Deux PDG aux personnalités antagonistes, deux groupes rivaux sur l’échiquier pétrolier français, un «prédateur» sûr de lui et une «proie» qui n’entend pas se laisser dévorer : le duel entre TotalFina et Elf Aquitaine promet d’être l’un des feuilletons à suspense de l’été. Cible d’une offensive boursière du tout nouveau groupe pétrolier franco-belge TotalFina, le français Elf Aquitaine reste combatif : «Nous nous battrons», a martelé le président d’Elf Aquitaine Philippe Jaffré. «Le rapprochement entre TotalFina et Elf est un projet industriel de grande envergure qui repose sur une complémentarité exceptionnelle des deux groupes», a assuré de son côté le PDG de TotalFina Thierry Desmarest, auréolé du succès de sa fusion avec le belge Petrofina. Vendredi, le Conseil des marchés financiers (CMF), l’autorité de régulation de la Bourse de Paris, a jugé recevable le projet d’offre publique d’échange (OPE) de TotalFina. Cette fusion, qui placerait le nouveau groupe au 4e rang mondial des majors pétroliers, a aussi reçu l’aval du gouvernement français, sous l’œil bienveillant des marchés financiers. «Notre silence est celui qui précède l’initiative que nous déclencherons à l’heure et sur le terrain choisis par nous», a dit le pugnace PDG d’Elf devant ses cadres supérieurs et les syndicats. Philippe Jaffré, déstabilisé par les «affaires» qui entachent l’image de son groupe, et le conflit social mené par les «seigneurs» de la branche exploration-production depuis près de trois mois, tente de mobiliser ses troupes pour la bataille. Il semble y parvenir. Les membres de son conseil d’administration sont aussi «tous en phase», derrière lui, assure-t-il. Resté laconique sur sa riposte, le PDG laisse la porte ouverte aux spéculations. Augmentation de capital, offre d’un «superdividende» à ses actionnaires, appel à un «chevalier blanc». Les spécialistes citent l’Eni, dont l’État italien est partiellement actionnaire – bien que Rome hésite sans doute à mécontenter Paris, favorable à une fusion franco-française –, l’américain Chevron, le géant anglo-néerlandais Shell, moins probablement. Est aussi évoqué par des analystes le rachat d’un groupe comme l’américain Conoco. Une acquisition de poids qui rendrait «indigeste» l’OPE pour TotalFina.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux PDG aux personnalités antagonistes, deux groupes rivaux sur l’échiquier pétrolier français, un «prédateur» sûr de lui et une «proie» qui n’entend pas se laisser dévorer : le duel entre TotalFina et Elf Aquitaine promet d’être l’un des feuilletons à suspense de l’été. Cible d’une offensive boursière du tout nouveau groupe pétrolier franco-belge TotalFina, le français Elf Aquitaine reste combatif : «Nous nous battrons», a martelé le président d’Elf Aquitaine Philippe Jaffré. «Le rapprochement entre TotalFina et Elf est un projet industriel de grande envergure qui repose sur une complémentarité exceptionnelle des deux groupes», a assuré de son côté le PDG de TotalFina Thierry Desmarest, auréolé du succès de sa fusion avec le belge Petrofina. Vendredi, le Conseil des marchés financiers...