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Actualités - CHRONOLOGIE

ANNIVERSAIRE Il y a 50 ans , Pie XII excommuniait les communistes

La bulle d’excommunication des communistes du monde entier est toujours formellement valable, cinquante ans après la décision de Pie XII, le 11 juillet 1949, en pleine guerre froide. Depuis, la décision politique du Saint Office a subi de nombreux accommodements de la part de membres du clergé, avant de tomber peu à peu dans l’oubli. Mais le décret papal n’a jamais été révoqué, comme beaucoup d’autres. S’inscrivant dans cette ligne, mais un ton au-dessous, le Concile Vatican II s’est contenté de condamner le «communisme athée» tandis qu’en 1963, l’encyclique de Jean XXIII, «Pacem in terris», annulait pratiquement le décret de son prédécesseur. En théorie, la sanction infligée par Pie XII – la plus grave dans l’échelle des punitions de l’Église – plaçait les communistes hors de la communauté chrétienne en les privant notamment des sacrements et d’un enterrement en terre bénite. La bulle visait ceux qui «défendent et propagent la doctrine antichrétienne et matérialiste communiste» et condamnait l’idéologie de Marx et Lénine. Elle touchait non seulement les dirigeants et adhérents du parti mais également ses électeurs. Par cette «bombe spirituelle», Pie XII, pape de 1939 à 1958, entendait bloquer le «virus communiste» en Europe occidentale, où les PC français et italien étaient les plus puissants, et le combattre en Europe de l’Est. Avant la Deuxième Guerre mondiale, l’Église catholique avait joué un rôle important en Pologne, Hongrie et Slovénie notamment. Dès 1936, le Vatican avait jugé le communisme «intrinsèquement pervers». Notoirement anticommuniste, Pie XII s’est vu reprocher par certains historiens de s’être montré «plus compréhensif» à l’égard du fascisme et du nazisme. Ils lui reprochent notamment son «silence» sur l’extermination des juifs d’Europe. À l’intérieur de l’Église, se souvient le cardinal Luigi Poggi, en poste à l’époque à la secrétairie d’État, la bulle du pape était considérée comme «une clarification de la position de l’Église». «Nous étions persuadés que les vrais communistes étaient athées et que, comme tels, ils ne pouvaient être chrétiens», rappelle le cardinal Alfons Maria Stickler dans le quotidien La Repubblica. «Hier, comme aujourd’hui, il y a des chrétiens et des communistes à l’eau de rose», reconnaît-il. Mais les temps ont bien changé : l’actuel président du Conseil italien, Massimo D’Alema, issu des rangs du PC italien, a été chaleureusement reçu au début de l’année par le pape. Au cours de son pontificat, Jean-Paul II a également rencontré d’autres figures communistes, dont le président cubain Fidel Castro et le dernier président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev.

La bulle d’excommunication des communistes du monde entier est toujours formellement valable, cinquante ans après la décision de Pie XII, le 11 juillet 1949, en pleine guerre froide. Depuis, la décision politique du Saint Office a subi de nombreux accommodements de la part de membres du clergé, avant de tomber peu à peu dans l’oubli. Mais le décret papal n’a jamais été révoqué,...