OPA et contre OPA, options d’achats et surenchères : le mouvement de concentration fait rage dans les télécoms, où les principaux acteurs prennent position comme dans un monopoly. La fièvre d’acquisition touche particulièrement les mobiles, qui connaissent une véritable explosion. Le constructeur Nokia vient d’annoncer qu’il tablait désormais sur un milliard d’abonnés au téléphone mobile d’ici à la fin de 2002 dans le monde, contre environ 450 millions à la fin de cette année. Il prévoyait d’atteindre le milliard seulement en 2003. En 20 ans, le téléphone portable a conquis plus de la moitié des habitants des pays scandinaves, un tiers des Européens, un quart des Américains et le potentiel est immense. Le néerlandais KPN expliquait son intérêt pour E-Plus par la pénétration «relativement faible» du téléphone mobile en Allemagne avec 23 % contre 33 % pour la moyenne européenne, ce qui «offre le plus gros potentiel européen dans le futur proche». D’autant que le mobile apparaît comme une des voix privilégiées pour l’accès à l’Internet, avec l’éclosion du WAP (wireless application protocole) un standard qui permet d’adapter le monde de l’Internet au format du téléphone portable. Les grands opérateurs cherchent à conforter leur place dans le mobile à la veille de l’attribution des licences dites de «troisième génération», qui donneront au téléphone portable la vitesse de transmission nécessaire pour accéder à l’Internet. Les opérateurs mobiles européens sont particulièrement convoités, car le succès d’une norme unique en Europe (le GSM) a préparé la voie à un essor rapide du commerce électronique sur le téléphone mobile, selon les analystes. Le cabinet d’études Gartner Group estime que 40 % des transactions de commerce électronique seront réalisées à partir d’un mobile en Europe d’ici 2004. Dans la course au rachat, les opérateurs historiques sont aux premières loges : l’allemand Deutsche Telekom a mis 10 milliards de dollars sur la table pour acquérir One-to-one, quatrième opérateur britannique. France Télécom a pris pied en Grande-Bretagne à travers le câblo opérateur NTL, en vue de briguer une licence mobile de troisième génération le moment venu. En Grande-Bretagne également, le deuxième opérateur mobile Orange s’est fait racheter par l’allemand Mannesmann, lui-même en butte à une offre hostile du britannique Vodafone. Vodafone s’est hissé aux tout premiers rangs du mobile en rachetant au printemps l’américain AirTouch. Il a depuis rapproché ses activités mobiles avec celles de Bell Atlantic, permettant à la nouvelle société d’offrir des services mobiles à 90 % de la population américaine. La valse d’acquisitions est loin d’être terminée. Selon Didier Pouillot, chercheur à l’Institut pour l’audiovisuel et les télécommunications en Europe (IDATE) «il faut s’attendre à des mouvements dans tous les sens pendant les dix-huit mois qui viennent». Les prix grimpent en conséquence : les acquisitions se font à des niveaux de plus en plus élevés, et les opérateurs européens risquent d’avoir du mal à suivre, face à des groupes américains très fortement capitalisés et pour lesquels il est plus facile de procéder par échange d’actions.
OPA et contre OPA, options d’achats et surenchères : le mouvement de concentration fait rage dans les télécoms, où les principaux acteurs prennent position comme dans un monopoly. La fièvre d’acquisition touche particulièrement les mobiles, qui connaissent une véritable explosion. Le constructeur Nokia vient d’annoncer qu’il tablait désormais sur un milliard d’abonnés au téléphone mobile d’ici à la fin de 2002 dans le monde, contre environ 450 millions à la fin de cette année. Il prévoyait d’atteindre le milliard seulement en 2003. En 20 ans, le téléphone portable a conquis plus de la moitié des habitants des pays scandinaves, un tiers des Européens, un quart des Américains et le potentiel est immense. Le néerlandais KPN expliquait son intérêt pour E-Plus par la pénétration «relativement faible»...
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