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Actualités - Chronologie

Allemagne - Helmut Kohl menacé de prison, comme un vulgaire délinquant

L’ancien chancelier Helmut Kohl, sous le feu des révélations sur le financement occulte de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), est désormais menacé d’être expédié derrière les barreaux, comme un vulgaire délinquant. Le président de la commission d’enquête parlementaire sur le financement occulte de la CDU, Volker Neumann, a brandi la menace d’une contrainte par corps pour l’obliger à révéler le nom des donateurs anonymes des comptes secrets de son parti. Une menace jugée toutefois «superflue» par le chancelier Gerhard Schröder. Le parquet de Bonn, saisi de quatorze plaintes pour corruption visant l’ex-chancelier, pourrait en outre décider d’ouvrir dès cette semaine une information judiciaire contre lui. «Kohl face à son Watergate», titrait le Berliner Zeitung lundi. Car l’affaire des comptes occultes de la CDU sous la présidence du patriarche de la vie politique allemande mouille à présent plusieurs anciens responsables du parti, l’office chargé des privatisations en ex-RDA Treuhandanstalt, le groupe sidérurgique Thyssen et le pétrolier français Elf. Pire, «des volumes entiers» de dossiers concernant la vente de la raffinerie est-allemande Leuna à Elf-Aquitaine ont disparu de la chancellerie et d’autres ministères, selon la commission d’enquête parlementaire. L’affaire Elf-Leuna est au centre du scandale qui éclabousse la CDU, avec un total de 42 millions d’euros de pots-de-vin présumés. Dans une interview jeudi soir à la chaîne de télévision publique ZDF, Helmut Kohl avait reconnu avoir reçu «environ 300 000 marks par an qui n’ont pas été enregistrés dans les comptes du parti, car les donateurs ont expressément demandé à conserver l’anonymat». M. Kohl avait déjà concédé l’existence d’une comptabilité séparée au sein du parti sous sa longue présidence, de 1973 à 1998. Ses nouveaux aveux et son refus de divulguer l’identité des mystérieux bailleurs de fonds ont suscité commentaires peu amènes et menaces, jusque dans les rangs de la CDU. Samedi, la ministre de la Justice Herta Daeubler-Gmelin a fustigé l’attitude de M. Kohl. «Alors qu’il était chancelier, il a sciemment violé la loi et le droit, et ce pendant des années», a-t-elle déclaré, déplorant ses «aveux saucissonnés» et jugeant son comportement incompatible avec son mandat de député. M. Kohl, qui dément formellement avoir été personnellement corrompu, ou qu’une quelconque décision de son gouvernement ait été «achetée», a justifié les dons anonymes à la CDU par la période de vaches maigres qu’elle traversait après la réunification. Lundi, l’ancien chancelier devait se soumettre aux questions du cabinet d’audit Ernst and Young mandaté par la direction actuelle de la CDU pour passer au crible ses comptes. Le parti aurait demandé, selon la presse, à ce que l’examen remonte à 1991, et ne se borne pas à la période 1993-98, des informations que la CDU a refusées de commenter. D’aucuns s’attendent déjà à de nouvelles révélations sur des pots-de-vin, la période 1990-92 ayant été celle des privatisations accélérées en ex-RDA, comme celle de la raffinerie Leuna. «Nous ne savons encore absolument pas dans quelle mesure le plus haut représentant de l’État a porté atteinte à la loi de la République durant seize ans» passés à la tête du gouvernement, relevait lundi l’ancienne ministre de la Justice d’Helmut Kohl, la libérale (FDP) Sabine Leutheusser-Schnarrenberger. La commission parlementaire a suspendu ses travaux jusqu’au 20 janvier, et M. Kohl pourrait n’être entendu qu’à «la fin du printemps ou au début de l’été», selon son président. Il pourrait aussi ne pas déposer du tout devant les parlementaires : si la justice ouvre une enquête, l’ancien chancelier a le droit de se taire.
L’ancien chancelier Helmut Kohl, sous le feu des révélations sur le financement occulte de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), est désormais menacé d’être expédié derrière les barreaux, comme un vulgaire délinquant. Le président de la commission d’enquête parlementaire sur le financement occulte de la CDU, Volker Neumann, a brandi la menace d’une contrainte par corps pour l’obliger à révéler le nom des donateurs anonymes des comptes secrets de son parti. Une menace jugée toutefois «superflue» par le chancelier Gerhard Schröder. Le parquet de Bonn, saisi de quatorze plaintes pour corruption visant l’ex-chancelier, pourrait en outre décider d’ouvrir dès cette semaine une information judiciaire contre lui. «Kohl face à son Watergate», titrait le Berliner Zeitung lundi. Car l’affaire des...