L’activité s’est davantage contractée hier sur le marché des changes de Beyrouth, en l’absence d’intérêt pour les placements en livre libanaise, alors que la demande du dollar ne devait en aucun cas dépasser les besoins commerciaux courants des opérateurs. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) a été déterminante dans l’orientation du billet vert qui a dû clôturer encore une fois hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, après que celle-ci eut maintenu ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente en l’état entre 1 502,00 et 1 514,00 LL. De leur côté, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et souvent en dehors d’elle entre 1 513,75 et 1 514,25 LL en présence de contreparties valables à la vente à ce niveau, ont indiqué les cambistes. Toutefois, le volume d’affaires est demeuré généralement très mince, hier, ne dépassant pas au total quelque sept millions de dollars, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dollar soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar a été ferme face à l’ensemble des devises tandis que l’euro connaissait des hauts et des bas hier, à New York, au lendemain de la publication des estimations de croissance mondiale du Fonds monétaire international (FMI), tablant sur une conjoncture toujours solide aux États-Unis en 1999, une croissance anémique en Europe et une poursuite de la récession au Japon. L’euro était même tombé à 1,0575 dollar, soit le plus bas niveau depuis son lancement le 1er janvier sur les marchés internationaux dans le sillage du rapport du FMI qui a affirmé que la récente faiblesse de la croissance de la zone euro pourrait ne pas être transitoire. Cela d’autant que la Banque centrale européenne (BCE) estimait hier dans son bulletin mensuel que le redressement de l’activité dans la zone euro pourrait se produire plus tard que prévu. Il n’en fallait pas beaucoup plus à l’euro, déjà miné par la poursuite de la crise des Balkans, pour replonger face au dollar, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. La devise japonaise s’est nettement repliée face au dollar, là encore le FMI ayant contribué à ce fléchissement en affirmant que le Japon sera encore en récession de 1,4 % en 1999 après 2,8 % en 1998. Ce mouvement face au dollar a par ailleurs été accentué par des craintes d’intervention de la Banque du Japon après des informations de presse faisant état qu’elle étudierait la possibilité d’un tel geste, afin d’enrayer la hausse du yen. Quant au sterling, il s’est légèrement effrité face au dollar en réaction principalement aux minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Ces dernières ont révélé que les neuf membres du comité s’étaient prononcés à l’unanimité le 8 avril pour une baisse des taux d’intérêt – ramenés alors à 5,25 % – tandis que les opérateurs pensaient que les sages avaient été plus divisés à ce sujet, ce qui laisse envisager de nouvelles baisses des taux britanniques, surtout après les mauvais chiffres de l’emploi, le mois dernier. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est négocié hier à New York, comme suit : – 1,0615 pour un euro contre 1,0625, la veille – 1,6060 pour un sterling contre 1,6100 – 1,8425 DM contre 1,8410 – 6,1785 FF contre 6,1730 – 1,5080 FS contre 1,5065 – 1 823,75 lires contre 1 821,50 – 119,70 yens contre 118,80. Bourse de Beyrouth : faible et délaissée Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth, toujours délaissée, s’est un peu ressentie hier de la baisse des actions des Ciments Libanais dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,18 % à 78,20 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 189,37 points. Quant à l’activité du marché, elle est restée très mince, ne dépassant pas quelque 70 182 actions d’une valeur globale de 297 360 dollars. Wall Street : confirmation de la hausse Quant à Wall Street, elle est repartie à la hausse hier après un départ en dents de scie. Elle a été soutenue par le rapport du FMI plus optimiste vis-à-vis de l’économie américaine, estimant qu’elle restait à même de tirer le reste du monde. De plus, la publication de très bons résultats trimestriels de sociétés américaines, comme Coca Cola, Kimberly Clark, Bristol Myers Squibb, Northrop Grumman, Compaq… a été bien accueillie par la communauté financière. En effet, tous les grands secteurs de cote ont bénéficié de ce climat fort favorable aux placements en actifs américains, notamment les sociétés de la haute technologie qui avaient payé le tribut de la rotation des capitaux au début de la semaine vers les valeurs cycliques. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a évolué entre un plus bas à 10 420,77 points et un plus haut à 10 553,65 points avant d’afficher en préclôture 10 519,00 points, en hausse de 70,45 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes à l’exception de Londres et de Zurich La plupart des Bourses européennes s’affichaient en hausse mercredi, soutenues par Wall Street où le Dow Jones a effacé ses pertes pour finir en hausse de 0,08 % mardi soir. Les places européennes bénéficiaient tout particulièrement de la reprise des valeurs technologiques, dans la foulée de la remontée de 2,73 % du Nasdaq la veille. Le CAC 40 à Paris prenait 0,90 %, le Xetra Dax des transactions électroniques à Francfort gagnait 1,45 %, Amsterdam avançait de 1,05 %, Bruxelles de 1,41 %, Madrid de 0,67 % et Milan de 0,60 %. Seuls le FTSE 100 de Londres et la Bourse suisse reculaient, respectivement de 0,14 et 0,46 %. «Il semblerait que l’on se dirige vers un léger rebond», a noté Matt Dennis (ABN Amro Bank). Il a souligné par ailleurs la désaffection des intervenants pour les valeurs cycliques, prisées ces derniers temps au détriment des valeurs dites de croissance, dans l’espoir d’une accélération de la croissance en Europe. «La baisse des chimiques et des valeurs liées à la construction ne m’étonne pas. Les investisseurs ont du mal à suivre leur évolution, en raison de leur grande volatilité», poursuivait Dennis. «Au vu des éléments macroéconomiques, ils n’ont aucune raison de délaisser les valeurs de croissance (pour les cycliques)». À Londres, Sema avançait de 5,14 %, Logica de 4,77 % et FI de 5,22 %. Sur le marché français, Cap Gemini s’adjugeait 4,44 %, Atos 6,35 % et STMicroelectronics 3,73 %. À Amsterdam, Baan prenait 1,33 %. Affecté par la chute du cours du brut, les valeurs pétrolières cédaient en revanche du terrain : BP Amoco lâchait 1,96 %, Shell 0,81 % à Londres et 1,15 % à Amsterdam. Tokyo : en forte baisse La Bourse de Tokyo a terminé mercredi en retrait de 1,2 %, après que le Fonds monétaire international (FMI) a revu en forte baisse ses prévisions pour l’économie japonaise cette année. L’indice Nikkei 225 a cédé 202,09 points, pour revenir à 16 495,02. L’indice élargi Topix a perdu 17,14 points, à 1 311,76. Le FMI a révisé en baisse de près d’un point ses prévisions pour le Japon et estime désormais que la deuxième économie mondiale devrait se contracter de 1,4 % au titre de l’année calendaire 1998. «Les investisseurs étrangers ont peut-être réalisé que l’économie japonaise ne faisait pas les progrès auxquels ils s’attendaient», a commenté Yukio Takahashi, de Wako Securities, «et leurs achats se sont ralentis en conséquence». Les investisseurs privés ont pris des bénéfices à la suite de gains récents, tandis que les institutions japonaises se sont tenues en retrait, leurs espérances d’un fort rebond s’étant réduites avec l’approche de la publication des résultats de sociétés, selon les courtiers.
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