Acquitté au terme d’un procès spectaculaire au Sénat en liaison avec l’affaire Lewinsky, Bill Clinton termine son second mandat avec une autorité affaiblie et un vice-président, Al Gore, cherchant à le tenir à distance pour préserver ses chances dans la course à la Maison-Blanche de l’an 2000. M. Clinton peut certes s’enorgueillir d’un bilan économique sans précédent qui a apporté à l’Amérique depuis trois ans une santé économique éclatante marquée par une croissance insolente, le quasi plein emploi et une inflation muselée. Il peut également se targuer d’avoir fait plier la Yougoslavie dans le conflit du Kosovo, d’avoir joué un rôle moteur dans le règlement du conflit nord-irlandais et d’avoir relancé les chances de la paix au Proche-Orient, tant sur le volet palestinien que le volet syrien. Mais M. Clinton a également vu son pouvoir s’effriter avec deux récents camouflets retentissants en politique internationale : le rejet par le Sénat de la ratification du traité sur l’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT) et l’échec à Seattle du lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales mondiales, que d’aucuns à la Maison-Blanche souhaitaient déjà baptiser le «Clinton Round». Au plan intérieur, le président a réussi à sauver les meubles dans l’interminable bataille budgétaire qui a duré tout l’automne, arrachant in extremis nombre de crédits que lui refusait la majorité parlementaire républicaine pour ses programmes favoris. Mais malgré tous ses efforts, il n’a pas réussi à convaincre le Congrès d’engager les réformes nécessaires pour assurer la viabilité durant les prochaines décennies des caisses de retraite fédérale et de l’assurance médicale vieillesse, menacées à terme de faillite par le «papy-boom». Il a également échoué à durcir les contrôles sur les ventes d’armes, ou à augmenter le salaire minimum. Sauf rares exceptions, la paralysie du pouvoir en place représente une constante tous les quatre ans à l’approche de l’élection présidentielle aux États-Unis. Mais dans le cas de Bill Clinton, le phénomène s’est amplifié. Les relations très conflictuelles entre le président et la majorité parlementaire républicaine ont été aggravées par le procès en destitution engagé contre un président englué pendant plus d’un an dans les révélations sur sa liaison avec une ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky. S’il a réussi en définitive à se maintenir au pouvoir, Bill Clinton n’est pas sorti indemne du scandale comme en témoignent les sondages. 60 % des Américains approuvent sa conduite des affaires du pays, mais environ 50 % continuent à désapprouver sa conduite personnelle et ont hâte de tourner la page. La lassitude des électeurs à l’égard d’un président marqué par les vrais ou faux scandales constituera d’ailleurs l’un des principaux facteurs des grandes échéances électorales de novembre 2000. Pour préserver les chances démocrates dans la course à la Maison-Blanche et éviter le syndrome Lewinsky, le vice-président Al Gore a pris ses distances vis-à-vis de Bill Clinton. Le plus souvent, il n’en prononce le nom dans les réunions électorales que pour critiquer sa conduite dans le scandale. Bien qu’officiellement il s’en défende, cette attitude aurait selon des rumeurs insistantes à la Maison-Blanche profondément blessé Bill Clinton, qui avait établi des relations très étroites avec son vice-président. Ils ne se croisent plus que rarement. Leurs déjeuners hebdomadaires ont cessé en août dernier.
Acquitté au terme d’un procès spectaculaire au Sénat en liaison avec l’affaire Lewinsky, Bill Clinton termine son second mandat avec une autorité affaiblie et un vice-président, Al Gore, cherchant à le tenir à distance pour préserver ses chances dans la course à la Maison-Blanche de l’an 2000. M. Clinton peut certes s’enorgueillir d’un bilan économique sans précédent qui a apporté à l’Amérique depuis trois ans une santé économique éclatante marquée par une croissance insolente, le quasi plein emploi et une inflation muselée. Il peut également se targuer d’avoir fait plier la Yougoslavie dans le conflit du Kosovo, d’avoir joué un rôle moteur dans le règlement du conflit nord-irlandais et d’avoir relancé les chances de la paix au Proche-Orient, tant sur le volet palestinien que le volet syrien....
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.