche, poursuivre ma carrière dans un grand club étranger», espère-t-il. Il n’est pas seul à suivre ce chemin, l’ancien meilleur joueur de deuxième division, Lilian Nalis, se trouve dans la même situation. Sedan, le profil-type de l’équipe surprise Voilà un club qui dégage de la sympathie, du bien-être. Sedan, avec le plus petit budget de première divison, s’apprête à vivre une saison difficile, mais, dans un contexte propice, tous les exploits paraissent possibles. Et si Sedan n’est pas Lourdes, l’équipe ardennaise a réalisé ces deux dernières saisons de véritables miracles en passant coup sur coup du championnat national à l’élite tout en participant à une finale de Coupe de France. Reste à prolonger ce doux rêve et, pour éviter un réveil trop brutal, les dirigeants ont bâti une équipe solide en réalisant un recrutement judicieux. Ce qui n’est pas évident quand, en caisse, vous n’avez que sept millions de francs pour faire votre marché. Alors l’entraîneur Patrick Rémy a donné un premier coup de téléphone à son ami Guy Roux. Résultat, le prêt pour un an ; d’Oumar Dieng, l’ex-joueur de Lille et du Celta Vigo. Puis direction Rennes où un autre défenseur, Eddy Capron, qui avait fait les beaux jours de Nantes, a obtenu prématurément son billet de sortie. Sedan a également accepté de débourser deux millions pour Laurent Huard. Enfin, un peu plus à l’Ouest encore, Lorient a cédé son arrière latéral droit, Jean-Louis Montero. Voilà en peu de frais une défense refaite à neuf. Autre chantier : la rénovation du vieux stade Émile-Albeau, le seul de France où les buvettes vendent plus de sandwiches au lard que de brochettes, saucisses ou merguez. Quelques coups de pinceau et la construction d’une nouvelle tribune de 3 500 places ont été nécessaires pour porter la capacité à 17 000 places. En attendant un nouveau stade prévu pour l’automne 2000. Les supporteurs ont, pour leur part, tenu leur rôle en souscrivant massivement leur abonnement. À quelques jours de la reprise, le club affiche 4 500 abonnés, un score très honorable pour une ville de 20 000 habitants. Reste maintenant à trouver la bonne recette sur le terrain. Patrick Rémy ne feint pas d’ignorer «que cette saison s’annonce très dure», mais fidèle à la philosophie du club, il espère «que la logique financière ne sera pas respectée». Sedan aura en tout cas le mérite d’évoluer avec trois attaquants, «parfois quatre», prévient son entraîneur. Et comme il n’est jamais facile pour l’adversaire, depuis des décennies, d’aller gagner sur le terrain des «sangliers», Sedan possède le profil-type de l’équipe surprise. Troyes : le ressuscité y croit Ressuscité sportivement mais financièrement limité, Troyes le promu, sous la conduite de son incontournable technicien Alain Perrin, veut croire au maintien. Son budget (60 MF), parmi les plus modestes de l’élite, ne lui laisse guère d’autre alternative que de s’accrocher dans un championnat annoncé à plusieurs vitesses : «L’objectif naturel, c’est le maintien», annonce Alain Perrin. À 42 ans, cet homme de conviction, ancien responsable du centre de formation de Nancy, fait figure d’artisan numéro un de la reconquête sportive du club. Depuis son arrivée en 1993, l’ATAC (Association Troyes Aube Champagne) a ainsi gravi tous les échelons, du N2 à la D1. Cette escalade ferait presque oublier les années noires. En 1978, le vieux Troyes Aube Football (TAF) des Zorzetto et autres Dos Santos plongeait en D2. Un an plus tard, c’était la liquidation judiciaire. En 1986, l’ATAC, pour son baptême, végétait en division d’honneur. Pour relever son plus beau défi, Troyes a encore dû reconstruire après la perte (habituelle) de la moitié de son effectif à l’intersaison. Placé sous recrutement contrôlé, le club aubois s’est efforcé de recruter intelligemment. À l’affût des joueurs en fin de contrat, en quête de prêts, Alain Perrin est aussi allé prospecter à l’étranger. La «bonne pioche» pourrait venir d’Algérie, où le technicien a déniché deux internationaux: le meneur de jeu Rafik Saïfi et le meilleur buteur du championnat, Farid Ghazi. Un duo qui, associé à l’expérimenté Frédéric Arpinon (futur capitaine) et son ex-coéquipier de Strasbourg, le défenseur latéral italo-argentin Luciano Zavagno, s’annonce prometteur. Troyes a également misé sur la jeunesse et le talent du gardien Tony Heurtebis, prêté par Rennes, et sur l’attaquant caennais Samuel Boutal, qui se voit enfin offrir une chance de jouer en D1. Trois ou quatre recrues supplémentaires pourraient encore être engagées «pour renforcer l’équipe et plus seulement pour la compléter». Le public du stade de l’Aube, qui a vu pousser deux nouvelles tribunes (capacité totale 18 000 places), adhère à la mission «maintien». Avec 6 000 abonnés, les prévisions les plus optimistes sont dépassées. Et si le derby champenois face à Sedan est déjà très attendu, c’est la double confrontation avec le voisin Auxerre qui fait rêver les amoureux du football. Ceux-là mêmes qui, récemment encore, allaient apaiser leur frustration à l’Abbé-Deschamps.
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Après une saison délicate sans son entraîneur Frédéric Antonetti, parti tenter sa chance au Japon, Bastia retrouve son mentor et des ambitions. Sur le plan sportif, la saison 1998-99 a tourné au calvaire pour les Corses qui ont usé trois entraîneurs sans grands résultats. Henri Kasperczak, Laurent Fournier et José Pasqualetti ne sont jamais parvenus à combler le vide laissé par Antonetti, ce Bastiais pure souche qui a mené le SCB de la division 3 jusqu’à la coupe de l’UEFA. Car, voyageur dans l’âme, le technicien avait abandonné il y a un an sa Corse natale pour une autre expérience, prendre les rênes du club de Gamba Osaka. Mais si lui n’a pas éprouvé de difficultés à s’habituer à cet autre continent, sa famille n’est jamais parvenue à s’y...