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Actualités - Chronologie

Revirement français en faveur de l'adhésion d'Ankara à l'UE

Le revirement de la France, décidée à faciliter l’entrée de Chypre dans l’Union européenne pour permettre ensuite celle de la Turquie, va aider puissamment la candidature d’Ankara au sommet européen d’Helsinki, estiment les diplomates et analystes. Ce sommet des 10-11 décembre doit statuer sur la proposition de la Commission de Bruxelles d’accepter la candidature de la Turquie, à laquelle, seule parmi les Quinze, la Grèce s’est opposée avec constance jusqu’ici. La levée des restrictions à l’entrée de la République de Chypre, une île coupée en deux depuis 25 ans, est la principale condition mise par la Grèce pour donner son accord de principe à l’entrée ultérieure du pays rival de la mer Égée dans l’UE. «Nous sommes prêts à affirmer qu’il ne peut pas y avoir de veto d’un pays candidat à l’adhésion d’un autre pays candidat», sous-entendu de veto turc à l’entrée de Chypre, a déclaré lundi soir à Athènes le ministre français des Affaires européennes Pierre Moscovici. «Je crois que c’est une position nouvelle de la part de la France», a ajouté le ministre après un entretien de plus d’une heure et demie avec le chef de la diplomatie grecque Georges Papandréou, qui suivait des entretiens avec les dirigeants turcs à Istanbul. Pour la première fois, Athènes s’est déclarée favorable au mois de septembre à l’intégration à terme de la Turquie dans la famille européenne, mais en posant des conditions. Ce virage d’Athènes a pris appui sur la solidarité entre Turcs et Grecs qui s’est concrétisée par une aide réciproque lors des séismes qui ont frappé les deux pays cet été. Parmi ces conditions, l’assurance que l’adhésion à l’UE de la République de Chypre, cousine hellénique de la Grèce, ne sera pas contrariée par l’occupation persistante d’une partie du territoire de l’île par la Turquie. Athènes voit dans cette adhésion une garantie de sécurité pour l’avenir. Or, la France voyait d’un mauvais œil l’entrée dans le giron européen d’un pays en proie à la partition. Avec l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, elle avait publié fin 1998 une mise en garde à ce sujet. Selon un diplomate français, «l’ensemble des partenaires de l’UE» est aujourd’hui à peu près sur la même (nouvelle) ligne. Ils estiment que dénier un droit de veto à la Turquie sur la candidature chypriote et ne pas garantir l’accession de Chypre à l’UE constitue «un puissant levier» pour que Chypriotes grecs et turcs parviennent à un règlement. Toutefois, et c’est aussi nouveau, si l’objectif d’une île réunifiée n’était pas atteint par la faute des Chypriotes-turcs et de la Turquie, Chypre pourrait malgré tout entrer dans l’UE, affirme-t-on de même source. La Grèce réclame également des garanties que la Turquie jouera le jeu de la coexistence pacifique en mer Égée, où des litiges territoriaux opposent les deux pays. De «dures négociations», selon le chef de la diplomatie grecque Georges Papandréou, sont donc en cours entre la Grèce et ses partenaires. Il s’agit, explique un diplomate français, de trouver un équilibre délicat entre «les assurances» à donner à Athènes et le souci d’éviter «des formulations humiliantes» pour la Turquie, qui ne doit pas apparaître comme un candidat admis sans être désiré. Le feu vert de la Grèce «n’est pas donné», a souligné mardi M. Papandréou. «Tout geste de la Turquie est bienvenu mais je veux souligner que nous sommes en faveur d’une amélioration substantielle dans la manière de faire face aux problèmes entre les deux pays et bien sûr sur Chypre, et non pas simplement de gestes symboliques», a-t-il dit.
Le revirement de la France, décidée à faciliter l’entrée de Chypre dans l’Union européenne pour permettre ensuite celle de la Turquie, va aider puissamment la candidature d’Ankara au sommet européen d’Helsinki, estiment les diplomates et analystes. Ce sommet des 10-11 décembre doit statuer sur la proposition de la Commission de Bruxelles d’accepter la candidature de la Turquie, à laquelle, seule parmi les Quinze, la Grèce s’est opposée avec constance jusqu’ici. La levée des restrictions à l’entrée de la République de Chypre, une île coupée en deux depuis 25 ans, est la principale condition mise par la Grèce pour donner son accord de principe à l’entrée ultérieure du pays rival de la mer Égée dans l’UE. «Nous sommes prêts à affirmer qu’il ne peut pas y avoir de veto d’un pays candidat à...