L’espoir d’une «libération» du plateau du Golan occupé depuis 1967 par Israël a ressurgi au sein de la communauté arabe des États-Unis, avec la reprise à Washington des négociations israélo-syriennes. «Nous espérons faire la prochaine une de notre journal en annonçant que le Golan sera restitué à la Syrie dans un ou deux ans», s’enthousiasmait hier Adnan Baydoun, l’un des rédacteurs en chef de l’hebdomadaire The Arab American News. Cette publication en langue arabe et américaine, qui touche près de 50 000 lecteurs dans la région de Détroit (Michigan), avait titré vendredi dernier sur l’espoir suscité pour «les générations à venir» par l’annonce, par le président Bill Clinton, de la reprise du dialogue. «Je pense que le gouvernement israélien a compris qu’il n’y aurait pas de paix avec la Syrie sans une restitution du plateau du Golan», a estimé Baydoun, Libanais de naissance. Pour Hussein Ibish, l’un des responsables du Comité antidiscrimination arabo-américain, l’un des plus importants groupes de pression arabe aux États-Unis avec près de 40 000 membres, l’espoir se mêle à la fierté. «Nous sommes fiers de la détermination syrienne», a confié Ibish, dont la famille est originaire de Damas. A l’origine de ce sentiment : le président Hafez el-Assad qui, selon Ibish, est respecté dans la communauté arabe des États-Unis pour ses qualités de «stratège» et de «diplomate». Ibish n’en éprouve pas moins une certaine «appréhension», face au risque de voir un traité israélo-syrien faire ombrage aux négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens actuellement en cours. «Un accord entre Israël et Damas pourrait créer l’illusion que le cercle de la paix au Moyen-Orient est fermé, et donc faire du tort aux Palestiniens à qui il revient de créer leur État», a poursuivi Ibish. James Zogby, directeur de l’Arab-American Institute, basé à Washington, a relevé avec satisfaction que le langage des dirigeants israéliens avait changé et qu’il était «beaucoup plus encourageant». «Nous espérons cependant que derrière les mots, Israël a réellement accepté d’appliquer la formule des “territoires en échange de la paix”», a ajouté M. Zogbi, dont l’institut embrasse plusieurs courants séculiers de la communauté arabe américaine. «Ici, aux États-Unis, nous voulons que le conflit soit résolu, que le Golan soit libéré et qu’un État palestinien soit créé», a-t-il souligné. Plus circonspect, Clovis Maksoud, ancien ambassadeur à Washington de la Ligue arabe et expert en relations internationales, considère que les discussions vont permettre aux deux parties de se «sonder» mutuellement. La communauté arabe des États-Unis, généralement originaire du Liban, de Syrie ou de la diaspora palestinienne, compte près de quatre millions d’âmes, selon des recensements réalisés récemment par des organisations américano-arabes.
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