Le dollar a entamé la semaine à Beyrouth sur un ton acheteur, dans un marché souffrant toujours de la réticence de l’offre. Ce phénomène a amené les établissements de crédit à négocier le billet vert à des cours proches du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenu en l’état à 1 514,00 LL comme le bas de cette fourchette à 1 501,00 LL En effet, le dollar, qui a clôturé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, a été traité sur le marché interbancaire en fin de journée entre 1 509,50 et 1 510,50 LL, après un départ entre 1 512,00 et 1 513,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans des volumes d’affaires très modérés, ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, entièrement échangés par les banques à l’achat et à la vente, dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. L’euro à un nouveau plus bas historique À l’étranger, l’euro a poursuivi sa glissade hier sur les marchés des changes internationaux, tombant par moments à un nouveau plus bas historique de 1,0035 dollar, alors qu’une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir la monnaie unique européenne semble écartée pour le moment. Le yen est pour sa part reparti à la hausse après un bref repli en début d’échanges sous l’effet d’une intervention de la Banque du Japon destinée à juguler son appréciation. L’évolution de l’euro en ce moment dépend essentiellement des différentes déclarations de responsables européens. Or ni le ministre français de l’Économie et des Finances, Christian Sautter, ni le président de la BCE, Wim Duisenberg, ne se sont montrés hier particulièrement inquiets face à la dépréciation de l’euro. M. Sautter a estimé que l’euro a un potentiel d’appréciation en raison des bonnes perspectives de croissance de l’économie européenne tandis que Wim Duisenberg a déclaré qu’il n’y aurait pas de réponse en termes «politique monétaire» de la BCE à la baisse de l’euro par rapport au dollar. Ces commentaires n’ont fait que confirmer le sentiment que la BCE n’a pas l’intention d’intervenir pour donner un coup de pouce à l’euro. Dans ce contexte, la parité exacte de l’euro avec le dollar est imminente, jugent la plupart des analystes. Une fois que ce niveau psychologique, qui agit un peu comme un aimant, aura été atteint, la dépréciation de l’euro sera limitée car le consensus général du marché est que sur les données essentiellement fondamentales, l’euro ne devrait pas être aussi bas, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Le yen a pour sa part très rapidement absorbé une intervention hier matin par la Banque du Japon visant à contrer son appréciation. Pourtant, cette intervention de la Banque du Japon a été totalement inefficace. Et à en croire les milieux cambistes, il est difficile de voir comment la Banque du Japon pourrait inverser toute seule l’appréciation du yen sans l’aide de la BCE ou de la Réserve fédérale américaine (Fed). Quant à la livre sterling, elle s’est légèrement dépréciée face au dollar mais elle a progressé face à l’euro. Les mouvements de la devise britannique sont restés toutefois limités, l’attention des cambistes étant focalisée sur les parités dollar/euro et dollar/yen. C’est dans ce contexte, que le billet vert est parvenu à se négocier à New York, sur un ton généralement ferme, comme suit : – 1,0095 pour un euro contre 1,0155, vendredi dernier – 1,6025 pour un sterling contre 1,6070 – 1,9375 DM contre 1,9260 – 6,4980 FF contre 6,4595 – 1,5875 FS contre 1,5790 – 1 918,05 lires contre 1 907,70 – 102,35 yens contre 101,65. Bourse de Beyrouth : stable Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est stabilisée en ce début de semaine après que toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions eurent reproduit leurs derniers cours de la semaine passée. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 74,28 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 177,00 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un volume d’affaires pratiquement mince avec 59 126 actions négociées d’une valeur globale de 136 171 dollars. Wall Street : début de semaine baissier Par ailleurs, Wall Street a commencé la semaine en baisse, malgré le record enregistré passagèrement par l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq soutenue par les valeurs de la haute technologie et des télécommunications. La hausse des rendements obligataires ont certes détourné les investisseurs des marchés d’actions, le taux d’intérêt sur l’obligation du Trésor américain à 30 ans, principale référence, s’affichant à 6,2820 % contre 6,2310 % vendredi dernier en clôture, soit son niveau le plus élevé depuis un mois. La remontée du dollar face à l’euro, attribuée à de meilleures perspectives de croissance aux États-Unis qu’en Europe, laissait craindre un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Fed pour lutter contre une éventuelle reprise de l’inflation face à la force de l’économie et l’étroitesse du marché de l’emploi. Cette perspective a donc dominé la tendance du marché américain malgré une statistique publiée hier montrant une baisse de 6,6 % en octobre des reventes de logements aux États-Unis, plus importante que ce qu’attendaient les analystes avec une prévision d’une baisse de 0,6 %. