La croissance chinoise s’est ralentie cette année pour la septième année consécutive, la reprise des exportations ayant été insuffisante pour accélérer l’activité, en proie à un tassement de l’investissement. Selon des chiffres provisoires, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 7,1 % cette année contre 7,8 % l’an dernier, soit le score le plus faible depuis 1991, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS) dans un communiqué. À 8 319 milliards de yuans (1 002 mds USD), le PIB s’est inscrit tout juste au-dessus de l’objectif du gouvernement d’atteindre une croissance d’au moins 7 %. Le taux de croissance n’a cessé de baisser en Chine depuis 1992, lorsqu’il atteignait 14,2 %. La croissance du PIB s’est également tassée sur l’année, passant de 8,3 % au premier trimestre à 7,1 % au deuxième et 7 % au troisième. Le BNS n’a pas fourni de chiffre pour le dernier trimestre, mais la croissance s’inscrit mathématiquement à 6 % pour les trois derniers mois, compte tenu du score de l’ensemble de l’année. Le résultat de 1999 paraît décevant par rapport aux récentes prévisions de la presse officielle qui annonçait encore la semaine dernière un chiffre de 7,3 %. Selon Hu Biliang, économiste à la maison de courtage SG Securities, le recul de l’investissement total (7,8 % au lieu de 15,1 % en 1998) est la principale cause du ralentissement de la croissance cette année. La baisse de l’investissement n’a pas été compensée par la reprise des exportations, qui se sont pourtant redressées de 6 % contre 0,5 % en 1998. Les importations ont en effet augmenté de 18 %, aux dépens de l’excédent commercial chinois qui a fondu de 31 % à 30 milliards de dollars. Le BNS n’a pas fourni de chiffres pour l’investissement étranger, mais ce poste était en retrait de 6,8 % sur les neuf premiers mois de l’année. Signe d’espoir, les exportations de la Chine se sont vigoureusement redressées en cours d’année, atteignant un pic de 29 % en novembre, après un premier semestre négatif (-4,6 %). Les exportations, moteur traditionnel de la croissance, ont profité de la reprise économique en Asie après la crise financière de juillet 1997. Mais la consommation est restée molle (+6,8 % pour les ventes de détail), accentuant la déflation apparue à la fin de 1997. L’indice des prix à la consommation a reculé de 1,3 %, contre -0,8 % en 1998. L’indice des prix de détail, qui n’inclut pas le prix des services, a pour sa part diminué de 2,9 %, contre 2,6 % l’an dernier. Pour l’an prochain, les économistes s’attendent en général à une accélération de la croissance. «Nous prévoyons une hausse de 7,6 % du PIB», a indiqué M. Hu. Selon lui, les efforts de rentabilisation du secteur public devraient en effet commencer à porter leurs fruits, après trois années d’une restructuration intensive qui a vu près de 30 millions de salariés perdre leur poste. «Déjà cette année, la qualité de la croissance s’est fortement améliorée : les stocks sont en baisse et les bénéfices des entreprises d’État devraient augmenter de 60 %», a-t-il relevé. L’an dernier, le gouvernement avait investi des sommes considérables dans les infrastructures, gonflant la croissance avec des projets d’une utilité économique parfois discutable. En l’an 2000, l’adhésion en vue de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait stimuler l’investissement étranger ainsi que les exportations, a ajouté l’économiste.
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