Le dollar a entamé la semaine hier à Beyrouth sur un ton stationnaire, dans un marché calme et dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Mais compte tenu de la propension du marché à l’offre plutôt qu’à la demande, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar pratiquement au bas de la fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,10 LL, et rarement en dehors de celle-ci, selon les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque neuf millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, en l’absence de contreparties valables à l’achat en dehors d’elle. Montée en flèche du yen et de l’euro À l’étranger, le principal événement de la journée d’hier sur les marchés des changes internationaux a été la forte appréciation du yen face au dollar, les opérateurs rassurés par les performances de la Bourse de Tokyo ayant été tentés de pousser davantage la devise nippone à la hausse pour tester la volonté de la Banque du Japon à intervenir pour contrer cette progression. L’euro a profité de l’accès de faiblesse du dollar en l’absence d’intervention des autorités monétaires nippones à la veille d’une journée fériée au Japon pour limiter les dégâts qu’il avait subis dans la matinée en Europe et gagner ensuite davantage du terrain. Le regain d’optimisme des investisseurs vis-à-vis de l’économie japonaise semble expliquer ce regain d’intérêt pour le yen. Selon les experts, les flux de capitaux à destination de l’archipel ont augmenté au cours de ces dernières semaines, attirés par de bonnes performances de la Bourse de Tokyo qui a encore terminé en hausse hier, de 1,6 %. Les cambistes ont continué donc à avancer malgré que les risques d’intervention persistaient toujours. La Banque du Japon pourrait, selon eux, demander aujourd’hui, comme elle l’a fait le 18 juin dernier, à la Banque centrale européenne (BCE) de faire un geste à sa place en raison du chômage officiel au Japon. Mais, l’attente des chiffres du déficit commercial américain en mai, devant paraître aujourd’hui, ne semble pas jouer à l’actif du dollar contre le yen et les opérateurs pourraient avoir à nouveau le champ libre pour continuer à soutenir une devise nippone qui bénéficie depuis quelques semaines d’un spectaculaire regain d’optimisme des investisseurs vis-à-vis de l’économie japonaise. Dans ce contexte, l’euro a passé une bonne partie de la journée d’hier à remonter doucement la pente après un repli initial dans la matinée dû à des déclarations du président du Conseil des cinq sages chargé de conseiller le gouvernement allemand, Herbert Hax, affirmant que l’euro pourrait reculer à moins d’un dollar, sans que cela constitue «un signal d’alarme sérieux», comme en témoigne le rebondissement de cette devise à plus de 1,03 dollar pour la première fois depuis fin juin dernier. Quoi qu’il en soit, l’évolution de la monnaie unique européenne dans les prochains jours dépendra en grande partie du ton de l’étude mensuelle de l’institut de conjoncture munichois IFO sur le climat des affaires en Allemagne, attendu aujourd’hui. Cela d’autant que les marchés sont aussi à l’affût d’indications sur le contenu du témoignage que prononcera après demain le président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, devant le Congrès sur la situation économique américaine. Cela étant, et en attendant aussi les chiffres de la balance commerciale américaine pour le mois de mai devant paraître aujourd’hui que le dollar s’est négocié hier, à New York, sur un ton faible comme suit : – 1,0320 pour un euro contre 1,0195, vendredi dernier – 1,5825 pour un sterling contre 1,5625 – 1,8950 DM contre 1,9185 – 6,3550 FF contre 6,4340 – 1,5530 FS contre 1,5760 – 1 875,90 lires contre 1 899,25 – 117,80 yens contre 121,00. Bourse de Beyrouth : en hausse Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth s’est reprise en ce début de semaine sous l’effet de la hausse des actions B de Solidere de 7,00 à 7 1/4 dollars et de celles des Ciments libanais de 21/32 à 11/16 dollar, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote, notamment sur le front des valeurs bancaires. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,51 % à 75,59 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché à activité modérée avec un volume d’affaires de 102 977 actions d’une valeur globale de 219 620 dollars. Wall Street : prises de bénéfices Wall Street a subi la pression des ventes bénéficiaires en ce début de semaine, malgré la publication de résultats meilleurs que prévu par Citicorp, Bank of America, J.P. Morgan, et tant d’autres sociétés d’aviation et de haute technologie pour le second trimestre. Ce phénomène a été attribué à des opérations de dénouement de positions effectuées par plusieurs opérateurs hier avant l’expiration vendredi d’options sur des actions et des indices boursiers vendredi, et à la veille aussi de l’intervention du président de la Fed après demain, devant les commissions parlementaires du Congrès. