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Actualités - Chronologie

Un bâtiment qui dérange depuis un siècle

Le Reichstag rénové, qui va redevenir lundi 19 avril le siège de la Chambre des députés à Berlin, incarne un siècle de drames et d’espoirs allemands, depuis son inauguration en 1894. Avant même de devenir le symbole des heures les plus sombres de l’histoire allemande, le Reichstag dérangeait déjà par son architecture monumentale, mêlant sans ménagement néo-Renaissance et néo-Baroque. Le «Parlement du Reich» était pourtant entré dans l’histoire par la grande porte. La proclamation de l’Empire allemand en 1871, après la victoire de la Prusse sur la France, avait conduit à la construction d’un nouveau bâtiment pour sa représentation populaire. L’empereur Guillaume II, qui n’appréciait guère l’éclat donné au pouvoir législatif par l’impressionnante coupole de verre du Reichstag, ne tarda pas à qualifier l’endroit de «maison des singes du Reich». Pendant la Première Guerre mondiale, le Reichstag devint la «centrale à mensonges». Pendant la République de Weimar, sa destruction fut envisagée. Un incendie criminel lui fut finalement fatal, quatre semaines après l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, dans la nuit du 27 au 28 février 1933. Nazis et communistes s’accusèrent mutuellement. Un militant communiste néerlandais, Marinus van der Lubbe, fut condamné à mort et exécuté sans que sa responsabilité soit formellement établie, tandis que l’un des dirigeants de l’Internationale communiste, le Bulgare Gueorgui Dimitrov, arrêté à Berlin, était finalement acquitté à l’issue d’un procès retentissant où il retourna l’accusation contre les nazis et en particulier Hermann Goering, président du Reichstag. Hitler prit prétexte de cet incendie pour anéantir la démocratie et persécuter ses adversaires politiques, notamment à gauche. Le Reichstag devint le symbole de la dictature nazie. Le Reichstag perdit dès lors sa fonction de siège du Parlement pour plus de 60 ans. Anéanti en 1945, reconstruit dans les années 60, il se retrouva coincé à l’intersection des secteurs Est et Ouest de Berlin, contre le Mur, côté Ouest. Il symbolisa alors l’espoir de la réunification allemande. Des concerts de rock, organisés sur son esplanade dans les années 80, devinrent autant de bouffées d’oxygène pour les jeunes Allemands de l’Est attroupés de l’autre côté du Mur. L’espoir s’est concrétisé dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, avec l’annonce de l’ouverture du Mur et l’effondrement de la RDA communiste.
Le Reichstag rénové, qui va redevenir lundi 19 avril le siège de la Chambre des députés à Berlin, incarne un siècle de drames et d’espoirs allemands, depuis son inauguration en 1894. Avant même de devenir le symbole des heures les plus sombres de l’histoire allemande, le Reichstag dérangeait déjà par son architecture monumentale, mêlant sans ménagement néo-Renaissance et néo-Baroque. Le «Parlement du Reich» était pourtant entré dans l’histoire par la grande porte. La proclamation de l’Empire allemand en 1871, après la victoire de la Prusse sur la France, avait conduit à la construction d’un nouveau bâtiment pour sa représentation populaire. L’empereur Guillaume II, qui n’appréciait guère l’éclat donné au pouvoir législatif par l’impressionnante coupole de verre du Reichstag, ne tarda pas à...