Pas moins de 8 000 ans se sont écoulés avant que des archéologues ne découvrent en 1969, à 25 km au sud-ouest de Damas, les plus anciens pressoirs à raisins. L’auteur de la Genèse (9, 20-21) n’affirme-t-il pas de façon convaincante : « Noé, le cultivateur, se mit à planter une vigne. Ayant bu du vin, il s’enivra... » Millénaire, l’histoire du vin ne peut que nous séduire. Les premiers renseignements concrets dont nous disposons nous viennent des sceaux cylindriques sumériens. Ces «labels de qualité» en marbre, en graphite ou en lapis-lazuli, servaient depuis le milieu du quatrième millénaire avant notre ère à appliquer sur les tonneaux de vin destinés au temple, un cachet qui en indiquait sa valeur. Le vin à ses origines La viticulture quitte l’Orient et se répand à travers la Méditerranée. Vers 3000 avant notre ère, les Phéniciens pratiquent un commerce intensif du vin. Dès 2800 avant JC, les Égyptiens en connaissent la fabrication et la longue conservation, comme en témoignent les impressionnantes peintures murales des tombeaux des anciens rois égyptiens, représentant une image des vendanges et du foulage du raisin dans des auges (1400 av. JC). Entre 2500 et 1700 av. JC, le commerce du vin est florissant en Mésopotamie, à tel point que les premières réglementations légales sur le vin apparaissent à ce moment. La viticulture proprement dite remonte à environ 1300 avant notre ère. C’est alors qu’en Grèce, on mentionne pour la première fois Dionysos (Bacchus), dieu de la vigne, du vin et du délire extatique dont le temple a été construit à proximité de Baalbeck. Quelque cent ans plus tôt, au royaume des Hittites, le vin sert de sacrifice d’action de grâce en l’honneur des dieux. Mais ce n’est qu’aux débuts de l’âge d’or de la Grèce antique qu’il prend, parmi les autres boissons et les produits de l’agriculture, sa place éminente. Vers 400 avant notre ère, le philosophe grec Platon décrit un “banquet”, repas commun entrecoupé de discours pleins d’esprit. Hippocrate, un des premiers médecins scientifiques de Grèce, ne peut manquer, à la même époque, de recommander l’usage modéré de vin. Dès 160 avant notre ère, le politicien romain Caton publie un traité sur la fabrication du vin. Mais c’est surtout à son savant compatriote Varron que nous devons une abondante littérature sur l’agriculture, datant d’environ 50 av. JC. Dans son ouvrage De re rustica, Columelle décrit en l’an 60 de notre ère la viticulture de son époque. Peu de temps après, Pline le confirme dans son célèbre ouvrage Histoire naturelle. Depuis, on cultive la vigne dans toute l’Europe, Charlemagne en est un des promoteurs. Vers 1100, de nombreuses villes importantes sont fondées développant le commerce du vin, Bordeaux en est l’une d’elles. Étymologie et définition du mot vin Le mot vin remonte à 2300 ans au moins. On le rencontre déjà dans les écrits datant de la fin de l’âge du Bronze (1400 av. JC). Un terme correspondant «yine» apparaît dans les textes cunéiformes d’Ougarit (Ras-Shamra). Les habitants de cette ancienne ville remplacent, au début d’un mot, le w par y et prononcent probablement «yaïnou». Le poète grec Homère (800 av. JC) se sert, tout comme d’autres auteurs de l’Antiquité, du terme «(w)oinos», (la terminaison «os» est souvent rencontrée dans les mots grecs). Il ne fait aucun doute que ce mot désigne le jus fermenté du raisin frais. La description détaillée qu’Homère nous donne des vignes de son époque, de la fabrication du vin et du plaisir qu’il procure, nous le confirme. Aujourd’hui, dans beaucoup de langues, le mot «vin» est presque identique : «wine» en anglais, «wein» en allemand, «vino» en italien et espagnol et «vinho» en portugais. La plupart des grands pays producteurs de vin reconnaissent la définition donnée par l’Office international de la vigne et du vin (OIV) : «Le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique du raisin frais ou du moût de raisin». Les amoureux du vin ne pourraient se limiter à une brève définition du vin et une subdivision des crus les plus importants. Huit mille ans d’histoire ont fait du vin un bien culturel sans pareil. Des millions d’hommes vivent aujourd’hui de la viticulture et du commerce du vin. La production de vin s’est considérablement intensifiée, si bien que ce produit gagne une importance croissante dans l’économie de nombreux pays, dont le nôtre. En effet, le vin doit sa position extraordinaire au fait qu’il est, de toutes les boissons du monde, la plus individualisée et la plus attrayante.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pas moins de 8 000 ans se sont écoulés avant que des archéologues ne découvrent en 1969, à 25 km au sud-ouest de Damas, les plus anciens pressoirs à raisins. L’auteur de la Genèse (9, 20-21) n’affirme-t-il pas de façon convaincante : « Noé, le cultivateur, se mit à planter une vigne. Ayant bu du vin, il s’enivra... » Millénaire, l’histoire du vin ne peut que nous séduire. Les premiers renseignements concrets dont nous disposons nous viennent des sceaux cylindriques sumériens. Ces «labels de qualité» en marbre, en graphite ou en lapis-lazuli, servaient depuis le milieu du quatrième millénaire avant notre ère à appliquer sur les tonneaux de vin destinés au temple, un cachet qui en indiquait sa valeur. Le vin à ses origines La viticulture quitte l’Orient et se répand à travers la Méditerranée. Vers...