La défaite concédée devant Lens (2-1) par l’Olympique de Marseille sur son terrain l’a plongé dans «un enfer sportif», consommant au passage le divorce avec son public et annonçant un mercato agité au sein d’un club phocéen qui ne possède que trois points d’avance sur le premier relégable. «En première mi-temps, on s’était pourtant bien adapté au contexte. Mais, dans la situation actuelle, le moindre grain de sable peut tout faire dérailler», a déclaré l’entraîneur marseillais Bernard Casoni. Dans un stade Vélodrome volontairement réduit au silence par un public observant «la grève des encouragements», l’OM avait pourtant cru avoir réussi le plus difficile en ouvrant le score par l’Argentin Daniel Montenegro après vingt minutes de jeu. Rapidement réduit à dix après l’expulsion de Cyril Rool (41e), son adversaire nordiste ne pouvait en effet guère s’appuyer que sur son courage pour masquer la faiblesse de son jeu. «On savait qu’il fallait une grosse bourde de notre part pour qu’ils puissent revenir au score. Au final, ils ne tirent qu’une fois et ils marquent deux buts», a confié, dépité, le défenseur Yannick Fischer. Un but contre son camp de William Gallas et une frappe victorieuse de Queudrue dans les arrêts de jeu ont suffi à faire resurgir les vieux démons marseillais dans un stade Vélodrome où l’OM a perdu davantage de points (17) qu’il n’en a récolté (16) depuis le début de saison. Ce qui oblige désormais les dirigeants marseillais à revoir «à la baisse» les objectifs affichés du temps où l’OM pouvait encore rêver de titre. «On regarde aujourd’hui le classement dans l’autre sens. Il nous faut désormais davantage penser au maintien qu’à une place qualificative pour la Ligue des Champions», a encore déclaré Bernard Casoni. Cette nouvelle défaite a aussi consommé le divorce entre l’OM et son public. «Pour la première fois, je reconnais que le public a eu raison de gronder. Pas pour casser des voitures mais pour exprimer son envie de voir cette équipe vivre, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui», a reconnu Patrick Blondeau, natif de la ville. Le mercato pour seul espoir L’après-match a été émaillé d’incidents entre forces de l’ordre et groupes de supporters qui menaçaient notamment de s’en prendre au musée du club. Par précaution, les joueurs ont quitté le stade par un itinéraire détourné pour échapper à la vindicte de leur public. «Il n’y a plus d’équipe à Marseille, l’OM n’existe plus dans l’esprit des joueurs», a expliqué le responsable du groupe des Winners. «Nous ne sommes même plus en colère. Nous n’éprouvons que du mépris pour ces mercenaires qui ne songent qu’à se remplir les poches». «Il n’est pas étonnant que certains joueurs pètent les plombs dans l’ambiance actuelle. Cela ne sert à rien de mettre une telle pression sur eux. J’attends de la part des supporters une attitude plus constructive car je trouve déraisonnable d’aller aussi loin», a répondu Yves Marchand, le président de l’OM. Confronté à la fronde de ses supporters, à l’ouverture d’une information judiciaire sur ses comptes et à des résultats sportifs plus que décevants, le club marseillais mise ses derniers espoirs sur le mercato – le marché des transferts hivernal – pour enrayer «la dégringolade entamée depuis plusieurs semaines». «La solution, c’est le mercato. Il y a quatre à six joueurs qui vont arriver avec des qualités leur permettant de supporter la pression marseillaise», a encore indiqué Yves Marchand. «Il est clair qu’il s’agira de joueurs aguerris et capable de développer un esprit guerrier à l’OM. Nous ne prendrons pas un jeune premier sorti d’une high-school». «Pour cela, il faut que des joueurs qui n’ont plus l’esprit pour évoluer à l’OM s’en aillent. Ce sera mieux pour eux et pour le club», a poursuivi Bernard Casoni. «Personnellement, la situation ne me fait pas peur. On part d’un certain niveau qu’il va falloir relever». Dernier espoir de sauver une saison bien mal engagée, l’OM devrait ainsi se montrer «très actif» sur le second marché des transferts pour «remonter la pente avec l’aide de plusieurs renforts» selon le défenseur William Gallas. «Autant faire jouer la réserve car c’est toute l’équipe, dirigeants en tête, qu’il faut changer», a conclu un membre des Ultras, l’un des plus virulents clubs de supporters. «On vit une saison en enfer et notre seul espoir est de ne pas voir l’OM jouer la saison prochaine à Châteauroux ou à Valence, sur des terrains de deuxième division que Marseille ne veut plus connaître».
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