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est tombé d’un plus haut de la séance à 11 252,27 points à un plus bas à 11 159,92 points, avant d’afficher en préclôture 11 176,60 points, en baisse de 33,24 points sur vendredi dernier. Baisse de l’ensemble des Bourses européennes Les Bourses européennes ont effacé la plupart de leurs gains hier et certaines ont terminé en baisse, affectées par le recul de Wall Street au moment de la clôture. Les volumes des échanges ont été limités, comme il est de coutume pendant la période estivale, et ce d’autant plus que nombre d’investisseurs ont adopté une position attentiste avant les quelques indicateurs de cette semaine. Ainsi la Bourse de Paris a enregistré une nette baisse lundi en fin de journée après avoir marqué une grande hésitation au cours des premiers échanges, malgré les nouvelles opérations de restructurations industrielles (Elf-Total Fina, SGE et Sogeparc). En hausse de 0,06 à l’ouverture, l’indice CAC 40 a terminé la journée sur une perte de 0,82 %, à 4 618,75 points. Le volume des échanges sur le marché à réglement mensuel a atteint 2,238 milliards d’euros, soit 14,7 milliards de francs. La plupart des places européennes s’affaiblissaient également dans le courant de la séance, l’indice Euro Stoxx 50 cédant 0,20 %. De même, la Bourse de Londres a terminé en baisse, lundi sous l’influence de Wall Street après avoir été bien orientée jusqu’en début d’après-midi. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé à 6 483,7 points, en baisse de 79,5 points, soit 1,2 %, par rapport à vendredi. Le rendement de l’emprunt d’État à 10 ans s’établissait en fin de journée à 5,197 % contre 5,191 % vendredi soir. L’écart de rendement avec le bund correspondant était de 42,7 points de base contre 43,1. Parmi les valeurs du Footsie, 70 ont terminé en baisse et 27 en hausse. Le volume des échanges a été modeste et était estimé à 610 millions d’actions à 16h00 locales. Enfin, la Bourse de Francfort a très légèrement progressé lundi, gagnant 0,08 % dans un marché hésitant et sans gros volumes de transactions, selon les courtiers. L’indice de référence DAX des trente valeurs vedettes a clôturé à 5 624,74 points, contre 5 619,94 points vendredi, soit une hausse de 4,80 points. La peur d’une hausse des taux d’intérêt, suscitée jeudi par des propos du président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, s’est certes estompée à la faveur du week-end. Mais les investisseurs étaient partagés lundi entre la perspective de bons résultats pour les groupes allemands, grâce notamment à la force du dollar face à l’euro et les craintes d’un recul de Wall Street. Le DAX, qui atteignait en milieu de journée 5 642,88 points, a d’ailleurs perdu du terrain dans l’après-midi dans le sillage de la Bourse de New York. Tokyo : au plus haut depuis septembre 1997 La Bourse de Tokyo a terminé lundi en hausse de 1,6 %, le marché étant soutenu par la hausse de Wall Street en fin de semaine dernière, selon les opérateurs. L’indice Nikkei 225 a pris 284,28 points pour revenir à 18 532,58 pts, clôturant au-dessus des 18 500 points pour la première fois depuis le 10 septembre 1997, quand la Bourse avait terminé à 18 704,77. L’indice élargi Topix a également terminé à la hausse de 8,98 points à 1 516,00. Les échanges ont porté sur 618,56 millions d’actions, un niveau relativement faible – à la veille d’un jour férié mardi – par rapport aux 943,80 millions de transactions effectuées vendredi. «Les valeurs vedettes à prix élevé tels que Softbank et Sony ont subi un phénomène de correction, mais le marché dans l’ensemble reste optimiste», a estimé Tetsuya Ishijima de Osakan Securities Co. Ltd. «Les cours de New York restant à des niveaux élevés, le marché de Tokyo est orienté à la hausse», a-t-il ajouté, citant d’autres facteurs positifs tels que la stabilité des cours dollar-yen ainsi que les achats des investisseurs étrangers. Le marché a également été dopé par les déclarations de Taichi Sakaiya, le chef des services économiques du gouvernement qui a estimé dimanche que le Japon avait besoin d’une nouveau collectif budgétaire pour cette année jusqu’à mars 2000.
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