«Ouvrez au Rédempteur les portes du temps et des cœurs». C’est sous ce signe que les Églises du Liban ouvriront, vendredi, l’année du grand jubilé de l’an 2000. Cette ouverture solennelle sera marquée par une cérémonie œcuménique en la basilique de Harissa. Les détails et le sens du jubilé ont fait l’objet hier d’une conférence de presse conjointe du président de la commission de préparation du jubilé, Mgr Georges Iskandar, et de l’archevêque maronite de Beyrouth Boulos Matar. L’ouverture du jubilé au Liban se distinguera de toutes les cérémonies prévues dans le monde, y compris à Rome et dans la Ville sainte, par son caractère œcuménique. Le point central de la cérémonie, la lecture de l’Évangile, a été réservée à l’Église grecque-orthodoxe. Le patriarche maronite prononcera une homélie. Plusieurs télévisions retransmettront en direct cette cérémonie, qui anticipera sur la messe de minuit que célèbrera le pape Jean-Paul II au Vatican. Pour célébrer dignement l’ouverture de l’année du jubilé, toutes les cloches d’églises et de couvents du Liban sonneront à la volée, quinze minutes durant, pendant que les pères réunis à Harissa donneront leur bénédiction apostolique en déclarant ouverte l’année jubilaire. Les fidèles ont été invités à décorer de fleurs, de lumignons et de bougies les toits de leurs immeubles et leurs balcons, en signe de joie. «L’Église du Liban est heureuse de participer, avec d’autres chrétiens dans le monde, aux cérémonies marquant le grand jubilé, et de voir les musulmans frères s’associer à cette joie», a déclaré Mgr Iskandar. Et d’ajouter : «Cette participation se constate notamment dans ce que l’État, et en particulier le ministère du Tourisme, accomplit, dans diverses cérémonies, dans ce que publient les médias et enfin dans les sentiments que manifestent les simples fidèles. Tout cela nous porte à la gratitude et à la félicité». «Le jubilé, a poursuivi Mgr Iskandar, est aussi une invitation à la réconciliation des hommes entre eux. Combien plus quand il s’agit de chrétiens. C’est pourquoi il était naturel que les diverses familles ecclésiales au Liban ouvrent d’un seul cœur l’année jubilaire, dans l’espoir que l’année jubilaire les aidera à progresser dans l’unité, jusqu’à la communion totale, ce qui contribuera à l’unité de tous les Libanais».
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