La sélection nationale libanaise est rentrée hier soir de son expédition au Caire avec deux défaites subies en deux matches face à son homologue égyptienne. Sur le bilan comptable, c’est une catastrophe, mais plus loin que le résultat (85-74 puis 77-71), le sélectionneur a eu enfin l’occasion de voir ses hommes à l’œuvre. Il aura l’opportunité de corrgier le tir, dès dimanche 18h00, dans le premier match du tournoi de qualification pour la 20e Coupe d’Asie, dans la salle de la Cité sportive. Deux matches, deux défaites, voici donc le bilan de la visite rendue par les Libanais à leurs vieilles connaissances égyptiennes. À une semaine d'un tournoi régional et à un mois des Jeux panarabes de Amman, Miloud Mencceur, sélectionneur national, a ainsi pu voir évoluer les douze joueurs choisis pour représenter le Liban dans le tournoi de la WABA (West Asian Basket-Ball Association). Lui qui a fait des pieds et des mains pour se voir accorder cette tournée, a donc vu son souhait exaucé. L'équipe du Liban participe à ce tournoi qui débute dimanche, dans le but de décrocher l’une des deux premières places qualificatives pour la Coupe d’Asie dont la phase finale aura lieu fin août début septembre au Japon. Comme les deux premières place de cette Coupe d’Asie emmènent directement les élus aux JO de Sydney, on mesure sans difficulté la portée et l’enjeu du défi. Si au niveau des clubs, et par la «faute» de la Sagesse, le Liban ne se fait plus de complexes vis-à-vis de ses voisins proches ou lointains, au niveau de la sélection, c’est une tout autre affaire, et les Libanais en ont fait l’amère expérience à leur dépens. Seulement construire une sélection est une entreprise de longue haleine, et il ne faut surtout pas que le public et les dirigeants s’impatientent et tirent des conclusions hâtives traduites en jugements erronés voire en décisions expéditives. On savait bien que sans Africains ou Américains, les Libanais n’avaient plus l’air des redoutables épouvantails qu’ils ont l’habitude d’être dans les compétitions de clubs, et le déplacement égyptien l’a d’ailleurs confirmé. Mais malgré le résultat, l’expérience est forcément enrichissante. Le réel niveau de l’équipe reste un peu flou. Quant à ses possibilités, face à des équipes a priori moins fortes que l’Égypte, et qui évolueront de surcroît à Beyrouth, il y a de quoi être optimiste. L’Iran a une bonne équipe, de même que l’Irak. La Jordanie a un excellent groupe car cela fait un an que l’équipe nationale se prépare Quant aux Syriens, ils avaient déjà battu les Libanais lors des Jeux panarabes, en 97, et les locaux leur doivent une revanche. Pour en revenir aux résultats, les Libanais avaient joué un premier match mercredi soir et s’étaient inclinés de onze points, 85-74 (mi-temps 46-38). Malgré un score apparemment reposant pour les vainqueurs, il faut savoir que les Libanais n’étaient menés que 71-70 à une minute de la fin du match. À cause d’erreurs de relâchement décidément récurrentes, Seikaly et Co ont laissé échapper une performance qui leur tendait les bras. Les derniers instants furent donc lamentables avec un repli défensif inexistant et une inexplicable précipitation en attaque. «On va essayer de travailler d’abord sur une bonne assise défensive. Pour le reste, je vais laisser libre cours à la créativité et à l’agressivité du joueur libanais en attaque», avait déclaré Mencceur avant de prendre l’avion, il lui manque encore un petit quelque chose pour y arriver. Pourtant, en début de match, le Liban menait 22-17, mais la rentrée du fameux Ahmad Ismail devait redonner l’initiative aux locaux. Malgré un grand match offensif de Seikaly, qui réalisait un vieux rêve en jouant pour le compte de la sélection libanaise, les Blancs devaient craquer sur la fin. Avec 37 points, 12 rebonds et 6 passes décisives, l’«Américain» était nécessaire mais apparemment pas suffisant. «Un entraîneur de basket n’est pas un magicien. Il a besoin de temps pour faire quelque chose, on ne construit pas une équipe en deux matches», disait Mencceur, et ses propos en disent long sur la tâche qui l’attend. Le public, blasé par les exploits des Verts, attend beaucoup de cette sélection, et un revers, fût-il sans conséquence, sera modérément apprécié. À l’issue du premeir match, Seikaly, visiblement satisfait, promettait de corriger les erreurs lors du second. Mais hier, aux carences collectives, s’est ajoutée une nervosité loin d’être indispensable dans un match dit «amical». Cela a coûté au même Seikaly d’être explusé sur 5 fautes (la dernière étant technique). Une nouvelle fois, les Libanais avaient leur destin entre leurs mains, et parvenaient à regagner les vestiaires avec un encourageant 42-45. Une nouvelle fois ils allaient gaspiller en fin de match le bénéfice d’un bon début. Un petit détail que le lecteur aura découvert de lui-même, les joueurs pensent que l’arbitre a joué un rôle déterminant dans les dernières minutes. Comme les Égyptiens ont de la suite dans les idées (ils s’étaient plaints du même facteur lors de la Coupe arabe), probablement qu’ils attendaient leurs visiteurs au tournant. En Égypte, Mencceur a tout essayé, modifiant sans cesse sa formation, alternant les positions, et expérimentant les combinaisons. «Le manque de temps de préparation nous empêchant de monter un jeu plus structuré, dit Mencceur. Le point faible, à mon avis, c’est ce qui est récurrent dans le championnat national, un manque de culture collective offensive, dans ce sens qu’il n’y a pas assez de discipline en attaque. Et les points forts par contre, c’est que le joueur libanais n’est jamais battu d’avance, même s’il y a 20 points d’écart à cinq minutes de la fin il va se battre, c’est un point important. De plus le joueur libanais est agressif dans le un contre un. On va essayer de se servir de ces qualités en les mettant au service du collectif». Un peu partout dans le monde, à moins de sacrifier les intérêts des clubs pour l’équipe nationale, cette dernière est plus faible que les clubs dont elle est pourtant issue. Le Liban ne déroge pas à cette vérité. En club, les joueurs travaillent ensemble, vivent ensemble et se retrouvent deux fois par jour. Ils jouent des rencontres régulièrement ensemble et ils ont des automatismes qu’ils ne peuvent pas avoir en équipe nationale. Ce manque de liant était flagrant dans les deux matches, surtout dans le second, et les Libanais avaient trop tendance de compter sur le seul Seiklay, pris en tenaille par les Égyptiens. Ces mêmes Égyptiens, revenus tout droit d’un stage de 3 semaines de préparation en Italie (leur sélectionneur est italien), ont paru très affûtés. Ils doivent participer dès la semaine prochaine à la Coupe d’Afrique des Nations et partent favoris. En définitive, l’objectif est clair : se qualifier pour les championnats asiatiques et qui sont eux-mêmes qualificatifs pour les JO. Pour cela, il faut terminer dans les deux premiers. Cinq équipes se disputent deux places : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Jordanie et le Liban. Ce dernier a l’avantage de jouer à domicile. S’il est supporté par le public comme ce fut le cas pour les clubs, ça peut être un avantage. Si l’équipe nationale n’intéresse personne, que l’on joue ici ou ailleurs ce sera du pareil au même. Réponse finale le 25 juillet.
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