Le marché des changes de Beyrouth est demeuré stable hier, évoluant toujours au gré de l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue donc à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis déjà quatre mois. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de négocier le billet vert au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et souvent en dehors d’elle consécutivement au développement de son offre à ce niveau. Il a ainsi fluctué toute la journée tantôt entre 1 513,75 et 1 514,25 LL et tantôt entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires s’est un peu étoffé hier, dépassant 13 millions de dollars, dont une partie vendue par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre placée à l’achat et à la vente par les banques. Nette reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est ressaisi face aux autres principales devises hier, sur les marchés des changes internationaux, après la publication de données américaines confirmant la bonne santé du secteur manufacturier aux États-Unis. En effet, l’euro s’est sensiblement déprécié, tombant brièvement sous le seuil de 1,07 dollar pour la première fois depuis le début du mois et s’est rapproché de son record de faiblesse de 1,0680 dollar établi le 29 mars dernier. C’est ainsi qu’après un début de journée stable sur les places asiatiques, le billet vert a rebondi dans l’après-midi face au yen et à l’euro en Europe pour continuer sur sa lancée à New York, après la publication de l’indice d’activité de la banque de réserve de Philadelphie. Ce dernier a fait un bond à 26,4 points en avril contre 10,4 points le mois dernier, soit son plus haut niveau depuis septembre 1995, témoignant de la grande vigueur de l’économie américaine. Cela d’autant que selon cette banque plus de 39 % des manufacturiers faisaient état d’un accroissement de l’activité contre 13 % ayant noté un affaissement. Ces données, qui montrent que le secteur manufacturier aux États-Unis semble tenir le coup et résiste aux importations moins chères, ont tiré le dollar vers le haut, reléguant au second plan les informations qui avaient pesé sur sa tendance la veille selon lesquelles les plus grands assureurs-vie japonais allaient réduire de moitié leurs achats d’obligations étrangères. En outre, la bonne performance de Wall Street hier, après la publication de très bons résultats trimestriels de grandes sociétés américaines, a également aidé à soutenir le billet vert. Selon certains opérateurs, la progression du dollar face à l’euro a été facilitée par des rumeurs selon lesquelles le Premier ministre russe Evgueni Primakov serait amené à démissionner pour des raisons de santé. De plus, les opérateurs ne se faisaient pas d’illusion sur la capacité du yen à s’apprécier face au dollar. La devise nippone reste en effet déprimée par la morosité persistante de l’économie du Japon et par les craintes d’intervention des autorités nippones en cas d’appréciation trop forte du yen. La livre sterling, qui bénéficie depuis quelques jours d’un regain d’optimisme des investisseurs vis-à-vis de l’économie britannique après une série d’enquêtes de conjoncture positives, a dû également céder un peu de terrain face au dollar dans le sillage des autres grandes monnaies. C’est ainsi qu’à New York, le dollar s’est négocié sur un ton ferme, comme suit : – 1,0700 pour un euro contre 1,0800, la veille. – 1,6085 pour un sterling contre 1,6130. – 1,8280 DM contre 1,8110. – 6,1205 FF contre 6,0755. – 1,4985 FS contre 1,4855. – 1 809,65 lires contre 1 792,10. – 118,80 yens contre 118,70. Bourse de Beyrouth : c’est le statu quo Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a observé un statu quo hier après plusieurs journées de baisse continue, dans un climat dépourvu de motivations à l’achat comme à la vente d’actifs libanais. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 78,59 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 189,98 points. Cette évolution s’est produite hier dans un marché étriqué avec seulement 13 781 actions d’une valeur globale de 237 512 dollars. Wall Street : marché soutenu Par ailleurs, Wall Street a continué de baigner dans l’optimisme, passant d’un record à un autre après avoir franchi le seuil psychologique des 10 000 depuis deux semaines. La hausse a gagné hier les petites capitalisations qui restaient à la traîne et faisaient craindre à certains analystes une érosion de la base du marché. À cela auraient contribué les bons résultats publiés par les grandes entreprises américaines pour le premier trimestre 1999, dont Boeing, le premier avionneur mondial, Delta Air Lines, la 3e compagnie aérienne américaine, Ford Motors, Mattel, premier fabricant de jouets mondial, le groupe pharmaceutique Pfizer… Ces résultats, qui laissaient envisager une amélioration des bénéfices des autres sociétés, ont donc soutenu l’ensemble de la cote, tirant l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles d’un plus bas à 10 378,63 points à un plus haut à 10 487,97 points, avant d’afficher en préclôture 10 459,67 points, en nouvelle hausse de 48,01 points sur la veille. Le Kosovo et Wall Street pèsent sur les Bourses européennes Les marchés européens ont reculé jeudi, minés par la situation au Kosovo et les hésitations de Wall Street. Après une ouverture stable, Londres et Francfort ont oscillé autour du point zéro dans l’après-midi, alors que Paris affichait une baisse plus nette dans une atmosphère de nervosité accrue par les signaux contradictoires en provenance des États-Unis. Après le nouveau record enregistré mercredi le Dow Jones progressait légèrement alors que le composite du Nasdaq accentuait encore son recul de la veille. «Le marché tourne. On laisse la croissance pour aller vers la valeur», explique un intervenant. «Il y a de nombreux problèmes avec la Yougoslavie et l’on craint que la situation ne se détériore plus encore», a déclaré Amin Naser (Cantor Fritzgerald à Francfort). À Londres l’indice FTSE 100 a reculé de 0,4 % à 6 466,1 points dans un volume d’un milliard de titres. Déception pour Telekom Telekom, le titre le plus actif, a perdu 3,24 euros à 38,10 après avoir annoncé une baisse de 7 % de son chiffre d’affaires et une augmentation de capital pour cet été. À l’inverse BASF a progressé de 6,7 %. «Le secteur des télécoms est décevant avec ces chiffres», a commenté un opérateur. Les valeurs chimiques allemandes ont accru leur avance après le relèvement de la recommandation de la Banque Julius Baer à «surpondérer» contre «sous-pondérer». Paris a accusé la plus forte baisse des principales places européennes, avec un recul de 0,89 % du CAC 40 dû à un mouvement de rotation sectoriel des investisseurs. Tokyo : en baisse La Bourse de Tokyo a fluctué toute la journée de jeudi dans des marges étroites pour finir sur un recul modeste de 0,2 %, en l’absence de nouvelles incitations, selon des sources de marché. L’indice Nikkei 225 a cédé 37,60 points pour revenir à 16 727,08 pts, tandis que l’indice élargi Topix a perdu 5,42 points à 1 337,93 points.
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