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Actualités - Opinion

TRIBUNE En danger de paix ?

TRIBUNE En danger de paix ? Par Michel B. el-Khoury Tout laisse penser qu’une volonté de paix est enfin partagée des deux côtés du conflit, du moins pour ce qui est des gouvernements concernés. Échange de compliments entre la Syrie et Israël, «paix des braves» annoncée par Barak (à la suite de Arafat) après un vote majoritaire confortable, propos encourageants à Washington et au Caire, dialogue irano-arabe, rapprochement Khatémi – Occident, mouvements divers du côté européen, détente (relative) chez les Palestiniens : autant d’augures apparemment favorables. Seul, le Liban maintient son jargon guerrier, comme si tout ce remue – ménage lui était indifférent. Tant mieux ou tant pis, il n’en est pas moins que le «processus» semble prêt à redémarrer. C’est dans ce contexte que se situe la visite du Président Assad à Moscou. En voulant ressusciter le rôle de la trop pâle héritière de l’Union soviétique, les habiles diplomaties syrienne et russe visent plus d’un objectif : d’une part, tenter de contrebalancer le poids des États-Unis dans les futures négociations, tout en donnant à l’aval des Russes valeur de justification et de couverture aux possibles concessions arabes. Il n’est pas exclu, d’autre part, qu’un renforcement de l’arsenal militaire syrien, malgré les arriérés non payés sur les anciennes fournitures soviétiques, vienne doter la Syrie de moyens supplémentaires dans le rapport des forces en présence. De surcroît, les liens encore vivaces entre les Israéliens d’origine russe et leur ancienne patrie pourraient aider à conforter les tendances pacifistes de l’opinion israélienne. Pour autant que comptent les déclarations verbales et les promesses, le chemin semble balisé. Autre chose est de franchir les premiers jalons, car c’est dans cette phase initiale que les extrémismes de tous bords vont essayer d’entraver la marche. Chaque camp a ses irréguliers, chaque camp devra déployer toute son autorité pour empêcher d’irréparables bavures, en même temps qu’il lui faudra tolérer celles qui, venant des autres, se seront révélées incontrôlables. C’est de cette traversée difficile, au cours de laquelle le Liban se trouvera dans la ligne de mire, que dépendra le déroulement positif ou négatif des pourparlers. À supposer que tout se passe bien, ce que beaucoup d’analystes prédisent ou espèrent, les choses arriveront à leur aboutissement et le miracle de la paix pourra se produire. Reste à imaginer un Moyen-Orient pacifié mais encore souffrant d’une telle masse de maux, de blessures, de refoulements de toutes sortes, qu’il lui faudrait peut-être un deuxième miracle pour accomplir une convalescence cohérente. Les colères rentrées, les amertumes contenues sous le prétexte de l’état de guerre, les décaptions des uns qui croiront à une capitulation, le triomphalisme des autres qui crieront victoire, peuvent exploser soudain dans un mouvement généralisé de décongestion. De tels risques ne menacent pas seulement le monde arabe, mais aussi bien Israël. Pour les conjurer, les dirigeants devront faire preuve d’une mesure d’intelligence, de sagesse, de charisme, comparable seulement à ce que M. Mandela a su offrir à son peuple après la suppression de l’apartheid. Est-il nécessaire de rappeler que les Mandela sont rares. Mais le pire n’arrive pas toujours. Réjouissons-nous de l’optimisme modéré qui, pour la première fois, apparaît dans notre horizon et croisons nos doigts pour attirer le meilleur.
TRIBUNE En danger de paix ? Par Michel B. el-Khoury Tout laisse penser qu’une volonté de paix est enfin partagée des deux côtés du conflit, du moins pour ce qui est des gouvernements concernés. Échange de compliments entre la Syrie et Israël, «paix des braves» annoncée par Barak (à la suite de Arafat) après un vote majoritaire confortable, propos encourageants à Washington et au Caire, dialogue irano-arabe, rapprochement Khatémi – Occident, mouvements divers du côté européen, détente (relative) chez les Palestiniens : autant d’augures apparemment favorables. Seul, le Liban maintient son jargon guerrier, comme si tout ce remue – ménage lui était indifférent. Tant mieux ou tant pis, il n’en est pas moins que le «processus» semble prêt à redémarrer. C’est dans ce contexte que se situe la visite du...