Il ressort du dernier rapport du Pnud sur les jeunes au Liban, s’inscrivant dans le cadre des rapports annuels du Pnud sur le développement humain, que l’âge de mariage au Liban est l’un des plus élevé au monde. Parmi les principales causes évoquées pour expliquer ce phénomène figurent notamment la situation économique difficile que traverse le pays ainsi que la tendance des jeunes femmes à vouloir entamer leur carrière avant d’assumer des responsabilités familiales. Il est possible sur ce plan d’énumérer nombre d’autres facteurs, mais il suffit d’évoquer une raison essentielle avancée pour expliquer ce taux de nuptialité tardive: le Liban manque d’hommes en âge de se marier. Quand elle se marie, la Libanaise a en moyenne 28 ans. L’homme, lui, en a 31. En 1970, les couples mariés se formaient à un âge plus jeune: 23 ans pour les femmes et 29 ans pour les hommes. Le rapport du Pnud précise que «ce taux élevé est inhabituel». En effet, aux États-Unis il est de 25 ans pour les hommes et 23 ans pour les femmes. Dans les pays arabes, il varie entre 25 et 28 ans pour les hommes et 21 et 25 ans pour les femmes. Le Liban détient, de loin, la palme des pays arabes pour ce qui est du taux de nuptialité tardive. De plus, ce taux est le pus élevé au monde. L’âge du mariage diffère au Liban selon les régions. À Beyrouth, le taux de nuptialité tardive est plus élevé que la moyenne nationale : les hommes se marient en moyenne à 32 ans, les femmes à 29 ans. Au Nord et au Sud, ce taux est un peu plus bas que la moyenne. Le taux de nuptialité chez les jeunes Libanais est très faible : 4 pour mille. Aux États-Unis il est de 9.1 pour mille, au Royaume-Uni de 5.9 pour mille. Le Liban est classé, dans ce domaine, tout juste après la Suisse et la France. Derrière ces chiffres se cachent, on l’imagine, des difficultés financières et des mutations sociales. La situation économique du Liban ne permet pas aux jeunes, notamment les couples, à trouver un appartement à un prix abordable (première raison citée) ou un emploi susceptible de leur assurer un niveau de vie correct. Les jeunes femmes bénéficiant d’une éducation universitaire supérieure sont de plus en plus nombreuses à privilégier leur carrière au mariage. Cependant, le célibat des femmes est loin d’être un choix. Une étude universitaire récente démontre que l’âge idéal du mariage pour les femmes varie entre 22 et 25 ans, tandis que pour les hommes, il se situe entre 30 et 33 ans. Le développement de l’éducation au Liban contribue lui aussi à retarder l’âge du mariage. Rechercher un partenaire, pour les universitaires, commence à un âge tardif. Toutes proportions gardées, 79 % des hommes illettrés sont mariés tandis que 45 % des hommes détenant des diplômes universitaires vivent légalement en couple. Pour les femmes, ce taux atteint 84 % pour les illettrées et 35 % pour celles qui détiennent un diplôme universitaire. Des filles qui ne trouvent pas de partenaires L’une des causes les plus importantes de ces mariages tardifs réside, selon le rapport du Pnud, dans le manque d’hommes au Liban, le ratio des sexes étant inférieur à 1 (voir plus haut). L’émigration touche beaucoup plus les jeunes hommes que les jeunes femmes. Cela paraît évident en consultant le ratio de 0.95 pour la tranche d’âge des 25-29 ans. Pour chaque 10 femmes, il faut compter 9.5 hommes. Ce ratio est plus réduit pour la tranche d’âge des 30-34 ans, caractérisée par un ratio de 0.84. Ainsi, pour 10 femmes il existe 8.4 hommes. De plus, suivant la culture et les habitudes libanaises, les femmes épousent des hommes de cinq ans leurs aînés. Une autre comparaison devient évidente. Si l’on compare le nombre des femmes âgées entre 25 et 29 ans avec celui des hommes âgés entre 30 et 34 ans, on atteint un ratio réduit qui tombe à 0.7, soit 7 hommes pour 10 femmes. En d’autres termes, les femmes célibataires âgées entre 25 et 29 ans, ayant effectué des études universitaires supérieures et cherchant un partenaire de cinq ans leur aîné, ont moins de 70 % de chances de le trouver. Il faut souligner cependant que beaucoup d’émigrés libanais rentrent au pays pour se marier. Facteur qui augmente la chance des jeunes femmes de se trouver un époux. Dans le même ordre d’idées, il faut noter que les jeunes filles ayant effectué des études universitaires supérieures refusent de se marier avec des hommes qui n’ont pas suivi des études du même niveau. Le rapport qualifie de «problématique le mariage des jeunes femmes bénéficiant de diplômes universitaires supérieurs». «Certaines femmes resteront célibataires toute leur vie durant», indique le rapport. Le taux de nuptialité tardive joue un rôle primordial dans la baisse du taux général de fertilité qui varie, selon les mohafazats, de 2.07 enfants par femme (à Beyrouth) à 4.25 (au Liban-Nord). En 2015, ce taux devrait atteindre en moyenne 2.1 enfants par femme. Le taux de natalité, qui s’élevait à 35 naissances pour 1000 habitants en 1970, a baissé, pour atteindre en 1996 25 pour mille. Le taux de nuptialité tardive modifie également les structures familiales. En effet, les responsables de ménages âgés entre 15 et 19 ans sont inexistants. Seuls 1.3 % des ménages sont gérés par une personne ayant entre 20 et 24 ans.
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