Le Premier ministre israélien Ehud Barak, de retour hier en Israël, a dressé un bilan positif de sa rencontre de Washington avec le chef de la diplomatie syrienne Farouk el-Chareh. «Les négociations avec la Syrie sont sur la bonne voie, mais elles vont être difficiles», a déclaré M. Barak dans l’avion qui le ramenait en Israël, selon la porte-parole, Mme Merav Parsi-Tsadok. «Nous avons toutes les raisons d’être satisfaits, car la rencontre a abouti aux objectifs que nous nous étions fixés à l’avance : fixer un cadre et un calendrier pour la négociation», a-t-elle ajouté. «Bien sûr il serait préférable que M. el-Chareh accepte de serrer la main de M. Barak et qu’il se montre chaleureux, mais c’est le résultat de la négociation qui compte avant tout», a estimé pour sa part l’ancien chef d’état-major israélien Amnon Lipkin Shahak. «Il y a une chance historique de mettre fin à 51 années de belligérance avec la Syrie», a ajouté l’actuel ministre du Tourisme, dans une interview à la radio publique. Cette vision optimiste est partagée par les principaux journaux israéliens qui avaient tendance à ne pas attacher trop d’importance à ce stade de la négociation, à la froideur manifeste des interlocuteurs syriens. «Il ne fait aucun doute que les Syriens ont gâché la fête ( à Washington) mais l’aigreur de M. el-Chareh n’est pas une raison pour les partisans de la paix de porter le deuil ni pour ses adversaires de célébrer» à l’avance un échec des pourparlers, affirme l’écrivain Méir Shalev dans le quotidien Yediot Aharanot. «En dépit des dissonances à l’ouverture des négociations, il apparaît clairement que les deux parties ont beaucoup à se dire. Jamais la Syrie et Israël n’ont été aussi proches d’un accord», relève le quotidien Maariv. L’orientaliste israélien Shimon Shamir, ancien ambassadeur au Caire et Amman, met néanmoins en garde contre les risques de blocage. «Si les Syriens veulent la paix, il ne leur suffira pas de convaincre le président Clinton et même M. Barak de leurs bonnes intentions, il leur faudra persuader les Israéliens qu’en échange du plateau du Golan, ils gagneront plus qu’un accord de paix sur le papier», a déclaré ce professeur de l’université de Tel-Aviv. «Le drame c’est que l’opinion israélienne n’a pas été préparée à un retrait du Golan, qui est le prix à payer à la paix», ajoute t-il. «Depuis la conquête du plateau en 1967, aucun gouvernement n’a eu le courage de dire aux Israéliens et en particulier aux 17 000 colons (juifs) qui s’y sont installés avec la bénédiction officielle, qu’il s’agit d’un territoire syrien qui sera un jour ou l’autre restitué», souligne-t-il. Le blocage pourrait venir également selon lui de «l’entêtement syrien». «Si la Syrie s’obstine à garder le moindre centimètre carré de terrain que son armée a occupé durant la guerre de 1948 et entre 1948 et 1967, il n’y aura pas d’accord», a-t-il estimé en référence à plusieurs km2 de terrains au pied du Golan qu’Israël veut garder. Ces territoires faisaient partie de la Palestine mandataire britannique en vertu des accords de 1923 sur le tracé des frontières avec la Syrie. Israéliens, Syriens et Américains doivent se retrouver le 3 janvier aux États-Unis pour une session de négociations qui s’annonce décisive. Selon la presse israélienne, les pourparlers devraient être intensifs, prolongés et isolés du public, sur le modèle des négociations israélo-égyptiennes de Camp David en 1978, qui devaient aboutir à un accord de paix un an plus tard entre les deux pays.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien Ehud Barak, de retour hier en Israël, a dressé un bilan positif de sa rencontre de Washington avec le chef de la diplomatie syrienne Farouk el-Chareh. «Les négociations avec la Syrie sont sur la bonne voie, mais elles vont être difficiles», a déclaré M. Barak dans l’avion qui le ramenait en Israël, selon la porte-parole, Mme Merav Parsi-Tsadok. «Nous avons toutes les raisons d’être satisfaits, car la rencontre a abouti aux objectifs que nous nous étions fixés à l’avance : fixer un cadre et un calendrier pour la négociation», a-t-elle ajouté. «Bien sûr il serait préférable que M. el-Chareh accepte de serrer la main de M. Barak et qu’il se montre chaleureux, mais c’est le résultat de la négociation qui compte avant tout», a estimé pour sa part l’ancien chef d’état-major...