Le village de Ploegsteert, tout près de la frontière belgo-française, vit au rythme de son jeune champion, Frank Vandenbroucke, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège. Accueilli en héros dimanche soir à son retour au village, VDB assure n’avoir jamais vu autant de monde ce jour-là devant L’Hostellerie de la Place, l’établissement que ses parents tiennent au centre de la bourgade. «C’est vrai qu’il y a toujours du monde quand je fais un résultat. Dès que je gagne une grande course, les gens sortent leurs drapeaux, des maillots de champion de Belgique, et ils viennent m’accueillir. Même quand je ne reviens pas, ils sont là. Mais, cette fois-ci, c’était vraiment spécial. La presse était là, l’engouement était franchement au-dessus de tout ce que j’ai déjà connu ici», reconnaît VDB. Un peu à l’écart, les yeux rougis par une nuit trop courte, Jean-Jacques, le père de Frank, mécanicien au sein de l’équipe Lotto, savoure: «Après le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, où il avait toujours roulé devant, je lui ai dit d’être un peu plus discret. Dans Liège, on ne l’a vu qu’aux moments essentiels, et voilà le résultat». Ces retours à Ploegsteert sont devenus une sorte de tradition pour le jeune champion. «C’est un peu le bout du monde, mais c’est un petit pays de cocagne», reconnaît son père Jean-Jacques. La famille réconciliée «Frank est très attaché à son environnement», renchérit Gilbert Deleu, le bourgmestre de l’entité de Comines, dont dépend Ploegsteert. «Ce village de 2 000 âmes est une grande famille. Tout le monde se connaît, il y a un grand esprit de solidarité. Je crois que Frank a besoin de cette ambiance. Lui et son épouse Clotilde font d’ailleurs construire une maison à quelques centaines de mètres d’ici», explique le bourgmestre, venu féliciter «VDB» au nom de la commune. À côté du bar, un fax est mis en évidence: «Bravo, bravo et encore bravo! Cette victoire est vraiment méritée... et en appelle beaucoup d’autres du même type. Jean-Luc (Vandenbroucke)». Ce message de son oncle, directeur sportif de l’équipe Lotto dans laquelle Frank a débuté chez les professionnels, l’a visiblement touché. «Il est même passé dimanche soir pour faire la fête avec nous. Les tensions qui étaient apparues quand il était mon directeur sportif font vraiment partie du passé», souligne le nouveau leader de la Coupe du monde. Calme, serein, tranquille, le coureur de l’équipe Cofidis a reconnu avoir peu dormi le soir de sa victoire : «J’ai arrosé ça, comme il se doit. C’est ma première victoire en Coupe du monde et, en plus, c’est un monument !» «Maintenant, je vais m’efforcer d’entretenir cette condition pour l’Amstel Gold Race, samedi. J’aimerais garder ce maillot de leader de la Coupe du monde jusqu’au bout. Pour l’instant, tout marche comme sur des roulettes», conclut le vainqueur de «La Doyenne». Dans les rues de Ploegsteert, les drapeaux belges qui pendent aux fenêtres ne sont pas prêts d’être décrochés. Affaire Festina : Richard Virenque et Willy Voet face à face Richard Virenque, devenu le héros malgré lui de l’affaire de dopage qui porte le nom de son ancienne équipe, Festina, sera confronté le 10 mai, dans le bureau du juge lillois Patrick Keil, à ses deux principaux accusateurs. M. Keil a, en effet, convoqué à cette date l’ancien roi de la montagne, son ancien directeur sportif chez Festina, Bruno Roussel, et son ancien soigneur, le Belge Willy Voet, a précisé mardi le premier procureur adjoint du parquet de Lille, Gérald Vinsonneau. Tous trois ont été mis en examen dans cette affaire qui ébranle le cyclisme professionnel depuis juillet dernier. Auparavant, le 6 mai, M. Roussel aura été confronté à deux autres mis en examen, Daniel Baal, président de la Fédération française de cyclisme (FFC), et Roger Legeay, vice-président de la FFC et président de la Ligue de cyclisme professionnel, a indiqué M. Vinsonneau. Entendu lundi à Lille par le juge Keil, Richard Virenque, mis en examen pour «complicité» dans le système de dopage existant au sein de l’ancienne formation Festina, a rejeté toutes les accusations portées contre lui, a indiqué son avocat Me Gilbert Collard. Analyse accablante C’est une attitude que le quadruple meilleur grimpeur du Tour de France maintient depuis son premier interrogatoire par le SRPJ de Lille à Lyon, les 23 et 24 juillet dernier, alors que la plupart de ses anciens équipiers, à l’exception notable de Pascal Hervé, avaient alors reconnu la prise d’Epo(érythropoïétine). Pourtant, l’analyse des prélèvements effectués à Lyon est considérée par la justice comme accablante pour le coureur français, aujourd’hui membre de l’équipe italienne Polti. Révélés fin novembre, les résultats des tests effectués par le laboratoire privé parisien Toxlab affirmaient que huit des coureurs Festina avaient absorbé de l’Epo. «L’ensemble des paramètres biologiques et des analyses démontrent scientifiquement que je ne me suis pas dopé», répliquait Virenque dans un communiqué, dès le 1er décembre. Il s’appuyait surtout sur le fait que son taux d’hématocrite, qui permet de soupçonner la prise d’Epo, était de 49,3 %, soit un niveau inférieur au seuil de 50 % admis par l’Union cycliste internationale. Mais les experts de Toxlab sont formels quant à la prise d’Epo. «Le taux d’hématrocrite seul ne suffit pas pour dire s’il y a eu prise d’Epo, c’est la combinaison de certains taux – fer, protéines, globules rouges... – qui permet de l’établir», a expliqué une source proche de l’enquête. Retrouvailles En fait, la mise en examen du coureur provençal n’a rien à voir avec les résultats de ces analyses, connus depuis longtemps. Le juge Keil a estimé qu’il pouvait être soupçonné de complicité de facilitation et d’incitation à l’usage et d’administration de produits dopants. En raison du secret de l’instruction, les motifs du juge ne sont pas connus. Mais, selon Me Collard, la mise en examen est basée «essentiellement sur les déclarations de Bruno Roussel». Le parquet de Lille estime que la décision du juge a été un peu hâtive. «La complicité implique la nécessité d’une attitude active», a souligné M. Vinsonneau, déclarant ne pas en trouver trace dans le dossier. Le 10 mai, Virenque devra faire face à ses deux accusateurs. Et Willy Voet, dont l’arrestation le 8 juillet à la frontière franco-belge a déclenché l’affaire, n’est pas tendre à l’égard de son ancien protégé. Selon lui, le coureur prenait de 90 à 100 doses d’Epo par an.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le village de Ploegsteert, tout près de la frontière belgo-française, vit au rythme de son jeune champion, Frank Vandenbroucke, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège. Accueilli en héros dimanche soir à son retour au village, VDB assure n’avoir jamais vu autant de monde ce jour-là devant L’Hostellerie de la Place, l’établissement que ses parents tiennent au centre de la bourgade. «C’est vrai qu’il y a toujours du monde quand je fais un résultat. Dès que je gagne une grande course, les gens sortent leurs drapeaux, des maillots de champion de Belgique, et ils viennent m’accueillir. Même quand je ne reviens pas, ils sont là. Mais, cette fois-ci, c’était vraiment spécial. La presse était là, l’engouement était franchement au-dessus de tout ce que j’ai déjà connu ici», reconnaît VDB. Un peu à...