Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier, au lendemain du long chômage pascal chez les communautés orthodoxes, dans un climat empreint de prudence et d’expectative. À cela aurait contribué l’appel lancé par la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL) à des manifestations la semaine prochaine en signe de protestation contre le relèvement de la fiscalité par le gouvernement dans le cadre de son projet de budget 1999. Mais grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, celui-ci a dû achever la journée au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant, les établissements de crédit de la place ont été amenés à négocier pratiquement le billet vert au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL en raison de la contraction de l’offre par moments. Il a, en effet, fluctué tantôt entre 1 513,00 et 1 514,00 LL et tantôt entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, dans un volume d’affaires très modéré, ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, en partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL. Reprise du dollar grâce à Wall Street et à la Yougoslavie À l’étranger, le dollar s’est repris face aux principales devises sur les marchés des changes internationaux au lendemain d’un nouveau record historique à la hausse de Wall Street et alors que la nouvelle d’une apparente incursion serbe dans le nord de l’Albanie maintenait l’euro sous pression. Le billet vert, qui avait souffert au début de la semaine des craintes d’une forte correction à la Bourse de New York consécutivement à l’avertissement lancé par Compaq sur ses bénéfices au premier trimestre 1999, s’est graduellement ressaisi hier après que Wall Street eut battu la veille, contre toute attente, un nouveau record de clôture pour le renforcer hier à l’ouverture. Ce changement de climat à Wall Street s’est conjugué hier à l’annonce d’une attaque militaire serbe en Albanie pour entraîner une réaction assez vive à la hausse du dollar des marchés qui craignent une escalade du conflit au Kosovo et une possible intervention militaire sur le terrain de l’Otan. Pourtant, après que la télévision albanaise eut annoncé que les forces serbes s’étaient retirées d’un village du nord de l’Albanie, l’euro s’est ensuite ressaisi sans pour autant renouer avec la hausse. Cela d’autant que le président Clinton faisait savoir dans la soirée que l’attaque aérienne des forces alliées contre la Yougoslavie allait passer à l’étape suivante avec plus d’avions dans la région. Quant au yen, il a fait preuve d’une assez bonne résistance face au dollar soutenu par les rapports mensuels de l’Agence de planification économique et de la Banque du Japon, publiés hier, laissant entrevoir une bonne tenue de l’économie japonaise. La livre sterling a profité pour sa part de la dernière étude du British Retail Consortium, l’organisation professionnelle des commerçants, qui a révélé une hausse de 3,9 % des ventes de détail au Royaume-Uni, le mois dernier. Cela étant, et compte tenu aussi de la publication de statistiques américaines conformes aux prévisions, dont la hausse de 0,2 % des ventes de détail et des prix à la consommation aux États-Unis en mars, le dollar s’est négocié à New York, sur un ton ferme, comme suit : – 1,0775 pour un euro contre 1,0820, la veille. – 1,6160 pour un sterling contre 1,6130. – 1,8150 DM contre 1,8075. – 6,0875 FF contre 6,0645. – 1,4900 FS contre 1,4845. – l 797,00 lires contre 1 788,90. – 119,95 yens contre 120,20. Bourse de Beyrouth : nouveau repli de Solidere Sur les places boursières, Beyrouth s’est davantage effritée hier, au lendemain du long chômage des Pâques orthodoxes, sous l’effet de la nouvelle baisse des actions Solidere des deux catégories «A» de 7 3/8 à 7 1/8 dollars et «B» de 7 3/8 à 7 1/4 dollars ainsi que du repli des actions nominatives des Ciments blancs et de celles de Lebanon Holdings. Quant aux valeurs bancaires, elles se sont toutes stabilisées dans un marché très calme et dépourvu de grandes initiatives. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises a reperdu 0,98 % à 78,65 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 189,98 points. Cette évolution s’est effectuée dans un volume d’affaires relativement en hausse mais toujours mince avec 101 980 actions d’une valeur globale de 577 204 dollars. Wall Street : confirmation de la hausse Wall Street a confirmé hier ses meilleures dispositions de la veille après que le marché eut passé outre, à la grande surprise des investisseurs, à l’avertissement de Compaq sur ses résultats financiers au premier trimestre 1999. L’annonce de statistiques économiques américaines conformes aux prévisions, dont la hausse de 0,2 % des ventes de détail et des prix à la consommation le mois dernier ainsi que d’un nouvel accroissement de l’indice de la Réserve d’Atlanta de 13,7 points en février à 14,3 points en mars, est venue soutenir la cote. Il en est de même de la publication de bons résultats trimestriels de plusieurs grandes sociétés cotées dont AlliedSignal, RJR Nabisco, Merrill Lynch… qui ont rassuré les opérateurs à leurs placements en actifs américains. En effet, les prises de bénéfices ont été contrebalancées par des achats à bon compte, faisant osciller l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles entre un plus bas à 10 316,47 points et un plus haut à 10 418,87 points, avant d’afficher en préclôture 10 377,25 points, en nouvelle hausse de 37,74 points sur la veille. Bourses européennes : sous le signe des bruits de bottes serbes La brève incursion militaire serbe en Albanie a freiné mardi l’élan des marchés européens, mais ne les a pas arrêtés, les investisseurs préférant s’intéresser à la hausse de Wall Street. . Les industries de base en vedette Sur les places boursières les industries de base – sidérurgie, automobile, chimie, commerce de détail, biens de consommation cycliques, alimentation et boissons – ont été particulièrement bien orientées, les investisseurs pariant sur une amélioration de l’économie en cours d’année. Les technologiques ont également rebondi après le vif recul enregistré lundi au vu des mises en garde de Compaq. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé sur un nouveau record à 4 367,41 points (+0,28 %), grâce à la fermeté de Wall Street. Mais les intervenants ont noté que le marché manifestait une certaine nervosité à propos des niveaux de valorisation atteints par certains titres et des risques de dérapage de la guerre au Kosovo. Tokyo : en hausse Soutenue par les nouveaux records de Wall Street, la Bourse de Tokyo a terminé mardi en hausse de 1,3 %, en dépit de prises de bénéfices en fin de séance qui ont rogné ses gains initiaux. L’indice Nikkei 225 a crû de 207,76 points pour finir à 16 715,16 pts, après avoir atteint un plus haut de 16 855,67 points. L’indice élargi Topix a pour sa part terminé en hausse de 15,54 points à 1 331,74 points. Environ 692 millions d’actions ont changé de mains, contre 603,6 millions lundi. «La Bourse de Tokyo a été soutenue par le record enregistré hier à New York», a indiqué Hiroichi Nishi, de Nikko Securities Co Ltd. Lundi, le Dow Jones Industrial Average a atteint un nouveau record, terminant à 10 339,51 points, en hausse de 165,67 points, soit 1,63 %. «Ce sont les investisseurs institutionnels japonais, tels que les fonds de pension, qui ont mené le marché, plus que les investisseurs étrangers», selon M. Nishi.
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