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Actualités - Chronologie

RUSSIE - "Frappes préventives" en Tchétchénie Guerre larvée entre Moscou et Grozny

D’accrochages frontaliers en «frappes préventives» russes, le feu qui couvait sous la cendre a brusquement repris ces dernières semaines à la frontière tchétchène, faisant craindre la reprise d’hostilités de plus grande envergure, trois ans après la fin de la guerre entre Moscou et la petite république indépendantiste en 1996. Cinq blessés mardi soir dans l’attaque d’un poste russe au Daguestan, «plusieurs morts» lundi dans un raid aérien sur une base de rebelles tchétchènes, quatre morts et douze blessés la semaine précédente dans une attaque contre une base russe… La liste des incidents s’allonge de jour en jour, tandis que Moscou et Grozny font assaut de propos belliqueux, de menaces et de fanfaronnades. L’atmosphère à Moscou ces derniers jours «rappelle celle de 1994», juste avant l’intervention des troupes russes qui a déclenché une guerre de 21 mois, assurait mardi Rouslan Aouchev, président de la République russe d’Ingouchie, frontalière de la Tchétchénie. À Grozny, le président tchétchène Aslan Maskhadov lui a fait écho: «On a l’impression que les partisans de la guerre et les adversaires du processus de négociation ont pris l’initiative» à Moscou. La situation est pourtant fort différente de celle de 1994. Les Russes n’ont plus en face d’eux une force unie, mais plusieurs chefs de guerre à la tête de véritables armées privées, qui échappent à tout contrôle, y compris à celui du président Aslan Maskhadov. Ces commandants insoumis entretiennent l’insécurité au-delà des limites de la Tchétchénie dans tout le Caucase russe, où l’enlèvement contre rançon n’est que l’expression la plus spectaculaire d’une criminalité qui a explosé depuis trois ans. Le parallèle avec le Hezbollah Samedi, à la suite de plusieurs incidents, le ministre russe de l’Intérieur Vladimir Rouchaïlo a tapé du poing sur la table et promis de lancer des «frappes préventives» contre les groupes les plus menaçants. Le gouvernement de Grozny, qui n’admet pas que les Russes viennent faire le ménage sur son territoire, a répondu avec violence: «À chaque explosion de mine ou de bombe en Tchétchénie répondront des dizaines d’explosions en Russie», a menacé un porte-parole de la présidence tchétchène. Le général Rouchaïlo n’a pas cédé. Lundi à l’aube, ses forces ont lancé un raid contre une base de 150 à 200 rebelles tchétchènes, faisant «plusieurs morts» selon le ministre russe. «Il serait injuste de réduire toute la politique tchétchène de Moscou à ces seules démonstrations de force», assure cependant le député Oleg Morozov, leader d’un groupe parlementaire centriste. «Le malheur, ajoute-t-il à l’unisson de plusieurs analystes, c’est que la Russie n’a pas jusqu’à présent de politique bien définie dans ses relations avec la Tchétchénie». «La seule chose claire, renchérit Alexeï Malachenko, l’expert du Caucase auprès de la Fondation Carnegie à Moscou, «c’est qu’après les événements au Kosovo, la Russie estime qu’elle peut faire n’importe quoi dans le Caucase: elle ne trouvera aucun pays occidental pour la critiquer». La politique du bâton n’est pour l’instant pas contestée par l’opposition russe, qui partage le désarroi du gouvernement face au caractère incontrôlable de la situation. «Quand il s’agit de résister aux groupes de bandits, l’usage de la force est justifié», estime le député Morozov. Son collègue Sergueï Mitrokhine, du groupe réformateur d’opposition Iabloko, considère pour sa part que «le gouvernement est contraint d’agir comme il agit». «Je n’ose pas dire que c’est injustifié», ajoute-t-il prudemment. «La pratique des frappes préventives contre les bases terroristes est courante dans le monde», ajoute-t-il, citant l’exemple des raids israéliens contre les bases du Hezbollah. La Tchétchénie se considère comme indépendante depuis sa victoire sur l’armée russe en 1996, mais ni Moscou ni aucun pays du monde n’ont officiellement reconnu cette indépendance.
D’accrochages frontaliers en «frappes préventives» russes, le feu qui couvait sous la cendre a brusquement repris ces dernières semaines à la frontière tchétchène, faisant craindre la reprise d’hostilités de plus grande envergure, trois ans après la fin de la guerre entre Moscou et la petite république indépendantiste en 1996. Cinq blessés mardi soir dans l’attaque d’un poste russe au Daguestan, «plusieurs morts» lundi dans un raid aérien sur une base de rebelles tchétchènes, quatre morts et douze blessés la semaine précédente dans une attaque contre une base russe… La liste des incidents s’allonge de jour en jour, tandis que Moscou et Grozny font assaut de propos belliqueux, de menaces et de fanfaronnades. L’atmosphère à Moscou ces derniers jours «rappelle celle de 1994», juste avant...