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Actualités - Chronologie

Des adolescents qui bénéficient de la sympathie de la population

Les étudiants qui ont repris les manifestations à Téhéran mardi étaient en général très jeunes, semblaient échapper à toute tentative de contrôle politique et bénéficier de la sympathie de la population. De très nombreux jeunes de 16-18 ans, plus proches de grands lycéens que d’étudiants des classes supérieures, étaient présents dans les rues, portant souvent des jeans et des casquettes de base-ball. On trouve également un nombre important de jeunes filles parmi eux, portant comme il se doit en Iran le foulard islamique. Le mouvement semblait échapper aux associations réformatrices d’étudiants, assez présentes au début du mouvement la semaine dernière. Ces associations étudiantes – principalement l’Office de consolidation de l’Unité – sont dirigées par d’anciens activistes radicaux aujourd’hui ralliés au projet de réformes démocratiques du président Mohammad Khatami. Très contestataires quant il le faut, elles sont aussi parfaitement intégrées au jeu factionnel iranien. L’un de leurs ténors, Ebrahim Asgharzadeh, est un ancien de la prise d’otages de l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, aujourd’hui «leader étudiant» ayant pris quelque embonpoint et siégeant au conseil municipal de Téhéran. Ces associations proches du président Khatami semblaient désormais très absentes, voire critiquées par certains étudiants qui dénonçaient les «capitulards». De même les personnalités de la mouvance de M. Khatami, qui se bousculaient sur les campus ces derniers jours, comme la très médiatique fille de l’ex-président Rafsandjani, Mme Faezeh Hachémi, se faisaient désormais discrètes. «Depuis quelques jours des désaccords sont apparus dans les rangs des étudiants, et malheureusement cela pourrait changer le cours des événements», écrivait mardi le journal réformateur Iran News. Reste que le mouvement de révolte étudiante semble dans l’ensemble bien accueilli par la population, qui s’est souvent jointe aux jeunes manifestants pour lancer des pierres et conspuer les forces de l’ordre. Toutes tendances confondues, les étudiants sont favorables au président Khatami. Celui-ci avait été élu triomphalement par 70 % des voix il y a deux ans mais une majorité des Iraniens déplore qu’il ne puisse mettre en œuvre ses réformes en raison des blocages des conservateurs. Mais les jeunes manifestants sont toutefois restés insensibles à l’appel au calme lancé par le président Khatami lundi, mettant en garde contre les risques de provocation de la part des adversaires des réformes. «Certains veulent provoquer et créer des accrochages», avait déclaré M. Khatami en appelant les étudiants à «ne pas tomber dans ce piège dangereux». «Nous devons être les premiers à nous opposer aux tensions et à la violence», avait ajouté le président. Le régime iranien quant à lui a décidé mardi de distinguer les bons éléments – ceux qui ont cessé de participer aux manifestations – de ceux que la propagande officielle appelle désormais les «émeutiers». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid-Reza Assefi, a fait mardi une claire distinction entre «le rassemblement pacifique des étudiants qui a pris fin» et les «perturbateurs» qui, selon lui, continuent de se heurter aux forces de l’ordre.
Les étudiants qui ont repris les manifestations à Téhéran mardi étaient en général très jeunes, semblaient échapper à toute tentative de contrôle politique et bénéficier de la sympathie de la population. De très nombreux jeunes de 16-18 ans, plus proches de grands lycéens que d’étudiants des classes supérieures, étaient présents dans les rues, portant souvent des jeans et des casquettes de base-ball. On trouve également un nombre important de jeunes filles parmi eux, portant comme il se doit en Iran le foulard islamique. Le mouvement semblait échapper aux associations réformatrices d’étudiants, assez présentes au début du mouvement la semaine dernière. Ces associations étudiantes – principalement l’Office de consolidation de l’Unité – sont dirigées par d’anciens activistes radicaux...