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Actualités - Chronologie

La télé de Moscou moins émotionnelle qu'en Occident

Les télévisions russes, source essentielle d’information de l’opinion publique, reflètent la position proserbe de la classe politique russe, et gomment très largement l’aspect «émotionnel» du drame des bombardements ou des réfugiés du Kosovo. Certains intellectuels, peu nombreux, dénoncent une position «nationaliste et sans aucun recul historique» des télévisions, mais il n’existe pas de véritable débat public sur la couverture de la crise dans les médias. Jeudi matin, les journaux des deux grandes chaînes publiques nationales, ORT et RTR, n’accordaient pas un mot à la question des réfugiés. Le correspondant à Belgrade d’ORT commentait largement la «capture» de trois soldats américains, et diffusait un reportage sur l’évacuation des familles russes de Belgrade. Une mère russe en pleurs, son enfant sur les bras, racontait sa peur des bombardements. Les jours précédents, les deux chaînes publiques avaient commenté la «catastrophe humanitaire» en expliquant que les bombardements de l’Otan avaient provoqué l’exode des populations. «Je reconnais que les couvertures des médias russes et occidentaux sont différentes», indique le rédacteur en chef d’ORT responsable des correspondants à l’étranger, Pavel Cheremet, «pour la Russie, les Serbes sont des frères slaves. Les Russes sympathisent plus avec les Serbes et s’inquiètent des bombardements». La chaîne privée NTV, en revanche, présente depuis le début du conflit une image moins éloignée de celle des médias occidentaux. Un sujet sur les réfugiés du Kosovo jeudi donnait la parole à un Albanais, parlant de «purification ethnique» menée par les forces serbes. D’une façon générale, et selon une tradition bien ancrée en Russie, les télévisions donnent peu la parole à «l’homme de la rue», et ne cherchent pas à jouer sur la corde émotionnelle dans ce genre de crise. Les journalistes russes en poste à Belgrade ne montrent pas de populations terrorisées par les bombardements et énoncent sobrement les informations dont ils disposent. L’impression générale d’une couverture «proserbe» vient aussi, et surtout, du fait que les télévisions relaient les déclarations du président Boris Eltsine, du gouvernement et des parlementaires, unanimement et violemment antiOtan et antiaméricains.
Les télévisions russes, source essentielle d’information de l’opinion publique, reflètent la position proserbe de la classe politique russe, et gomment très largement l’aspect «émotionnel» du drame des bombardements ou des réfugiés du Kosovo. Certains intellectuels, peu nombreux, dénoncent une position «nationaliste et sans aucun recul historique» des télévisions, mais il n’existe pas de véritable débat public sur la couverture de la crise dans les médias. Jeudi matin, les journaux des deux grandes chaînes publiques nationales, ORT et RTR, n’accordaient pas un mot à la question des réfugiés. Le correspondant à Belgrade d’ORT commentait largement la «capture» de trois soldats américains, et diffusait un reportage sur l’évacuation des familles russes de Belgrade. Une mère russe en pleurs, son enfant...