Le dollar a été activement recherché, à Beyrouth, en cette avant-dernière semaine de l’année à des fins commerciales et d’ajustement de comptes initialement libellés en cette monnaie à la veille de l’échéance annuelle. Pourtant, le potentiel de l’offre du marché est resté limité vraisemblablement pour les mêmes raisons de clôture des comptes de fin d’année. Mais l’action de la Banque du Liban (BDL), qui s’est déclarée prête tous les jours à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL pour prévenir tout déséquilibre entre l’offre et la demande, est venue stimuler l’offre en cette monnaie au haut de cette fourchette d’intervention. C’est ainsi que le dollar, qui a été fixé quotidiennement de lundi à vendredi par la BDL au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, devait être pratiquement négocié à des cours sensiblement supérieurs à ce niveau, et finalement entre 1 512,00 et 1 513,00 LL, contre 1 509,50 et 1 510,50 LL à la fin de la semaine dernière, soit en légère hausse de 0,17 % en moyenne. Le billet vert avait toutefois ouvert, lundi dernier, entre 1 509,00 et 1 510,00 LL pour remonter à 1 512,00 / 1 513,00 LL ensuite, dans un marché modérément nourri avec un volume d’affaires sur la semaine de quelque cinquante millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans des transactions équilibrées sans aucune intervention de la BDL. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger L’euro n’a pratiquement pas bougé cette semaine sur les marchés des changes internationaux, les cambistes semblant avoir bouclé leurs positions avant de partir en vacances à la veille des fêtes de Noël et de fin d’année, tandis que le yen a tenté une nouvelle poussée face au dollar, avant d’être freiné hier par la Banque du Japon. Comme chaque année à la veille des fêtes, les échanges se sont fait des plus minces à l’approche du 25 décembre, et les investisseurs n’ont même pas réagi à la dernière décision de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) ou aux chiffres pourtant bons sur la croissance des États-Unis. Comme prévu, la Fed avait décidé mardi de laisser ses taux d’intérêt directeurs inchangés à 5,50 %, et d’adopter une directive neutre en matière de politique monétaire, notamment en raison des incertitudes sur les marchés liées au changement de date de la fin de siècle avec le bogue de l’an 2000. Cette décision n’a pas eu d’effet sensible sur le marché des actions américain et a donc laissé le dollar indifférent. Le marché a également largement ignoré les chiffres américains sur la croissance du produit intérieur brut (PIB) américain qui s’est élevée à 5,7 % en rythme annuel au troisième trimestre par rapport au second contre 5,5 % prévus précédemment. La monnaie unique européenne a ainsi oscillé autour de 1,01 dollar, terminant la semaine au-dessus de ce seuil mais sans conviction. Les dernières déclarations de responsables européens n’ont fait aucun remous. Pourtant, celles de Otmar Issing, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), avaient de quoi effrayer les investisseurs. Dans un entretien au quotidien Die Welt, paru mardi dernier, M. Issing a estimé que les interventions sur les marchés des changes ne peuvent réussir que si elles sont coordonnées et interviennent au bon moment. Wim Duisenberg, le président de la BCE, a de son côté renouvelé sa confiance en la monnaie unique européenne , à la veille de son premier anniversaire. Il a affirmé que la dépréciation de la valeur externe de l’euro ne signifie pas qu’il soit une devise faible, dans un entretien à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, mardi dernier. C’est donc la devise japonaise qui s’est distinguée cette semaine sur les marchés des changes internationaux puisqu’elle a flirté la veille avec son plus haut niveau de l’année de 101,25 yens pour un dollar. L’appréciation de la devise nippone a été due davantage aux faibles liquidités, qui ont accentué ses fluctuations, qu’à des facteurs fondamentaux, ont indiqué les cambistes. Mais la Banque du Japon a rapidement coupé court à la progression de sa monnaie en intervenant hier sur le marché de Tokyo pour tenter de la ramener vers les 103 yens pour un dollar. Selon la plupart des analystes, le geste de la banque centrale nippone ne parviendra cependant pas à inverser la tendance à la hausse du yen. Ainsi, malgré l’initiative de la Banque du Japon, le dollar a terminé la semaine en repli face au yen. La livre sterling s’est quant à elle appréciée face au dollar mais est restée stable face à l’euro. Elle n’a pas souffert d’une légère révision à la baisse de la croissance du PIB britannique qui a finalement été de 0,8 % au troisième trimestre par rapport au deuxième trimestre contre une première estimation de 0,9 %. Le sterling est resté soutenu par la perspective d’une augmentation des taux d’intérêt britanniques