Les sept médailles d’or remportées en 1972 par l’Américain Mark Spitz aux Jeux olympiques de Munich, exploit unique dans l’histoire de la natation et du sport, sont la conséquence d’une revanche. Il faut remonter à l’année 1967 pour trouver l’explication. Inspiré par les performances de son compatriote Don Schollander à Tokyo en 1964, son ambition est de dépasser le maître et au lendemain d’un record du monde qu’il bat sur 400 m, il déclare sans plaisanter qu’il ira aux Jeux de Mexico en 1968 pour gagner six titres. Mais le résultat n’est pas à la hauteur de ses espérances : deux médailles d’or en relais, aucune en individuel. Critiqué à son retour au pays, l’échec est douloureusement ressenti par le nageur de Santa Clara et sa famille qui a fait beaucoup de sacrifices pour lui offrir les meilleures conditions d’entrainement. Vexé, le présomptueux Californien ne s’avoue pas battu. À 18 ans (il est né le 10 février 1950 à Modesto), il redouble d’efforts à l’Université d’Indiana et chez lui à Sacramento, sous la conduite de Sherman Shavoor, son premier entraîneur, et de James Counsilman. Avec toujours l’objectif en tête de remporter le maximum de médailles d’or quatre ans plus tard... Son opiniâtreté paie. À 22 ans, Mark Spitz, superbe athlète (1,83 m - 77 kg) au sommet de sa forme, entre dans la légende. À Munich, il gagne sept médailles d’or en signant autant de records du monde! Du 28 août au 4 septembre 1972, il remporte le 200 m papillon (2:00.70), le relais 4x100 m (3:26.42), le 200 m libre (1:52.78), le 100 m papillon (54.27), le relais 4x200 m (7:35.78), le 100 m libre (51.22) et enfin le relais 4x100 libre (3:48.18). L’objectif est cette fois atteint. Mark Spitz tient sa revanche. Au soir de son éblouissant succès, il n’hésite pas un seul instant en annonçant la fin de sa carrière sportive riche d’un total de neuf médailles d’or olympiques, deux à Mexico et sept à Munich, soit aussi bien que le champion finlandais d’athlétisme Paavo Nurmi, et de 32 records du monde. Quelques heures plus tard, il quitte la ville bavaroise escorté de représentants du FBI, qui craignent pour sa personne en raison de ses origines juives, après l’intervention dramatique, la nuit précédente, d’un commando palestinien dans le pavillon israélien du village olympique.
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