L’épouse du capitaine Gamil el-Battouti, le copilote de l’avion sinistré d’Egypt Air, s’est insurgée contre la thèse d’un crash suicidaire dont serait responsable son mari. «Qui peut croire que mon mari, qui a obtenu des attestations d’appréciation de l’École des pilotes et d’Egypt Air, qui a travaillé plus de 38 ans (à Egypt Air) et qui a formé la plupart des pilotes militaires et civils, aurait commis un suicide ?» s’exclame l’épouse de Battouti, Omaïma el-Dahi, dans une interview publiée par le quotidien Al-Gomhouriya. «Il était heureux dans sa vie de famille, et il avait accompli deux fois le devoir de pèlerinage (à La Mecque). Nous prévoyions d’emmener nos enfants (à La Mecque) dès son retour de ce voyage maudit», a-t-elle poursuivi. Elle indique, par ailleurs, que son mari avait effectué une réservation au centre médical de UCLA (Los Angeles) pour sa fille Aya, âgée de neuf ans, qui souffre d’un désordre du système immunitaire. «Il m’a assurée qu’il y avait un grand espoir de guérison» à son dernier appel, quelques heures avant d’embarquer à bord de l’avion, a-t-elle déclaré, ajoutant qu’ils comptaient se rendre tous les deux à Los Angeles en compagnie d’Aya. Réfutant également les rumeurs selon lesquelles le capitaine Battouti aurait été déprimé, Mme Battouti a révélé que son mari «avait organisé, avant son départ, une grande fête à l’occasion de la réussite de notre fils Mohamed à l’École de la police. Il était très heureux des succès de ses enfants». «Quatre jours avant le voyage, nous nous étions rendus à notre maison du Dix-Ramadan (banlieue du Caire) qu’il préparait pour y passer des moments de repos, après la retraite prévue l’année prochaine», a-t-elle ajouté, indiquant qu’elle défendrait jusqu’au bout la réputation de son époux. Interrogée sur son intention de prendre un avocat pour laver l’honneur de son époux, Mme Omaïma el-Dahi a déclaré : «Dieu est mon avocat». Elle a indiqué attendre «le rapport final de l’enquête avant d’agir». «Je ne laisserai pas passer cette affaire. Si je me tais, je trahis mon mari et je trahis aussi Egypt Air», a dit Mme el-Dahi, très émue, parlant avec peine et utilisant fréquemment des propos religieux. Elle a indiqué que son unique consolation était de savoir que son mari était «un martyr qui est maintenant auprès de Dieu». Le mufti d’Égypte, cheikh Nasr Farid Wassel, avait affirmé, dès l’annonce de la catastrophe du vol 990 le 31 octobre, que les victimes étaient élevées au rang de martyrs. D’autre part, la famille de Battouti s’est adressée à la police et à la direction d’Egypt Air pour réclamer une protection contre les journalistes étrangers qui ont «envahi leur demeure» depuis mardi dernier, selon la presse. La famille a appelé la salle des opérations d’Egypt Air, à l’aéroport du Caire, affirme le journal Al-Akhbar, demandant «une intervention urgente», et «les services de sécurité de l’aéroport ont été saisis de l’affaire». Des proches de Battouti ont affirmé qu’ils envisageraient d’intenter un procès à ceux qui ont évoqué le nom du pilote pour expliquer la catastrophe du Boeing 767 d’Egypt Air. Les médias américains avaient rapporté que, selon des informations qui auraient filtré de l’enquête, Battouti aurait provoqué la catastrophe pour se suicider, précisant que le pilote avait des problèmes financiers et qu’il était devenu «renfermé».
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