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a donc oscillé hier entre un plus haut à 10 987,73 points et un plus bas à 10 886,15 points, avant d’afficher en préclôture 10 934,77 points, en baisse de 54,14 points sur vendredi dernier. Irrégularité des Bourses européennes en clôture Les Bourses européennes ont clôturé hier sur une note irrégulière, la chute de l’euro à de nouveaux plus bas historiques face au dollar et au yen ayant entraîné le repli du marché obligataire. Ce contexte de double baisse de l’euro et des obligations a fait craindre que les récentes hausses aient tiré trop loin les évaluations des actions par rapport aux actifs à revenus fixes. Les industries de base, aidées par les espoirs de croissance économique en Europe dans les mois à venir, les technologiques et les valeurs du secteur de la presse se sont distinguées à la hausse alors que le commerce de détail, les banques et les services publics ont tiré le marché à la baisse. Pour Gary Dugan, (J.P. Morgan Investment Management) un nouvel accès de faiblesse de l’euro, qui serait par ailleurs bon pour les revenus des sociétés à l’étranger, ferait peser sur les obligations et les actions européennes une prime de risque qui les rendrait moins attrayantes pour les investisseurs étrangers. «Dans le passé, les investisseurs américains ont été dissuadés d’investir en Europe car ils ne savaient pas où allait la devise», se souvient-il. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a gagné 0,29 % après un pic à 1 465,06 points tandis que le STOXX 50 des blue chips perdait 0,38 % après un record à 4 415,9. Parmi les industries de base, Rio Tinto Plc a gagné 3,5 % grâce à une note d’étude positive de Dresdner Kleinwort Benson. Le groupe anglo-néerlandais Corus, numéro un européen de la sidérurgie et numéro trois mondial issu de la fusion d’Hoogovens et de British Steel, s’est adjugé 8,5 %. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,3 % lundi, sur des prises de bénéfices et dans un climat d’inquiétude dû à la fermeté du yen sur le marché des changes, et ce malgré l’intervention sous forme d’achat de dollars de la Banque du Japon, selon des opérateurs. L’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a reculé de 64,23 points à 18 850,27 points. L’indice élargi Topix a pour sa part gagné 15,86 points à 1 686,20. Le volume d’échanges s’est établi à 553 millions de titres, baisse par rapport aux 615 millions échangés vendredi. La force du yen a poussé les investisseurs à vendre leurs valeurs exportatrices, ont indiqué les opérateurs. Beaucoup d’entreprises japonaises sont à ce sujet expliqué la baisse de leurs profits dans les six mois précédant septembre par la hausse du yen et la chute des exportations qu’elle entraîne. La baisse du yen qui a suivi l’intervention de la Banque du Japon sur le marché a par la suite encouragé les investisseurs à reprendre leurs achats sur des valeurs vedettes porteuses comme Sony Corp., ont indiqué les opérateurs. À 15h00 locales (06h00 GMT), soit peu avant la clôture du marché, la monnaie japonaise s’échangeait à 103,65-68 yens pour un dollar, bien en dessous des 101,68 yens enregistrés vendredi soir à New York, au plus haut depuis décembre 1995. «Le (yen fort) n’a pas beaucoup pesé sur le cours des actions, les investisseurs ayant été apaisés par la force des marchés asiatiques, en particulier Hong Kong», a expliqué Tsuyoshi Segawa, analyste chez New Japan Securities. À Hong Kong, l’indice Hang Seng a terminé en hausse de 1,2 % à 15 461,11. «Mais le taux de change a pénalisé les mouvements de chasse aux bonnes affaires et a poussé les investisseurs à vendre leurs valeurs exportatrices», a ajouté M. Segawa. Les investisseurs «veulent voir à quel niveau se stabilisera le rapport (dollar-yen) en dehors d’éléments extraordinaires comme l’intervention (de la Banque du Japon)», a de son côté indiqué Kazunori Jinnai, analyste chez Daiwa Securities SB Capital Markets.
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