Depuis 1991, dans le calendrier des grandes manifestations internationales de la mode s’inscrit «La semaine de Sydney». La volonté des stylistes australiens de concurrencer les Européens sur le marché asiatique se faisait nettement sentir d’une année à l’autre. Tenue en mai passé, cette quatrième Australian Fashion Week a permis de découvrir une vitalité créatrice insoupçonnée jusqu’à présent. Près d’une cinquantaine de créateurs ont démontré que les couleurs australiennes méritaient un bien haut mât sur le podium international. Pour les observateurs européens, force était de constater que si la vision australienne ne risquait pas pour le moment d’instaurer des révolutions dans l’univers de la mode, les jeunes dessinateurs de ce continent avaient de sérieux atouts en main dans la bataille des marchés stratégiques de l’Asie. Leur savoir-faire commercial paraît en effet sensiblement plus développé que celui du reste de l’univers de la mode. Deux impératifs, «portable et accessible», orientent la création vers une certaine mesure qui constitue un moyen de gagner d’avance l’adhésion du grand public. Mode sans frontières «La mode, proclame la presse australienne, n’appartient plus à un seul pays et encore moins à une capitale ou même un continent. Il s’agit d’un phénomène universel. Les clients parcourent le monde et choisissent les meilleurs points de vente». C’est ce même principe qu’a développé dans son discours Akira Isogawa, le lauréat (japonais) du grand prix de cette quatrième Semaine australienne. Installé depuis douze ans à Sydney, ce créateur a remporté un véritable triomphe avec une collection inspirée de la tradition origami du Japon. Sur le plan commercial, cet ingénieux styliste a compris que le relais australien était un formidable tremplin entre continents et capitales. La preuve? Les grands magasins Browns de Londres lui consacrent une fantastique promotion et à Paris sa collection d’hiver a déjà trouvé de sérieux acquéreurs. Des stylistes stars Akira Isogawa n’est pas le seul créateur-vedette en Australie. Peter Morissey, Bettina Liano, Charlie Brown sont de véritables VIP adulés et admirés. La presse leur consacre des pages entières et à chacun de leurs déplacements la foule leur réclame des autographes. Pour une population de 18 millions d’habitants, les tirages des journaux atteignent et dépassent les 200000 exemplaires, répondant à une soif de modernité, d’orientation esthétique, de mise au courant en matière d’art, de création contemporaine. Il est donc bien normal que la mode occupe un créneau aussi important. Sydney, la capitale, compte six écoles de mode. L’Australie, depuis quelques années déjà, se prépare fébrilement à son entrée au troisième millénaire. Avec sagesse, pragmatisme et savoir-faire. Les Européens risquent de retrouver en elle une redoutable concurrente.
Depuis 1991, dans le calendrier des grandes manifestations internationales de la mode s’inscrit «La semaine de Sydney». La volonté des stylistes australiens de concurrencer les Européens sur le marché asiatique se faisait nettement sentir d’une année à l’autre. Tenue en mai passé, cette quatrième Australian Fashion Week a permis de découvrir une vitalité créatrice insoupçonnée jusqu’à présent. Près d’une cinquantaine de créateurs ont démontré que les couleurs australiennes méritaient un bien haut mât sur le podium international. Pour les observateurs européens, force était de constater que si la vision australienne ne risquait pas pour le moment d’instaurer des révolutions dans l’univers de la mode, les jeunes dessinateurs de ce continent avaient de sérieux atouts en main dans la bataille des...
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