L’offre du dollar a été contrebalancée hier par l’apparition d’une demande correspondante en cette monnaie pour les besoins commerciaux de la clientèle, dans un marché dont l’évolution est restée gouvernée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en procédant à l’achat et à la vente du billet vert entre respectivement 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre dernier. Mais il n’en demeure pas moins que l’offre du dollar continuait à l’emporter sur la demande, comme en témoigne la poursuite de sa négociation dans les échanges interbancaires au bas de la fourchette d’intervention de la BDL, quoique en dehors d’elle. Il est resté, en effet, confiné dans une marge très étroite comprise entre 1 502,00 et 1 502,25 LL toute la journée, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires ne s’est pas développé hier, atteignant quelque neuf millions de dollars, en grande partie placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché calme et équilibré de lui-même. Stabilisation de l’euro après sa glissade sous 1,02 dollar À l’étranger, l’euro a brièvement fléchi sous le seuil de 1,02 dollar, hier, sur les marchés des changes internationaux pour la première fois depuis son lancement, sur des rumeurs de relâchement de la discipline budgétaire française par la suite démenties. En effet, l’euro a plongé jusqu’à 1,0185 dollar, soit un nouveau record de faiblesse, dans les premiers échanges hier matin, victime d’une information parue dans le quotidien allemand Handelsblatt évoquant un rapport récent du commissariat général au Plan en France, soumis au Premier ministre Lionel Jospin, qui préconisait un assouplissement du Pacte de stabilité monétaire au sein de la zone euro. Le quotidien a tiré la conclusion que le gouvernement français voulait abandonner la limite de 3 % du PIB pour les déficits publics, ce qui a effrayé des cambistes déjà échaudés par le récent avertissement quant à un possible dépassement du critère de déficit public par l’Italie. Le gouvernement français a toutefois rapidement démenti ces informations les qualifiant de «balivernes». La France n’a «aucune intention» de relâcher ses efforts de discipline budgétaire et respectera le Pacte de stabilité de la zone euro, a déclaré hier le ministre de l’Économie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn. L’euro s’est ensuite progressivement ressaisi après ces propos, mais selon la plupart des analystes, il n’est pas encore sorti d’affaire et la perspective d’une parité avec le dollar n’est pas encore exclue. Ce qui s’est passé hier, c’est que des opérateurs ont vendu sur la rumeur puis ils ont saisi l’occasion de racheter l’euro à court terme dès la publication du démenti. Mais il n’en demeure pas moins que la monnaie européenne reste fragilisée par les mauvaises performances des économies européennes. À cet égard, on a noté hier la légère amélioration du marché du travail en Allemagne le mois dernier, où le nombre des demandeurs d’emploi est resté en dessous du seuil psychologique des 4 millions, en remarquant que la très légère reprise de l’économie tarde à prendre sur le marché de l’emploi. Quant aux autres principales monnaies, l’évolution du yen continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Japon soucieuse de contrer toute appréciation de la devise nippone, alors que le sterling devait se ressentir des conjectures auxquelles donne lieu l’orientation des taux d’intérêt britannique à l’issue de la réunion demain du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. C’est dans ce contexte que le dollar s’est négocié à New York, sur un ton mitigé, comme suit : – 1,0230 pour un euro contre 1,0225, la veille à Londres – 1,5610 pour un sterling contre 1,5740 – 1,9120 DM contre 1,9130 – 6,4120 FF contre 6,4150 – 1,5660 FS contre 1,5697 – 1 892,75 lires contre 1 893,65 – 122,00 yens contre 122,37. Bourse de Beyrouth : marché étale Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a fonctionné sous le signe de la baisse des actions Solidere de la catégorie B dans un marché très restreint et délaissé par les investisseurs. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a cédé 0,43 % à 76,88 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 178,42 points à la suite de la stabilité des composantes du secteur bancaire. Ce mouvement s’est toutefois produit hier dans un marché étale avec seulement 12 078 actions échangées d’une valeur globale de 105 072 dollars. Wall Street : réduction des gains À Wall Street, le marché des valeurs américaines est reparti à la hausse après le long chômage de l’Independence Day, soutenu par les secteurs des télécoms et de la haute technologie. Il en est de même des titres automobiles qui ont continué à bénéficier de l’annonce la semaine dernière de ventes soutenues en juin. La signature d’un contrat entre la société américaine AOL avec le géant suédois des télécommunications Ericsson, pour étendre son réseau de services de ligne, ainsi que d’un autre accord entre AOL et Deutschland, société conjointe de Bertelsmann et America Online et la division Internet de Teles AG pour commercialiser les produits de AOL, ont animé non seulement les titres de ce secteur, mais l’ensemble de la cote. Pourtant, l’apparition d’un courant de ventes bénéficiaires ne tardait pas à peser sur la tendance du marché sans pour autant remettre en cause sa tendance haussière. