Le Conseil de sécurité de l’Onu a débattu à huis clos du dossier irakien sans réussir à surmonter les divergences sur la question du désarmement de l’Irak et une éventuelle suspension de l’embargo frappant ce pays. L’ambassadeur britannique, Sir Jeremy Greenstock, a déclaré à la presse à l’issue de cette réunion de près de quatre heures qu’il restait «beaucoup de travail intensif» à faire sur ce dossier mais qu’il y avait «de l’optimisme» au sein du Conseil quant aux chances d’aboutir à «un résultat». Au cours des jours à venir, le Conseil essaiera de surmonter «les divergences qui sans aucun doute subsistent», a ajouté l’ambassadeur. Aucune date n’a été fixée pour la prochaine séance, mais les cinq membres permanents du Conseil (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), qui ont présenté des projets de résolution concurrents, doivent tenir des consultations vendredi. La principale divergence porte sur la question de savoir si l’embargo contre Bagdad, en vigueur depuis bientôt neuf ans, peut être suspendu avant l’achèvement du désarmement contrôlé de l’Irak qui, selon les résolutions de l’Onu, doit se débarrasser de toutes ses armes de destruction massive. La Chine et la Russie réclament la levée inconditionnelle des sanctions, au motif que les frappes aériennes américano-britanniques de décembre dernier contre l’Irak ont rendu impossible la vérification de l’élimination de tout l’arsenal irakien. Depuis décembre, les experts de l’Onu en désarmement ont interrompu leur travail de vérification. La Grande-Bretagne a proposé une suspension de l’embargo pour 120 jours, sous condition que Bagdad ait achevé le démantèlement de son arsenal. Selon des diplomates à l’Onu, l’ambassadeur russe Sergueï Lavrov a déclaré mercredi pendant la réunion du Conseil que cette proposition ne pouvait être une base de travail pour un éventuel compromis. M. Lavrov a estimé que le Conseil devait continuer à examiner «tous les projets» de résolution concurrents et a mis en garde contre un vote précipité qui serait «contre-productif», selon les mêmes sources. D’autre part, Bahreïn a officiellement demandé de fermer la base arrière des experts de la Commission spéciale de l’Onu pour le désarmement de l’Irak (Unscom), à Manama, ce qui représente un nouveau coup porté à l’Unscom, ont indiqué des sources onusiennes. Ces sources ont indiqué que la demande officielle en a été faite la semaine dernière à l’administrateur local de l’Unscom à Manama, Alex Mangalindan, et au président par intérim de l’Unscom à New York, Charles Duelfer. Un accord entre l’Onu et Bahreïn, qui abritait la base arrière de l’Unscom depuis 1991, est périmé depuis mars dernier trois mois après que les inspecteurs des Nations unies se furent retirés de l’Irak et avant le début des bombardements aériens britanniques et américains contre les positions irakiennes. Bagdad avait averti les inspecteurs de l’Unscom, qu’il avait accusés d’espionnage pour le compte des États-Unis et d’Israël, qu’ils ne pourraient revenir en Irak.
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