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Actualités - Chronologie

Des centaines d'Albanais fuient leurs villages en RFY

Des centaines d’Albanais installés depuis des générations dans des villages de Yougoslavie hors du Kosovo ont gagné ces dernières semaines la province, affirmant avoir été harcelés et menacés par les forces serbes au moment de leur départ en juin. Une dizaine d’Albanais interrogés à Pristina, dans ses environs et à Gnjilane, dans le sud-est de la province, ont affirmé que des villages entiers se sont vidés après l’arrivée à bord de bus et de véhicules blindés des hommes du régime de Belgrade, contraints à quitter le Kosovo à la suite de l’accord conclu avec l’Otan sur le retrait des forces serbes. Atla Solbeck, représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés de l’Onu (HCR) à Gnjilane, a indiqué qu’entre 2 000 et 3 000 villageois originaires de régions de Serbie proches de l’est du Kosovo étaient arrivés ces dernières semaines dans la ville. Certains sont installés dans des familles, d’autres dans des centres aménagés où ils reçoivent une aide et nombre d’entre eux repassent la frontière dans la journée pour s’occuper de leurs champs, a ajouté M. Solbeck. Les villageois rencontrés par l’AFP ont fait état de mouvements de masse vers le Kosovo en provenance des régions de Presevo, Bujanovac, Vranje, Medvedja, des villes de Serbie situées à une quinzaine de kilomètres en moyenne à l’est de la limite administrative avec le Kosovo. La famille de Naïm, arrivée le 15 juillet à Pristina du village de Gerbavc, a tout laissé sur place sous la garde du grand-père. «Des hommes en uniformes nous ont dit qu’ils commenceraient la guerre ici comme ils l’avaient commencée au Kosovo», a raconté Naïm. «Ils étaient environ 1 200 installés dans l’école» de ce village mixte, serbe et albanais, et venaient régulièrement en groupes de six ou sept frapper brutalement à la porte de la maison pour demander du café, de l’alcool et des femmes, affirme un instituteur qui tait son nom, craignant pour la sécurité de ses proches restés au village. «Ils cassaient des objets et prenaient ce qu’ils voulaient», ajoute-t-il. Son épouse et ses deux filles d’une vingtaine d’années sont restées cachées, a-t-il expliqué, jusqu’au jour où la pression croissante les a forcées à se réfugier dans les bois alentours, en pleine nuit, et de là à gagner le Kosovo. À Tupale, raconte Arip, installé dans un appartement voisin, «les paramilitaires nous harcelaient depuis des mois. Ils nous empêchaient d’aller faire nos courses dans la ville voisine de Medvedja». Quand la guerre du Kosovo a fini, la «situation est devenue intenable» pour lui, sa femme et ses quatre garçons, âgés de 4 à 16 ans. Les militaires ou paramilitaires – qu’il n’a pu clairement identifier – «avaient pris une maison à côté de la mosquée et y emmenaient des femmes», a-t-il dit, évitant pudiquement le mot de «viol». À Gnjilane, Emerush, 28 ans, se dit traumatisé. «Tous les jours, les paramilitaires venaient me menacer. Ils voulaient que je leur dise où se trouvait un pilote américain dont l’avion serait tombé dans la région», à l’ouest de la ville serbe de Vranje.
Des centaines d’Albanais installés depuis des générations dans des villages de Yougoslavie hors du Kosovo ont gagné ces dernières semaines la province, affirmant avoir été harcelés et menacés par les forces serbes au moment de leur départ en juin. Une dizaine d’Albanais interrogés à Pristina, dans ses environs et à Gnjilane, dans le sud-est de la province, ont affirmé que des villages entiers se sont vidés après l’arrivée à bord de bus et de véhicules blindés des hommes du régime de Belgrade, contraints à quitter le Kosovo à la suite de l’accord conclu avec l’Otan sur le retrait des forces serbes. Atla Solbeck, représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés de l’Onu (HCR) à Gnjilane, a indiqué qu’entre 2 000 et 3 000 villageois originaires de régions de Serbie proches de l’est du Kosovo...