Le Portugal retourne à ses frontières du XVe siècle
le 16 décembre 1999 à 00h00
Après la rétrocession à la Chine de Macao, dernière perle de l’empire colonial portugais, le Portugal aborde le troisième millénaire dans les frontières qu’il avait avant la saga des Découvertes entreprise par ses navigateurs au quinzième siècle. Le premier coup sérieux contre l’empire portugais, qui fut à une époque le plus étendu du monde, fut porté curieusement par un de ses propres rois, Pedro IV. Menacé par les invasions napoléoniennes, il est contraint de se réfugier avec la cour au Brésil, la plus importante et riche colonie portugaise, découverte en 1500 par Pedro Alvares Cabral. En 1822, il se proclame empereur du Brésil sous le nom de Pedro Ier et déclare l’indépendance à l’égard du Portugal en 1826, il renonce à ses droits au trône du Portugal en faveur de sa fille, Maria II. Le «Portugal du Minho (nord) au Timor», comme aimait à dire l’ancien dictateur Antonio Salazar, conserve ses nouvelles frontières jusqu’à 1961, année où l’Inde reprit par la force les enclaves de Goa, Damân et Diu, où les Portugais s’étaient installés en 1510, douze ans après l’arrivée de Vasco de Gama à Calicut. Le début des années soixante sera également marqué par le déclenchement de longues guerres de libération dans trois des cinq colonies portugaises d’Afrique. Elles aboutiront, après la «Révolution des œillets» du 25 avril 1974 qui rétablit la démocratie au Portugal, à l’indépendance de l’Angola, du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau, du Mozambique et de Sao Tomé et Principe. Le climat politique au lendemain de la «Révolution des œillets» au Portugal, où une partie significative de l’opinion publique revendiquait la fin de l’ère coloniale, amena aussi l’armée portugaise à abandonner précipitamment le Timor-Oriental, où l’Indonésie se précipite dans le vide ainsi créé dès décembre 1975. De longues négociations entre Lisbonne et Djakarta, sous l’égide des Nations unies, ont amené récemment l’Indonésie à quitter le Timor-Oriental, qui devrait être le premier pays neuf à accéder à l’indépendance au troisième millénaire. La rétrocession de Macao représente ainsi la fin d’un cycle de cinq siècles et les retrouvailles du Portugal réduit à sa dimension continentale avec l’Europe, dont la grandeur de son empire colonial, l’avait détourné depuis la saga des Découvertes. Après leur départ de Macao, le 20 décembre prochain, les Portugais pourront toujours s’enorgueillir d’avoir été les premiers Occidentaux à débarquer en Extrême-Orient et les derniers à partir.
Après la rétrocession à la Chine de Macao, dernière perle de l’empire colonial portugais, le Portugal aborde le troisième millénaire dans les frontières qu’il avait avant la saga des Découvertes entreprise par ses navigateurs au quinzième siècle. Le premier coup sérieux contre l’empire portugais, qui fut à une époque le plus étendu du monde, fut porté curieusement par un de ses propres rois, Pedro IV. Menacé par les invasions napoléoniennes, il est contraint de se réfugier avec la cour au Brésil, la plus importante et riche colonie portugaise, découverte en 1500 par Pedro Alvares Cabral. En 1822, il se proclame empereur du Brésil sous le nom de Pedro Ier et déclare l’indépendance à l’égard du Portugal en 1826, il renonce à ses droits au trône du Portugal en faveur de sa fille, Maria II. Le «Portugal...
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