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Actualités - Chronologie

Radu Vasile, l'arroseur arrosé

Le Premier ministre roumain Radu Vasile, 57 ans, destitué par le chef de l’État, avait lui aussi porté le coup de grâce en mars 1998 à son prédécesseur Victor Ciorbea, soumis à l’époque aux attaques des partenaires de la coalition au pouvoir. Comme son prédécesseur, il a été lâché aujourd’hui par son propre parti chrétien-démocrate ainsi que par ses alliés. Comme lui, il s’accroche désespérément à son siège. La nomination de M. Vasile était pourtant le résultat d’un compromis destiné à reconstruire une coalition gouvernementale déchirée par des querelles incessantes. Le chef de l’État s’était à l’époque résigné au choix de son parti bien qu’il eût préféré un autre Premier ministre, affirmaient alors des sources proches du président. La destitution dont il a fait l’objet traduit l’échec de M. Vasile dans sa tentative de prendre le contrôle de son parti avec l’appui d’un groupe de «jeunes loups». Diplômé en histoire et en sciences économiques, M. Vasile était présenté comme un fiscaliste très au fait de la politique monétaire européenne. S’il a réussi à détendre l’atmosphère au sein de son Cabinet hétéroclite, M. Vasile a échoué dans l’application des réformes économiques et failli dans le respect des engagements pris devant les institutions financières internationales. Cheveux grisonnants, moustachu, M. Vasile est l’auteur de dizaines d’articles et de plusieurs livres économiques. Il publie également des poèmes sous le pseudonyme de Radu Mischiu. Né le 10 octobre 1942 à Sibiu (centre), il est accusé d’être trop dogmatique dans le domaine économique alors que la Roumanie avait besoin, selon les analystes, d’un Premier ministre avec une solide expérience de management. Ses détracteurs critiquent également son côté «hâbleur» et «maladroit» en rappelant qu’il avait lui-même avancé sa candidature comme chef du gouvernement bien avant la démission de M. Ciorbea. Isolé au sein de son parti, poussé à la démission, M. Vasile laisse derrière lui une image caricaturale. Il est épinglé par les médias pour avoir notamment invoqué pêle-mêle le soutien du Premier ministre britannique Tony Blair – en réalité une lettre ancienne au contenu diplomatique – et son état de santé ruiné en raison d’un travail harassant. «Radu Vasile, un chef de gouvernement qui ne sait pas perdre dans la dignité», titrait hier l’agence indépendante Mediafax dans une analyse consacrée à la crise politique. «Lorsqu’il n’a plus de soutien, l’esprit de la démocratie et du jeu politique commande à la démission du Premier ministre», écrit l’agence.
Le Premier ministre roumain Radu Vasile, 57 ans, destitué par le chef de l’État, avait lui aussi porté le coup de grâce en mars 1998 à son prédécesseur Victor Ciorbea, soumis à l’époque aux attaques des partenaires de la coalition au pouvoir. Comme son prédécesseur, il a été lâché aujourd’hui par son propre parti chrétien-démocrate ainsi que par ses alliés. Comme lui, il s’accroche désespérément à son siège. La nomination de M. Vasile était pourtant le résultat d’un compromis destiné à reconstruire une coalition gouvernementale déchirée par des querelles incessantes. Le chef de l’État s’était à l’époque résigné au choix de son parti bien qu’il eût préféré un autre Premier ministre, affirmaient alors des sources proches du président. La destitution dont il a fait l’objet traduit...