l’année prochaine. Ce sentiment a été renforcé mercredi par les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. C’est dans ce contexte, que le dollar a achevé la semaine hier, à Londres, sur un ton un peu faible, comme suit : – 1,0132 pour un euro contre 1,0080, à la fin de la semaine dernière, à New York – 1,6160 pour un sterling contre 1,6050 – 1,9305 DM contre 1,9400 – 6,4745 FF contre 6,5065 – 1,5850 FS contre 1,5900 – 1 911,05 lires contre 1 920,50 – 103,02 yens contre 103,25. Bourse de Beyrouth : poursuite de la hausse La Bourse de Beyrouth a connu une semaine encore faste sous le double rapport de l’évolution des cours et de l’activité de la cote. De fait, le marché des valeurs mobilières libanaises continuait à être fortement soutenu par le regain d’intérêt manifesté pour les actions de Solidere qui sont remontées de 7 1/2 dollars à 8,00 dollars pour la catégorie A et à 8 3/8 dollars pour la catégorie B, à un moment où les actions C de la Byblos Bank opéraient une reprise à 2 3/8 dollars contre 2 1/16 dollars à la fin de la semaine dernière. Cela étant, et compte tenue de la stabilité des autres valeurs de la cote, à l’exception des Ciments blancs au porteur, l’indice général de toutes les valeurs libanaises cotées Lispi a regagné 1,86 % à 76,66 points contre 75,26 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est adjugé 0,57 % à 177,81 points contre 176,80 points pendant la même période. Cette reprise de la cote s’est accompagnée d’une activité relativement nourrie cette semaine avec 244 964 actions d’une valeur globale de 1 042 128 dollars conte 130 875 actions d’une valeur globale de 824 299 dollars la semaine dernière. Wall Street : les indices terminent sur des records Wall Street a abordé la trêve de Noël en excellente disposition, ses principaux indices ayant battu leurs records vendredi et terminant la semaine sur un gain de 1,37 % pour le Djia, de 5,77 % pour le composite Nasdaq et de 2,64 % pour le Standard and Poor’s 500. En chiffres absolus, ces trois indices ont terminé respectivement à 11 405,76 points, 3 969,44 points et 1 458,48 points, soit des niveaux records historiques en clôture. L’indice composite du Nasdaq a même franchi brièvement la barre des 4 000 points jeudi en cours de séance, avant de subir quelques prises de bénéfices. Alors qu’il reste une semaine avant le 31 décembre, la progression du Djia est de 24,22 % depuis le début de l’année, celle du SP 500 de 18,64 % alors que le Nasdaq affiche un phénoménal gain de 81 % après avoir progressé de 48 % ces deux derniers mois. Le seul perdant est le marché obligataire qui a poursuivi son mouvement de repli. Le rendement de l’obligation du Trésor à 30 ans, principale référence a terminé jeudi à 6,477 %, soit dix points de base de plus que la semaine précédente et 45 points de base par rapport au 15 novembre. Ce rendement, qui évolue à l’inverse du prix des obligations, est à son plus haut niveau de ces deux dernières années. «Le marché obligataire reste convaincu que la Banque fédérale de réserve va remonter ses taux début février et craint que davantage qu’une seule hausse soit nécessaire l’année prochaine», a souligné Lynn Reaser, économiste de Bank of America. Le marché d’actions se montre beaucoup moins déprimé par cette perspective, mais «la semaine à venir peut se montrer moins réjouissante, car les investisseurs vont probablement prendre des bénéfices et se montrer prudents avant le changement d’année», a estimé l’économiste qui souligne toutefois qu’une correction n’est pas à craindre car «les données fondamentales de l’économie restent très solides». Le volume des échanges s’est maintenu à la Bourse de New York avec 4,8 milliards de titres échangés sur quatre séances, pour plus de 5 milliards sur cinq séances la semaine précédente. Il s’est résolument maintenu au-dessus des 5,5 milliards sur la bourse électronique Nasdaq. Champagne aux autres Bourses Sur les autres grandes Bourses, Londres, Francfort et Paris ont bondi cette semaine à leurs plus hauts niveaux historiques, dans des marchés étroits à l’approche des fêtes de Noël et de fin d’année. Après un démarrage prudent dans l’attente de la décision de la Fed américaine, qui a maintenu ses taux en l’état mardi dernier, les marchés européens se sont laissés griser par la hausse fulgurante du Nasdaq. En effet, les valeurs technologiques ont tenu la vedette ainsi que les télécoms et les banques, faisant bondir l’Extra Dax à Francfort à 6 782,39 points contre 6 353,90 points à la fin de la semaine dernière (+ 6,74 %), le CAC 40 à Paris à 5 852,50 points contre 5 502,40 points (+ 6,36 % ), le Footsie à Londres à 6 806,50 points contre 6 724,60 points (+ 1,22 %), alors qu’à Tokyo, le Nikkei s’est adjugé d’une huitaine à l’autre 3,87 % à 18 584,95 points contre 18 095,12 points.
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