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Actualités - Chronologie

Timor-Oriental L'Onu reconnaît ne pas avoir anticipé la violence

Le chef de la mission qui a organisé le vote ayant abouti à l’indépendance du Timor a quitté hier cette ancienne province indonésienne en reconnaissant s’être trompé sur la détermination de l’armée de Djakarta à mener une politique de la terre brûlée. Dans sa conférence de presse d’adieu, Ian Martin a accusé les militaires indonésiens d’avoir participé directement à la vague de terreur et de violences qui a détruit l’immense majorité du territoire de cette ancienne colonie portugaise. «Non, nous n’avions pas du tout prévu le degré de violence généralisée qui serait atteint après la proclamation des résultats du vote», a déclaré Ian Martin. En qualité de chef de la mission des Nations unies pour le Timor-Oriental (Unamet), M. Martin a supervisé le vote sur l’indépendance du 30 août qui avait fait l’objet d’un accord international le 5 mai 1999. «Nous nous attendions à des actes de brutalité mais nous pensions qu’ils seraient limités et plus circonscrits et surtout qu’il y aurait une plus grande volonté pour les empêcher», a ajouté M. Martin. Deux fois retardé pour des questions soit de sécurité soit de logistique, cette consultation électorale avait connu une participation record de 98,5 % des électeurs inscrits. Presque 80 % d’entre eux avaient choisi l’indépendance plutôt qu’une formule d’autonomie au sein de l’Indonésie, pays qui avait envahi le Timor fraîchement indépendant en 1975. L’annonce du résultat par M. Martin le 4 septembre a déclenché une vague de violence qui a coûté la vie à des centaines d’Est-Timorais tandis que des centaines de milliers d’autres ont fui le pays. «Rétrospectivement, je pense qu’il y a deux choses sur lesquelles nous nous sommes trompés», reconnaît Ian Martin. «Notre première erreur a été de croire que, au fur et à mesure que le jour du vote approchait, les Indonésiens s’étaient faits peu à peu à l’idée que leur proposition d’autonomie allait être rejetée», explique M. Martin. «Depuis, nous nous sommes rendus compte que le résultat a constitué un choc véritable car une partie importante des Indonésiens, y compris au sein de la TNI (l’armée indonésienne), pensaient encore que le vote en faveur de l’autonomie allait l’emporter», ajoute-t-il. M. Martin explique également que l’Unamet a surestimé le degré de contrôle qu’exerçaient les dirigeants de Djakarta sur les opérations de maintien de l’ordre pour la période qui suivrait la proclamation du résultat du vote. «C’est dans cette mesure que nous avons sous-estimé la détermination de certains éléments de la TNI à mener une politique de la terre brûlée», explique-t-il. Mais en dépit de cette violence qui a coûté la vie à au moins cinq employés de l’Unamet, M. Martin souligne qu’il ne regrette pas les décisions prises à l’époque du vote. «J’ai le sentiment que quelque chose d’extrêmement important a été accompli et que le peuple est-timorais a exercé son droit à l’autodétermination. Rien ne peut désormais le leur retirer», ajoute-t-il. «Malgré toutes les souffrances qu’ils ont endurées c’est une épreuve qui a débouché sur une résultat», conclut-il.
Le chef de la mission qui a organisé le vote ayant abouti à l’indépendance du Timor a quitté hier cette ancienne province indonésienne en reconnaissant s’être trompé sur la détermination de l’armée de Djakarta à mener une politique de la terre brûlée. Dans sa conférence de presse d’adieu, Ian Martin a accusé les militaires indonésiens d’avoir participé directement à la vague de terreur et de violences qui a détruit l’immense majorité du territoire de cette ancienne colonie portugaise. «Non, nous n’avions pas du tout prévu le degré de violence généralisée qui serait atteint après la proclamation des résultats du vote», a déclaré Ian Martin. En qualité de chef de la mission des Nations unies pour le Timor-Oriental (Unamet), M. Martin a supervisé le vote sur l’indépendance du 30 août qui...