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Actualités - Chronologie

Moscou entretient le flou sur une éventuelle aide militaire à Milosévic

Moscou continue d’entretenir le flou sur une éventuelle aide militaire russe à la Yougoslavie, soucieuse de ménager à la fois son allié serbe et le soutien de l’Occident dont l’aide financière lui est indispensable. Aucune directive du président russe Boris Eltsine sur une aide militaire à la Yougoslavie n’a été reçue par le ministère de la Défense, a indiqué un haut responsable militaire russe, le général Leonid Ivachov, chef de la direction de la coopération internationale dans ce ministère. Mais le responsable s’est gardé d’exclure totalement une telle éventualité qui avait été jugée «possible» par le chef d’état-major de l’armée russe Anatoli Kvachnine. «Il faut savoir précisément de quelle aide veut parler» Milosevic, avait ajouté le général Kvachnine, soulignant que Moscou pouvait envoyer des conseillers, des hommes ou des armes. Le ministre de la Défense Igor Sergueïev s’est contenté de démentir une demande d’aide à la Russie du président yougoslave. Le quotidien russe Kommersant avait affirmé mercredi dernier, au lendemain de la rencontre Primakov-Milosovic à Belgrade, que le président yougoslave «attendait des armes de Moscou dont le soutien moral n’était pas suffisant». Selon l’agence Tanjug, M. Milosevic a réclamé une aide militaire à la Russie pour «défendre plus facilement» la Yougoslavie contre les attaques de l’Otan, lors d’une rencontre avec des parlementaires russes et bélarusses à Belgrade. Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov avait ouvert la porte à une telle possibilité en déclarant il y a une semaine que la Russie considérait toutes les résolutions de l’Onu sur la Yougoslavie, y comprise l’embargo sur les armes, comme annulées à la suite des bombardements de l’Otan. Les pressions sur le gouvernement russe pour qu’il livre des armes à la Yougoslavie se sont multipliées depuis le début de l’opération de l’Otan. Guennadi Ziouganov, le chef du Parti communiste russe, la première force à la Douma (Chambre basse), a souhaité que le gouvernement «fournisse d’urgence une assistance (à Belgrade) pour résister à l’agression», selon l’agence Interfax, recommandant «la fourniture d’équipement de défense antiaérienne moderne». Le maire de Moscou, Iouri Loujkov, l’un des candidats les plus sérieux à la présidentielle de l’an 2000, a également estimé que la Russie «devrait livrer des armes modernes à la Yougoslavie» dans le cas où l’Otan déciderait une opération terrestre contre ce pays. Washington a rapidement réagi à la demande d’aide yougoslave, affirmant que le gouvernement russe «commettrait une grave erreur» s’il aidait militairement Belgrade. «Nous leur avons clairement dit que ce serait une grave erreur de passer de la sympathie politique (envers les Serbes) à une assistance militaire quelconque», a déclaré le porte-parole du département d’État James Rubin. Cet avertissement n’est pas négligeable au moment ou la Russie, ruinée par la crise financière d’août dernier, négocie une reprise de l’aide du Fonds monétaire international (FMI), une organisation sous forte influence américaine. La seule mesure d’ordre purement militaire a été pour l’instant l’envoi d’un navire espion russe, le Liman, qui a quitté vendredi le port de Sébastopol (Ukraine) pour l’Adriatique. Moscou a dénoncé le bombardement du centre de Belgrade comme «un nouvel acte barbare» et Boris Eltsine a appelé le chancelier allemand Gerhard Schröder «à faire le maximum d’efforts pour arrêter le plus vite possible l’action de force de l’Otan contre la RFY».
Moscou continue d’entretenir le flou sur une éventuelle aide militaire russe à la Yougoslavie, soucieuse de ménager à la fois son allié serbe et le soutien de l’Occident dont l’aide financière lui est indispensable. Aucune directive du président russe Boris Eltsine sur une aide militaire à la Yougoslavie n’a été reçue par le ministère de la Défense, a indiqué un haut responsable militaire russe, le général Leonid Ivachov, chef de la direction de la coopération internationale dans ce ministère. Mais le responsable s’est gardé d’exclure totalement une telle éventualité qui avait été jugée «possible» par le chef d’état-major de l’armée russe Anatoli Kvachnine. «Il faut savoir précisément de quelle aide veut parler» Milosevic, avait ajouté le général Kvachnine, soulignant que Moscou pouvait...