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Actualités - Chronologie

41 euros pour démarrer une nouvelle vie en Allemagne

Quelques mètres carrés, deux lits superposés, une armoire et un lavabo, c’est le paradis qu’ont découvert hier les premiers réfugiés kosovars arrivés en Allemagne, loin de la guerre, après avoir enduré le pire dans leur patrie. Épuisés, déprimés mais soulagés, 59 Albanais du Kosovo sont arrivés de Skopje à l’aéroport de Nuremberg (sud) : ces 20 femmes, 13 hommes et 26 enfants ont été les premiers des 10 000 réfugiés auxquels l’Allemagne a promis d’ouvrir ses frontières. À l’aube, hier, ils étaient un peu plus de 600 en Bavière. 600 autres devaient arriver en fin de journée à Hambourg, en Basse-Saxe (nord) et en Hesse (centre). «Ce que j’ai vu, je ne pourrai jamais l’oublier», raconte Shaban Kranici, quelques heures après avoir quitté l’Airbus de l’armée allemande. «Dans mon village, tout a brûlé, il n’y a plus que sept maisons qui appartiennent à la police serbe. Nous savons que ceux qui sont restés n’ont aucune chance». Un quadragénaire renchérit : «Quand je suis parti de chez moi, tout brûlait, la terre, tout, il y avait des corps calcinés et des bidons d’essence». Shaban Kracini n’a eu le temps d’emporter aucun bien. Peu de réfugiés présents y sont parvenus, en témoignent quelques rares sacs en plastique. Cinq minutes pour partir Quand l’avion de la Bundeswehr a atterri, les 59 premiers élus n’y ont pas cru : «Ils étaient si émus qu’ils ont pris dans leurs bras les soldats qui les accompagnaient et serré la main à tout l’équipage», rapporte un secouriste. Deux femmes ont été évacuées en ambulance pour : «Un pied foulé et des problèmes de circulation sanguine», selon un médecin. Les autorités locales ont tout fait pour alléger les formalités bureaucratiques. Pas de contrôle de passeports ou d’interrogatoire quelconque dans un premier temps. Des bus ont amené les réfugiés directement à leurs nouveaux logements pour un repas chaud. Les toilettes et la cuisine communes, les chambres au mobilier spartiate ne sont que provisoires: les réfugiés doivent être répartis dans toute la Bavière. Mais seulement dans quelques jours, le temps de souffler. Ils seront alors dotés d’un petit pécule mensuel de 41 euros (44 dollars) pour commencer en Allemagne leur nouvelle vie de «réfugiés de guerre» kosovars. Le jeune Ridvan Orbevtica combat ses larmes. Son frère est resté «là-bas», il ignore tout de son sort. Il a marché pendant deux semaines, après que les Serbes lui eurent intimé l’ordre de déguerpir. «Quand je me suis retourné, j’ai vu que les maisons brûlaient». «On a eu cinq minutes pour partir», témoigne une femme. «Ensuite, on a dû se cacher pendant cinq jours dans les montagnes». Un autre raconte comment la panique a gagné l’ensemble des réfugiés qui l’entouraient, quand les gardes-frontières macédoniens les ont refoulés à la frontière. Ni les hommes ni les femmes, encore moins les enfants, ne parviennent à effacer de leur mémoire les scènes dont ils ont été témoins. «Comment peut-on oublier, quand on assiste à la mort d’une mère lors d’un accouchement parce qu’aucun médecin n’a le droit de la secourir ?», lance un homme. Avant de fuir, «nous avons vécu comme des prisonniers, nous ne pouvions pas sortir de chez nous», poursuit-il. Un autre raconte comment il s’est enfui, pris de panique en voyant arriver les Serbes sur le pas de sa porte. «J’ai pensé aux massacres qui ont eu lieu avant et je me suis dit, ça y est, c’est mon tour».
Quelques mètres carrés, deux lits superposés, une armoire et un lavabo, c’est le paradis qu’ont découvert hier les premiers réfugiés kosovars arrivés en Allemagne, loin de la guerre, après avoir enduré le pire dans leur patrie. Épuisés, déprimés mais soulagés, 59 Albanais du Kosovo sont arrivés de Skopje à l’aéroport de Nuremberg (sud) : ces 20 femmes, 13 hommes et 26 enfants ont été les premiers des 10 000 réfugiés auxquels l’Allemagne a promis d’ouvrir ses frontières. À l’aube, hier, ils étaient un peu plus de 600 en Bavière. 600 autres devaient arriver en fin de journée à Hambourg, en Basse-Saxe (nord) et en Hesse (centre). «Ce que j’ai vu, je ne pourrai jamais l’oublier», raconte Shaban Kranici, quelques heures après avoir quitté l’Airbus de l’armée allemande. «Dans mon village,...