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a effectué un nouveau bond de 11 104,10 points à un nouveau record historique de 11 236,76 points, avant d’afficher en préclôture 11 221, 24 points, réduisant ses gains à 15,24 points sur vendredi dernier. Prises de bénéfices sur les marchés européens Les valeurs européennes se sont effritées mardi, les investisseurs engrangeant leurs bénéfices sur des marchés qui avaient clos la veille à des niveaux proches de leurs plus hauts. «On fait un peu la pause et en fin de semaine, l’on commence à s’inquiéter au sujet des statistiques de la semaine prochaine», estimé Gary Dugan, stratégiste actions chez J.P. Morgan Investment Management. «Une croissance très vigoureuse, ou, comble de l’horreur, une forte hausse des prix à la consommation américains sont le genre de chose qui pourrait faire capoter la hausse des marchés que nous avons connue», a-t-il ajouté. À Paris, l’indice CAC 40 perdait 0,11 %, à 4692,51 points. Le Dax allemand 0,23 %, le Bel 20 belge 0,7 % et les Bourses suisse et espagnole 0,8 %. Le mibtel italien était inchangé mais le FTSE 100 de Londres était en hausse de 0,43 %. L’indice Eurostoxx50 des valeurs vedettes de la zone euro cédait 0,6 %, de même que l’indice plus large des 300 principales valeurs européennes, l’Eurotop 300. Le secteur automobile était toutefois bien orienté, les investisseurs recherchant des opportunités d’acquisition dans les titres restés à la traîne ces deux dernières semaines. Volkswagen gagnait 1,2 % après avoir annoncé lundi que ses ventes en volume avaient progressé de 8,5 % au premier semestre. «Il y a de la place pour un rattrapage (de certaines cycliques), parce qu’on devient de plus en plus convaincus d’une reprise économique mondiale», a affirmé Dugan. Elf Aquitaine, après avoir fait l’objet de légères prises de bénéfices en début de séance, est reparti à la hausse en fin de journée. La valeur gagnait 0,51 % après s’être adjugé 21,5 % la veille, conséquence de l’OPE hostile lancée par son concurrent TotalFina. Les spécialistes estiment pourtant que le fait que le gouvernement français ne se soit pas officiellement opposé à l’opération laisse peu d’espoir d’une contre-offre à meilleur prix. À Londres, le fabricant de gaz industriels BOC s’adjugeait près de 6 %. Le groupe britannique a annoncé qu’il avait reçu une nouvelle offre conjointe de la part du français Air Liquide et de l’américain Air Products Chemicals. Whitbread gagnait 0,41 %, son offre sur les pubs du groupe Allied Domecq ayant été recommandée par ce dernier, à la surprise de nombreux observateurs. Tokyo : en retrait La Bourse de Tokyo a clôturé mardi en retrait de 0,5 %, le marché reprenant sa respiration après sa récente vague de hausse. L’indice Nikkei 225 a cédé 84,33 points pour revenir à 18 050,73 points. Le principal indicateur de la Bourse de Tokyo avait franchi la veille la barre des 18 000 points en clôture, pour la première fois depuis septembre 1997, après la publication de l’enquête de conjoncture «Tankan». L’indice élargi Topix a reculé de 7,86 points à 1 478,72 points. Le volume des échanges est resté élevé : environ 674 millions d’actions ont changé de mains contre 717,4 millions lundi. Les investisseurs ont pris leurs bénéfices, notamment pour les titres technologiques et les autres valeurs qui avaient enregistré une forte progression récemment. L’indice Nikkei avait en effet gagné 2,8 % la semaine dernière et 1,1 % lundi, ont rappelé des courtiers. Le recul de mardi était attendu, selon des opérateurs, compte tenu des gains enregistrés la veille après les bons résultats de l’enquête de conjoncture «Tankan». «Nous avions anticipé et intégré de bons résultats pour le rapport “Tankan” au cours du dernier mois, et maintenant nous ne disposons plus d’incitations à court terme», a expliqué Tetsuya Ishijima, chef stratégiste de Okasan Securities Co. Ltd. «La Bourse devrait procéder à de légers ajustements pour ce qui reste de la semaine», a-t-il ajouté. Les sociétés ont profité des récentes progressions du Nikkei pour dénouer leurs participations croisées, ont relevé des courtiers.
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