Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Khatami confronté à sa première grande crise estudiantine

Les affrontements entre policiers et étudiants de Téhéran placent le président réformateur Mohammad Khatami devant sa première grande crise estudiantine et ouvrent un conflit politique majeur pour l’ensemble du régime islamique. Le président a depuis longtemps cherché à convaincre le régime de lâcher du lest pour éviter le scénario actuel : des jeunes exaspérés par le manque de libertés aux prises avec une police dressée à faire régner un ordre draconien. Signe de la gravité de la situation, le président a convoqué le Conseil national de sécurité, la plus haute instance du pays en matière de sécurité intérieure et extérieure du pays. Les étudiants sont parmi les troupes les plus fidèles au président réformateur, mais la lenteur des réformes due à l’inertie du système et à l’obstruction systématique des conservateurs ne font qu’accentuer leur impatience. Cette affaire traduit également la montée de la mobilisation politique depuis deux ans en milieu universitaire, où d’influents syndicats proches des réformateurs et de la gauche attirent de plus en plus les étudiants. Depuis son élection il y a deux ans, c’est souvent devant des foules d’étudiants enthousiastes que M. Khatami a tenu ses discours les plus vibrants sur la nécessité de démocratiser le régime islamique. Par contrecoup, les étudiants sont devenus des cibles privilégiées des miliciens intégristes et des éléments les plus durs des forces de l’ordre. Les innombrables heurts en marge des manifestations estudiantines ces dernières années n’ont toutefois jamais atteint l’ampleur des violences qui se sont déroulées au campus du quartier d’Amirabad, dans le nord de la capitale. «Il est souhaitable que le président intervienne en premier lieu pour répondre aux demandes des étudiants, en particulier pour ce qui touche aux libertés politiques et de presse», écrit le journal modéré Iran News. L’intense débat sur la liberté de la presse, après le vote d’une loi renforçant le contrôle des journaux, prend un tour nouveau avec cette révolte étudiante provoquée par la fermeture d’un journal pro-Khatami, Salam. Les revendications des étudiants «prouvent le soutien populaire à la liberté de la presse» face aux restrictions réclamées par les conservateurs, poursuit Iran News. Cette crise se double d’une autre, interne au régime et très grave, avec une opposition directe entre réformateurs favorables aux étudiants et milieux conservateurs partisans de la répression. Elle survient à sept mois d’élections législatives décisives au cours desquelles les réformateurs espèrent ravir l’Assemblée aux conservateurs et offrir au président Khatami la majorité parlementaire qui lui fait cruellement défaut. Ces tensions se sont cristallisées autour de la démission du ministre de l’Enseignement supérieur Mostafa Moïn, parti en dénonçant une provocation de l’aile dure du régime pour mettre le président en difficulté. «Cet incident est une affaire suspecte visant à semer la confusion dans la société, saboter les progrès politiques et miner le système républicain islamique», a affirmé M. Moïn. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par un fidèle du président, Abdolvahed Moussavi-Lari, semblait quant à lui avoir le plus grand mal à se faire respecter de ses propres troupes. Le ministère a dû avouer que l’intervention des forces de l’ordre s’était faite sans son aval, puis a annoncé des libérations d’étudiants interpellés, manifestement sans succès.
Les affrontements entre policiers et étudiants de Téhéran placent le président réformateur Mohammad Khatami devant sa première grande crise estudiantine et ouvrent un conflit politique majeur pour l’ensemble du régime islamique. Le président a depuis longtemps cherché à convaincre le régime de lâcher du lest pour éviter le scénario actuel : des jeunes exaspérés par le manque de libertés aux prises avec une police dressée à faire régner un ordre draconien. Signe de la gravité de la situation, le président a convoqué le Conseil national de sécurité, la plus haute instance du pays en matière de sécurité intérieure et extérieure du pays. Les étudiants sont parmi les troupes les plus fidèles au président réformateur, mais la lenteur des réformes due à l’inertie du système et à l’obstruction...